Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Campus

Avec Parcoursup, les écoles d’ingénieurs sont, comme les élèves, dans le brouillard

,

Publié le

L’adaptation des écoles d’ingénieurs post-bac à Parcoursup se fait sans panique ou incident grave. Mais les écoles restent prudentes car elles ont dû faire beaucoup de surbooking pour être sûres de remplir leurs effectifs. Et elles sont suspendues aux décisions des élèves sans connaître l’ordre de préférence des formations qu’ils ont demandé.  

Avec Parcoursup, les écoles d’ingénieurs sont, comme les élèves, dans le brouillard
Entre surbooking et sous-remplissage, les écoles d'ingénieur doivent trouver le bon équilibre.
© Guittet Pascal Guittet Pascal

"Le nouveau système Parcoursup génère une relative incertitude sur les recrutements d’élèves mais cela semble gérable. Je suis confiant pour la suite… mais prudent", résume Marc Renner, président de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI), également responsable Recrutement du groupe INSA (Institut national des Sciences Appliquées) et directeur de l’INSA-Strasbourg. Selon lui, à l’issue de la première semaine d’appel à candidatures, qui a débuté le 22 mai, aucun “accident industriel” n’était à déplorer dans le réseau INSA (19 800 candidats au total pour 2 300 places ). Le président de la CDEFI souligne que le dialogue avec le cabinet de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, a été “constant et de très bonne qualité”.

Gérer des "oui définitifs" et des "oui mais"

Le taux de réponses que nous avons au 30 mai est rassurant. Il n’y a pas de catastrophe”, confirme Nelly Rouyrès, directrice générale adjointe du Pôle Léonard de Vinci, qui regroupe notamment l’École Supérieure d'Ingénieurs Léonard-de-Vinci (ESILV). Cette école généraliste a reçu pour l’instant plus de réponses positives que de places offertes (285 places) mais avec un changement de taille par rapport à l’ancien système APB : les “oui” définitifs (proposition acceptée sans attente) sont devenus minoritaires par rapport aux “oui mais” (avec attente). “Il semble que certains candidats conservent leur liste d’attente soit par oubli soit par sécurité. Du coup, on est un peu dans le brouillard”, ajoute Nelly Rouyrès. Or ces candidats en liste d’attente peuvent garder une option jusqu’au 5 septembre, date de clôture de Parcoursup. Le constat est peu ou prou le même dans deux établissements que nous avons contactés : à l’Université Technologique de Compiègne (UTC), les candidats ayant fait un choix définitif représentaient 46 % des places offertes (370). A l’École d'Ingénieurs en Génie des Systèmes Industriels (EIGSI) de La Rochelle, il atteignait 40 % des réponses au 30 mai. “Pour chaque candidat, nous savons s’il y a une liste d’attente mais nous ne savons pas combien d’écoles y figurent et dans quelle hiérarchie elles se positionnent”, résume Raphaël Bondu, responsable des admissions de l’EIGSI.  

Naviguer entre sur-booking ou sous-remplissage

L’un des principaux changements introduit par le nouveau système est la disparition du classement des voeux des candidats. Cette hiérarchisation donnait aux écoles une visibilité sur le nombre potentiel d’élèves à intégrer au final. “Avec Parcoursup, ils émettent des voeux sans donner de préférence”, explique Marc Renner. D’où, selon les directeurs d’écoles, la quasi obligation de faire du “sur-booking” pour être sûr de remplir les effectifs prévus. C’est particulièrement vrai pour les établissements  qui recrutent via des concours nationaux, comme Avenir (EIGSI, ESILV, ECE, ESTACA, etc.), le concours INSA ou le Geipi-Polytech. Les candidats à ce type de concours cochent automatiquement dans Parcoursup toutes les écoles appartenant au concours, en oubliant souvent de décocher les écoles qui ne les intéressent pas. “Quand un candidat émet le voeu de venir chez nous il est inscrit automatiquement dans les six autres écoles du concours Avenir !”, lance Raphaël Bondu (EIGSI). De sorte que ces établissements se retrouvent avec un certain volume de “faux” candidats en liste d’attente, sans avoir d’informations les concernant. D’autant que tout candidat accepté doit être pris même si les effectifs de l’école sont déjà remplis. Les écoles naviguent à vue entre deux risques : appeler trop massivement des candidats, c’est prendre le risque d’être en sur-effectif, ou appeler trop progressivement, et c’est le risque d’être en sous-effectif ou de ne pas avoir les meilleurs candidats, découragés de ne pas avoir été appelés.

Justifier les refus

A l’UTC, où l’on ne connaît pas ce type de problème des concours communs puisque l’établissement a son propre système de sélection, on pointe un autre souci. Celui des “refusés” : les écoles ont désormais l’obligation de motiver dans le détail le refus. L’UTC a enregistré 8 000 candidatures pour 370 places. “Jamais notre service juridique n’a été autant sollicité”, note Etienne Arnoult, directeur à la formation et à la pédagogie de l’UTC. Les délais pour passer les entretiens étaient aussi très courts : six semaines au lieu de neuf avant. “Mais globalement, la gestion de Parcoursup est surmontable car nous disposons des outils et procédures pour classer les candidats”, ajoute-t-il.

 

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les thèmes de L'Usine Campus


Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle