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L'Usine de l'Energie

Avec sa recherche, GTT met KO ses concurrents 

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Le spécialiste des membranes pour le gaz liquéfié entre en Bourse. En position hégémonique dans son secteur, la société conserve son avance en misant en priorité sur sa R & D.

Avec sa recherche, GTT met KO ses concurrents 
Leader sur un marché très technologique, GTT consacre 30 % de son budget à la R & D.
© GTT

La Bourse de Paris accueille rarement des sociétés aussi performantes ! GTT, introduite le 27 février, a réalisé, en 2013, un bénéfice net de 118,7 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 217,6 millions d’euros. Soit une marge de 55%… GTT Une start-up innovante du web Un virtuose d’un secteur high-tech de niche Non, cette entreprise est le spécialiste des membranes pour confiner et isoler thermiquement le gaz naturel liquéfié (GNL) à - 163° C. Elle détient 70% du marché mondial et 93% des commandes en cours sur la planète. Fabriquées en mousse de polyuréthane, contreplaqué et métal, ces membranes sont utilisées dans les méthaniers (80% du chiffre d’affaires de GTT) et sur les sites de stockage et de gazéification à terre et en mer. Le succès de GTT repose sur trois activités : la maîtrise de la technologie, l’ingénierie de détails pour les cuves et le support pour les opérations et la maintenance. Créée en 1994, l’entreprise est issue du rapprochement de deux sociétés françaises concurrentes, fondées dans les années 1960 : Gaztransport et Technigaz.

Cette semaine, 41,84% de son capital ont été ouverts. Auparavant, il était détenu par GDF Suez (40%), Total (30%) et un fonds d’investissement américain, Hellman & Friedman (30%). Si GDF Suez conserve toute sa part, Total et Hellman & Friedman ne détiennent plus que 8,76% chacun. "Cette entrée en Bourse permet d’envoyer un message vers l’industrie pour dire que nous sommes indépendants des grands pétroliers et des grands chantiers navals", explique le PDG, Philippe Berterottière.

Course technologique

Quand on l’interroge sur le secret de son succès, le patron répond avec un sourire : "Nous imposons une course technologique épuisante à ceux qui veulent nous suivre." La société consacre en effet 30% de son budget à la R & D. Car, même si elle est ancienne, la technologie des membranes ne cesse de progresser. Les deux gammes de produits sont protégées par 561 brevets, dont 27 déposés en 2013. Rien de trop pour des membranes qui bénéficient de grandes qualités d’isolation thermique et d’une forte résistance mécanique pour encaisser les déplacements de quelques dizaines de milliers de tonnes de gaz liquéfié dans les cuves des méthaniers. Sur les 350 salariés, situés à Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines), 200 sont des ingénieurs, et la moitié d’entre eux travaille en R & D. "Même dans cette période compliquée d’introduction en Bourse, la priorité reste le pilotage de la R & D", martèle Philippe Berterottière en visitant ses laboratoires en cours d’agrandissement.

Être le numéro un mondial avec une telle hégémonie demande une gestion tout en finesse. GTT doit faire avancer ses technologies pour inonder le marché de solutions techniques et pour étouffer l’émergence de concurrents. Il doit également réguler la mise en œuvre de nouvelles technologies pour ne pas rendre les flottes de navires existantes trop rapidement obsolètes. En tant que leader, le groupe a la possibilité de donner le rythme des évolutions technologiques du secteur. Et le futur se présente sous les meilleurs auspices. Le gaz va continuer à croître dans le mix énergétique mondial. En conséquence, les échanges maritimes vont augmenter, et à un rythme effréné, lorsque les États-Unis exporteront leur gaz de schiste vers l’Asie. Il faudra aussi compter sur un secteur émergent, les bateaux utilisant le GNL comme carburant [lire ci-dessous]. "Rester enthousiaste et ouvert aux grands défis, c’est le secret pour rester affamé, même quand on a 93% de parts de marché", affirme, serein, Philippe Berterottière. 

Le nouveau marché des navires écolo

En Amérique du Nord et en Europe, des normes sur les émissions d’oxyde de soufre des navires poussent à remplacer les propulsions au fioul par des moteurs fonctionnant au gaz naturel liquéfié (GNL). Brittany Ferries a passé commande d’un tel navire, le "Pegasis", au chantier STX. GTT a été retenu pour concevoir la cuve. Une première mondiale, qui sera livrée en 2016. Placée au fond du navire, elle mesurera 27 mètres de longueur. Son volume de 1 330 mètres cubes assurera une semaine d’autonomie. GTT doit aussi concevoir les cuves de trois navires de Brittany Ferries qui seront convertis au GNL.

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