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Avec Num-Alim, les agro-industriels goûtent à la transparence

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Pour faire face à la demande croissante de transparence des consommateurs et à l'essor d'applis comme Yuka, les industriels de l’agroalimentaire lancent leur propre base de données "fiable et exhaustive", Num-alim, sur laquelle les développeurs des applications de notation pourront s’appuyer. 

Avec Num-Alim, les agro-industriels goûtent à la transparence
Les industriels de l’agroalimentaire lancent Num-alim, une base de données "fiable et exhaustive".
© Ryoki - Flickr - C.C.

Alors que plus d’un Français sur cinq déclare utiliser une application de notation avant de faire ses courses, les industriels ont décidé de se mettre en ordre de bataille pour répondre à la demande de transparence des consommateurs. Objectif : contrôler l’information donnée aux consommateurs en garantissant la fiabilité des données.

Reprendre le contrôle de l’information

"Les applications disponibles actuellement, au premier rang desquelles Yuka, se basent sur le crowdsourcing, c’est-à-dire les données

relayées par les consommateurs" explique Cédric Lecolley, directeur commercial chez GS1, l’organisation derrière le code-barre. "Il s’agit donc pour les industriels de reprendre le contrôle sur l’information", ajoute le spécialiste.

Pour ce faire, l’ANIA, le principal syndicat du secteur, a annoncé le lancement de Num-Alim, - en partenariat avec le Fond Français pour l’Alimentation et la santé (FFAS) et GS1 -, une "plateforme numérique de données ouvertes, fiables et exhaustives" explique Daniel Nairaud, directeur du FFAS.

Au total, plus de 18 000 entreprises sont appelées à renseigner la carte d’identité de leur produit dans un catalogue numérique. Le projet de 6,2 millions d'euros, financé à parts égales par le public et le privé, répond à deux objectifs : apporter des réponses aux consommateurs et favoriser la digitalisation des entreprises du secteur. Car si les grandes entreprises sont déjà adeptes de la numérisation des données, Num-Alim s’adresse également aux 98% de TPE / PME qui constituent le secteur. "Pour ces entreprises, la transition digitale est un véritable défi. Grâce à Num-Alim, nous allons les accompagner dans ce processus", précise Cedric Lecolley.

Les entreprises alimenteront la base de données

Basé sur une trentaine d’attributs aussi bien réglementaires que nutritionnels, ce catalogue reprendra les données essentielles, présentes sur les étiquettes des produits. "Aucune information confidentielle n’y sera publiée" rassure Daniel Nairaud. Les entreprises auront à charge la responsabilité d’alimenter le système.

Quant à savoir qui se chargera de vérifier la qualité des informations, les réponses restent évasives. "Les marques auront la responsabilité des informations", explique Cedric Lecolley qui concède toutefois la nécessité d’éduquer les industriels sur le sujet. "Il faut mettre la même exigence dans la fabrication de nos données et dans l’étiquette digitale, que dans la fabrication de nos produits".

Le spécialiste garantit toutefois que la Direction générale de la concurrence et des fraudes pourra avoir accès au catalogue numérique. Dans un contexte marqué par la méfiance des consommateurs envers les industriels, reste à savoir si l’absence d’un observateur tiers sera suffisante pour convaincre les clients de la fiabilité des informations.


Un catalogue au service des applications

Une fois consolidée, la base de données sera accessible aux développeurs des applications et aux différents industriels membres du GS1. Le consommateur n’aura quant à lui pas accès, dans un premier temps, à ce catalogue numérique. "Aujourd’hui, des applications parlent de nos marques sans nous consulter. Avec la base de données, nous souhaitons redevenir souverains sur nos marques"; explique Cedric Lecolley.

Problème : A l'heure actuelle, Yuka, Open Food Fact et Y’a quoi dedans s’appuient sur des données gratuites. Seront-elles prêtes à souscrire aux informations, payantes, fournies par les industriels ? L’ANIA en est convaincue : "C’est par la qualité et le caractère exhaustif de notre répertoire que nous nous rendrons indispensable". Les premières pistes de réponse seront connues en septembre 2019.

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