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Avec ou sans eux, comment les entreprises traversent le mouvement des "gilets jaunes"

Simon Chodorge , , , ,

Publié le

Le 17 novembre devrait être le point culminant du mouvement des "gilets jaunes" avec de nombreuses actions de blocage prévues à travers la France. Au départ, il s'agissait de dénoncer la hausse des taxes sur les carburants. Aujourd'hui, les enjeux de la manifestation brassent plus large. Les industriels ont souvent été au coeur des discussions. Certains alimentant les critiques, d'autres attendent le passage de la vague. L'Usine Nouvelle fait le point sur les forces en présence.

Avec ou sans eux, comment les entreprises traversent le mouvement des gilets jaunes
Le 17 novembre devrait être le point culminant du mouvement des "gilets jaunes" avec de nombreuses actions de blocage prévues à travers la France.
© Shutterstock Everoad

Les entreprises citées

Branle-bas de combat ! Les réservoirs d’essence sont remplis et les gilets jaunes passés au pressing. Samedi 17 novembre, environ 1 500 actions sont prévues à travers le pays pour protester contre la hausse des prix à la pompe et plus largement contre les taxes et la baisse du pouvoir d’achat. La journée devrait représenter un point culminant dans le feuilleton du coût du carburant.

Le mouvement dit des “gilets jaunes” est inhabituel. Venu de la société civile, il est désormais soutenu par un assemblage assez incohérent de partis politiques, de la France Insoumise au Rassemblement National (ex-FN). La plupart des syndicats se tiennent à l’écart de la manifestation. Et, pour changer des cortèges de grands boulevards, les protestations semblent d’abord émerger des territoires ruraux et les petites villes.

À la veille du blocage, il est difficile de prédire son ampleur. Des actions diverses sont prévues : opérations escargot sur les axes routiers, blocages des routes, des stations-service voire de commerces. Une carte des rassemblements est disponible en ligne (voir ci-dessous). Sur le long terme, le sociologue Jean Viard tend à relativiser l’impact politique du blocage.

Chez les entreprises, le mouvement divise. Certaines le soutiennent à demi-mots, d’autres ne peuvent que redouter l’impact pour leur activité. Faisons le point sur les forces en présence dans les secteurs industriels.

Les professionnels qui rejoignent le mouvement

Tous les syndicats ne s’abstiennent pas. Deuxième syndicat agricole en France, la Coordination Rurale affiche clairement son soutien aux gilets jaunes. “Le carburant est vital pour tous les agriculteurs dans l’exercice de leur profession”, justifie l’organisation dans un communiqué. Elle annonce également que “de nombreuses” antennes départementales rejoindront les rassemblements. Le premier syndicat, la FNSEA, s’est dit “solidaire du malaise de la ruralité” mais n’a pas lancé d’appel à manifester. De même pour la Confédération paysanne. Les stratégies sont diverses à l’approche des élections des membres des Chambres d’agriculture départementales et interdépartementales en janvier 2019.

Dans le secteur du BTP, l’opposition est aussi présente. La problématique est un peu différente : la fin de l’avantage gazole concerne directement les entreprises. La Fédération Nationale des Travaux Publics ne s’est pas exprimée publiquement sur le 17 novembre mais elle a déjà mené une opération escargot le 5 novembre en Champagne-Ardenne. Dans un éditorial, Jacques Chanut, président de la Fédération Français du Bâtiment, condamne la taxe carbone et la “fiscalité écologique punitive”. Encore une fois, pas d’allusion directe au 17 novembre mais un courant de pensée commun...

Les dirigeants de PME sont devenus des figures du mouvement des gilets jaunes. Notamment dans le secteur du transport routier, du transport médical ou des services à domicile. À la tête d’une société de vente en ligne de cosmétiques, Priscilla Ludosky a lancé une pétition qui dépasse maintenant les 850 000 signatures. Dans la lignée des patrons, certains d’entre eux surfent de façon plus subtile sur le mouvement, comme chez les distributeurs de carburant. “Dans un contexte où l’expression des consommateurs n’a jamais été pris en compte, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’ils rappellent qu’ils sont aussi des électeurs”, écrit sur son blog le PDG des hypermarchés E.Leclerc. De la même manière, Total ne se prive pas de communiquer sur la part des taxes dans le prix des carburants.

Les acteurs du transport routier sont en revanche plus divisés. Les camionneurs sont certes les premiers concernés par la hausse du prix du carburant mais ils sont aussi les premiers gênés par les blocages… Dans un éditorial, Claude Blot, président de Transport et Logistique de France, tempère : les motivations des gilets jaunes “sont respectables mais leur combat n’est pas celui de nos entreprises… même si…”

Quelles conséquences pour les autres entreprises ?

Certaines entreprises poursuivent leurs activités le week-end et risquent de voir leur journée perturbée. Mal récompensés de leur soutien tacite, les distributeurs de carburant risquent de voir leurs pompes bloquées et peut-être même dans certains cas leurs supermarchés. A Marseille (Bouches-du-Rhône) et à Nantes (Loire-Atlantique), des blocages sont annoncés aux aéroports. Les gares, les dépôts et raffineries de carburant font aussi partie des cibles dans plusieurs régions. À Beauvais (Oise), un rassemblement est prévu aux abords de l’usine Nestlé selon France 3 Régions. Reste à savoir si les manifestants seront suffisamment nombreux pour effectivement bloquer ces nombreuses zones.

Du côté des transporteurs, on prévoit des itinéraires bis comme chez l’Union des entreprises de transport et de logistique de France. Les opérateurs de transport public risquent aussi de devoir s’adapter. Dans certaines villes comme Bar-le-Duc (Meuse), Transdev a décidé de suspendre la circulation de ses bus.

Décision radicale aussi chez Toyota. Le constructeur automobile a annulé la journée de travail du 17 novembre pour l’usine d’Onnaing dans le Nord. 1000 salariés ne viendront pas travailler et l’entreprise risque d’accuser un allongement de ses délais de livraison puisque 400 modèles Yaris devaient être produites ce jour-là. La journée de travail a été reportée au 15 décembre.

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