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L'Usine de l'Energie

Avec les forces spéciales du nucléaire

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EDF s’est équipé d’une force d’intervention organisée pour reprendre, en cas d’accident, le contrôle de n’importe quelle centrale française en moins de vingt-quatre?heures.

Avec les forces spéciales du nucléaire
La centrale nucléaire du Bugey (Ain) est envahie par les eaux du Rhône. Tel est l’exercice de crise mené par EDF le 7 décembre 2016.

Mercredi 7 décembre, 7 h 40. La crue du Rhône a été terrible. La centrale du Bugey, dans l’Ain, a été envahie par les eaux et le réacteur numéro 2 a perdu son alimentation en électricité et son refroidissement. Il faut absolument lui redonner une source de froid. Les hommes de la Force d’action rapide nucléaire (Farn) se mettent à l’œuvre. Un poids lourd chargé d’une pompe se met en chemin vers le fleuve, qui a désormais regagné son lit. Un puissant 4 x 4 de 170 chevaux lui ouvre la voie et découvre un obstacle sur le chemin. Lors du reflux, les eaux ont abandonné une carcasse de voiture et de lourds tuyaux de béton. Aidés d’un treuil, les hommes dégagent un passage en quelques minutes. Quelques instants plus tard, la pompe est immergée et les longs flexibles reliés au réacteur accidenté sont mis en eau. Le réacteur numéro 2 est à nouveau sous contrôle.

Bien sûr, tout ceci n’est qu’un exercice. La Farn a été créée en avril 2011 par EDF à la suite de l’accident de Fukushima survenu le 11 mars de la même année. « Le retour d’expérience nous a montré que l’organisation de crise a été rapidement dépassée. En cas d’accident qui va au-delà de tout ce qui a été imaginé, il ne faut pas seulement apporter du matériel, mais aussi des compétences pour les opérer », explique Laurent Mercier, le directeur adjoint de la Farn. « Attention, nous ne sommes pas des liquidateurs », assure-t-il fermement. L’enjeu est de pouvoir intervenir sur une centrale comptant jusqu’à six réacteurs en moins de douze heures et d’en assurer le refroidissement en moins de vingt-quatre heures. Cette organisation compte 300 hommes et une multitude d’équipements répartis sur quatre bases régionales.

Des exercices calqués sur des opérations militaires

Ce jour-là, la Farn mène son 26e exercice. Elle en organise six à huit par an. De nombreux ateliers sont en cours pour consolider les connaissances ou former de nouveaux équipiers. Au pied d’un réacteur, des hommes sont en train de brancher des générateurs diesel de secours. Pour cela, il faut manipuler des branchements « plug & play » installés au pied des bâtiments dans le cadre des travaux post-Fukushima. Dans la salle de simulation du pilotage, la Farn prend le relais des opérateurs d’EDF. L’idée est que les agents d’un réacteur, dans le cas d’une catastrophe, pourraient ne pas être en mesure d’être relevés par leurs collègues. Les hommes de la Farn doivent pouvoir pallier cette absence. Les exercices ne se déroulent pas uniquement dans l’enceinte de la centrale. À 20 kilomètres, sur le camp militaire de La Valbonne, la Farn a installé son poste de commandement. Là, les hommes s’entraînent à la conduite en terrains déstructurés (franchissement de buttes, de creux, de gués…). « Il ne faut pas avoir peur d’un obstacle. Il faut aussi ne pas avoir peur de le contourner. Mieux vaut réaliser une mission avec cinq minutes de retard que ne pas la réaliser du tout », enseigne patiemment Laurent Mercier à ses hommes. Plus loin, une autre équipe met à l’eau une barge et fait traverser des réservoirs de carburant. Tout est coordonné à partir d’une tente militaire où l’état-major communique avec efficacité suivant une chaîne de commandement inspirée des protocoles militaires.

Au sein de la Farn, 10 % du personnel est issu de l’armée. D’ailleurs, ce jour-là, l’un des observateurs n’est pas comme les autres. Samir El Begar, ancien des Forces spéciales, note le déroulé des exercices. Dans quelques jours, il rejoindra le commandement pour apporter son expertise sur la gestion du stress. « Nous devons faire en sorte que les équipiers gardent leur calme. Si certains s’énervent ou paniquent, cela veut dire qu’ils n’ont pas compris la mission qu’ils ont à réaliser », explique-t-il. C’est l’un des points qui a conduit à la catastrophe de Fukushima, rappelle chaque membre de la Farn.

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