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Avec le report de l’écotaxe, le gouvernement pénalise les infrastructures

Olivier Cognasse , , , ,

Publié le

Analyse De report en report, l’écotaxe fait figure d’Arlésienne. Le gouvernement, qui a cédé devant la fronde des Bonnets rouges et autres lobbys du transport routier, pénalise les projets d’infrastructures et de transport public.

Avec le report de l’écotaxe, le gouvernement pénalise les infrastructures © Wikimedia commons

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Quelques centaines de Bonnets rouges ont manifesté, samedi 15 février, à proximité du portique écotaxe de Brec'h, entre Vannes et Lorient (Morbihan). Le report de cette taxe ne semble pas leur suffire. Ils craignent qu’elle ne réapparaisse dans les prochains mois. Le gouvernement aura-t-il le courage de revenir à la charge quitte à en modifier certains aspects ? Le report de l’écotaxe sine die, décidé par le gouvernement le 29 octobre dernier, est une mauvaise nouvelle pour ceux qui attendent des moyens pour la modernisation et la création de nouvelles lignes de transport public (tramway, bus à haute qualité de service, métro, trains) et de transports de marchandises alternatifs (fluvial et ferroviaire).

Aujourd’hui, parmi les principaux opposants à cette taxe écologique, se trouvent bon nombre d’élus de l’opposition parlementaire. Ils ont oublié qu’elle faisait partie des mesures décidées par le Grenelle de l’environnement. Le but était de taxer légèrement le transport routier sur les axes gratuits et d’utiliser l’essentiel de cette dîme pour financer les travaux de modernisation des infrastructures de transport. Le transport routier ne paye pas de taxes équivalentes aux dommages qu’il crée sur les routes de France. L’écotaxe en renchérissant le coût du transport routier avait le secret ou le vain espoir de voir quelques camions disparaitre du paysage au profit de moyens de transport plus vertueux en matière d’environnement.

Abandon et gel de projets

Un vœu pieu quand on connait l’état du fret ferroviaire. "C’est devenu un non-sujet", nous confiait récemment un spécialiste du secteur. Le gouvernement lance un nième plan de relance du secteur qui sera voué à l’échec comme les précédents ! Le fret ferroviaire est tombé autour de 10 % du transport de marchandises. Son principal opérateur, la SNCF, se réjouit de n’avoir perdu que 175 millions d’euros en 2013 avec un trafic plus bas que jamais. Un aveu édifiant !

Mais le plus grave avec le report de l’écotaxe, c’est l’abandon et le gel des projets permettant de créer des autoroutes ferroviaires, d’avancer sur le transport combiné et de doter les ports d’un accès digne de ce nom. Même punition dans les transports publics ! Des projets de tramways, de bus en site propre et de métro sont gelés. Fin novembre 2013, le ministère des Transports assurait que l’Etat attendait tout au plus 530 millions d’euros de recettes. La perte serait limitée à quelque 250 millions d’euros si l’écotaxe entrait en vigueur l’été prochain. Il serait alors possible de gérer sans problèmes quelques reports de chantiers. Surtout, ces 250 millions d’euros de manque à gagner seraient répartis entre les ministères pour en atténuer les effets sur les Transports.

Un coup dur pour l’environnement

Ce mauvais calcul du gouvernement produit déjà des effets néfastes. Il manque à l’Agence de financement des infrastructures de France (Afitf) 700 millions d’euros, suite aux différents reports qui ont affectés les budgets 2013 et 2014. Du coup, les contrats de projets Etat-région (CPER) et les appels à projets sur les transports collectifs sont décalés dans le temps.

Alors que la transition énergétique est en panne, ce sont maintenant les projets de transports pour la plupart alternatifs au camion et à l’automobile qui restent dans les cartons. Encore un coup dur pour ceux qui avaient cru les promesses d’une meilleure prise en compte de l’écologie et d’un meilleur respect de l’environnement.

Olivier Cognasse

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