L'Usine Agro

Avec ses fermes-conteneurs, Agricool propose une production écologique et locale en ville

Rémi Amalvy , , , ,

Publié le

Images La start-up française Agricool souhaite proposer une alternative aux fruits et légumes des supermarchés des villes, souvent vidés de leurs saveurs et de leurs nutriments par trop de pesticides et trop de voyages. Produites grâce à de l'électricité renouvelable et sans produits chimiques, dans des serres installées non loin des centres-villes, les fraises et les herbes de la société sont garanties pleines de goûts et de vitamines.

Avec ses fermes-conteneurs, Agricool propose une production écologique et locale en ville
Ces fraises se développent dans un printemps éternel.
© Agricool

C’est un problème que connaissent tous les citadins. Les fruits et légumes (non biologiques) achetés en supermarché ont généralement plusieurs défauts. Sélectionnés pour être indestructibles au transport, cultivés avec des pesticides ou récoltés avant maturité, ils perdent l’essentiel de leurs qualités nutritives avant même de sortir des rayons. La faute à une production agricole trop intensive, trop dépendante des produits chimiques et souvent bien trop éloignée du lieu final de distribution.

Pour résoudre ce casse-tête alimentaire, une partie de la solution pourrait consister à rapprocher les champs des villes. Impossible cependant d’intégrer des lignes de salades dans un paysage urbain souvent saturé, manquant de place, goudronné et trop pollué pour une production convenable. Agricool pourrait bien être en passe de proposer une alternative viable. Depuis quatre ans, cette entreprise fondée par deux fils d’agriculteurs conçoit des mini-fermes portatives, pour proposer des produits sains et locaux et ayant conservé leurs vitamines aux grandes villes, dépourvues d’espaces agricoles.

Dix containers indépendants à La Courneuve

Mercredi 11 février, Agricool a inauguré à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) un tout nouveau genre de ferme urbaine, capable de produire en ville et en simultané plusieurs variétés de fruits et légumes. L’exploitation se compose de dix containers imbriqués ensemble. Sur les dix, une unité héberge les machines pour le bon fonctionnement du système, une sert de hub central, et les huit dernières produisent, chacune indépendamment des autres, des aliments.

Leur intérieur est similaire à celui d’une serre miniaturisée. Reliées à des tuyaux les alimentant en eau et en nutriments, les plantes sont cultivées à l’horizontale, face à une infinité de LED multicolores. L’objectif étant de recréer des conditions semblables à celles d’un printemps français, afin d’assurer une production par cycles, toute l’année. Pour l’instant, la ferme se concentre sur les fraises, à raison de 1 000 barquettes de 125 grammes produites par semaine, et les mix d’herbes aromatiques, avec 6 000 barquettes tous les sept jours. Agricool a également annoncé se lancer dans les mélanges de jeunes pousses de salades.

Aucun pesticide et une électricité 100% renouvelable

La production est garantie sans pesticides, et l’électricité, fournie par le parisien Energie d’ici, 100% renouvelable. L’alimentation en énergie est mutualisée entre chaque container, permettant ainsi une économie de 30% par rapport aux autres installations de l’entreprise. La ferme fonctionne également entièrement en circuit fermé, ce qui assure une économie d’eau de 90%. Pour quel investissement ? Agricool ne souhaite pas en dire plus, mais garantit que chaque serre est remboursée par son utilisation.

L’entreprise possède déjà quatre autres installations, allant d’un à quatre containers, en région parisienne et à Dubai. Selon Guillaume Fourdinier, co-fondateur d’Agricool, la nouvelle ferme aurait permis une multiplication du rendement par 100. La production serait également "120 fois plus importante que celle d’un champ classique". La solution d’Agricool irait de plus vers une réhabilitation des zones agricoles en espaces naturels : "aujourd’hui, on doit produire toujours plus pour répondre à l’accroissement de la population, alors qu’on a déjà usé les sols de la planète. Tout miser sur les champs serait une catastrophe. En se servant d’espaces déjà industrialisés, on pourra libérer des zones pour les rendre à la nature", estime Guillaume Fourdinier.

Un partenariat avec Monoprix

Pour l’instant, Agricool travaille exclusivement avec le distributeur Monoprix et livre six de ses magasins en région parisienne. Un chiffre qui devrait monter à 30 d’ici la fin de l’année. Pour éviter un bilan carbone trop élevé, l’entreprise préfère éviter les livraisons dans un rayon de plus de 15 km. En boutiques, la barquette de fraises de 125g est proposée à 2€99, celle d’herbes à 1€99, et celle de mélanges de salades, lorsqu’elle sera commercialisée, le sera "en dessous de 3 euros", précise Agricool.

Pour l’instant, la société ne compte pas installer de nouvelles fermes. "On souhaite d’abord montrer que notre projet actuel est viable", ajoute Guillaume Fourdinier. Fin 2018, Agricool, qui emploie 85 personnes (dont une cinquantaine en R&D), avait levé 25 millions d'euros auprès d’investisseurs comme Bpifrance et Danone.

Pour les emballages, Agricool achète du bioplastique à Vegware, un fournisseur britannique. Il ne lui reste plus qu’à trouver un revendeur parisien, et la boucle du localisme sera bouclée.

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