Avec le rachat d'Opel, PSA vise 5 millions de ventes d'ici 2022

PARIS/LONDRES/FRANCFORT (Reuters) - PSA prévoit d'atteindre cinq millions de ventes combinées d'ici 2022 grâce à son projet d'acquisition d'Opel/Vauxhall. Projet d'acquisition qu'il compte finaliser dès le début mars, ont déclaré mercredi à Reuters plusieurs sources proches du dossier.

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Avec le rachat d'Opel, PSA vise 5 millions de ventes d'ici 2022
PSA prévoit d"atteindre cinq millions de ventes combinées d"ici 2022 grâce à son projet d"acquisition d"Opel/Vauxhall qu"il compte finaliser dès le début mars, ont déclaré mercredi à Reuters plusieurs sources proches du dossier. /Photo prise le 17 décembre 2016/REUTERS/Kacper Pempel

En additionnant les ventes 2016 de véhicules des deux groupes, le total atteint actuellement 4,3 millions d'unités environ.

PSA a annoncé la semaine dernière étudier une acquisition de la filiale européenne de l'américain General Motors afin d'accélérer sa croissance. Ce projet a soulevé dans un premier temps une vague d'inquiétudes sur l'emploi et l'avenir des sites en Allemagne et en Grande-Bretagne, les deux grands marchés d'Opel et Vauxhall.

Pour déminer le terrain, le président du directoire Carlos Tavares multiplie depuis plusieurs jours les entrevues avec les responsables politiques et syndicaux. Il a présenté son projet à la chancelière allemande Angela Merkel, avec qui il s'est entretenu au téléphone, et a fait de même mercredi avec la Première ministre britannique Theresa May. Il doit voir le syndicat britannique Unite jeudi, après l'IG Metall allemand lundi dernier.

Cet agenda chargé a fait penser un temps que l'annonce d'un rachat pourrait s'en trouver retardée. Plusieurs sources ont souligné que, au contraire, PSA comptait réunir un conseil de surveillance sur le sujet début mars, et annoncer la conclusion de l'opération dans la foulée.

Rencontre Sapin - Tavares

Le rapprochement entre PSA et Opel doit également permettre d'économiser jusqu'à deux milliards d'euros par an grâce à des achats communs et à la convergence des plateformes de véhicules des deux groupes, ont indiqué les sources.

Deux d'entre elles ont dit que PSA voulait faire migrer tous les nouveaux véhicules d'Opel sur ses propres plateformes dès que les cycles produits le permettront.

Ce travail commun, actuellement limité à trois programmes de véhicules - un futur SUV compact Opel fabriqué en France chez PSA, le successeur du Citroën C3 Picasso assemblé en Espagne chez Opel et une prochaine fourgonnette produite pour les deux groupes chez PSA en Espagne - devrait se poursuivre avec la prochaine petite Corsa, un best-seller d'Opel.

Selon une des sources, il reste à ce stade difficile de dire au bout de combien d'années le montant de 1,5 milliard à deux milliards d'euros de synergies serait atteint, car les deux groupes devront faire coïncider progressivement le cycle de vie de leurs produits - sept ans en moyenne dans l'automobile.

PSA a refusé de commenter ces informations.

Pour Dominic O'Brien, analyste chez BNP Paribas, le rapprochement pourrait même produire des économies de deux milliards d'euros avec 1,2 milliard venant des achats, 0,4 milliard de la R&D et 0,4 milliard via une réduction d'effectifs qu'il chiffre à 6.000 emplois.

Opel emploie 38.000 personnes, dont une moitié en Allemagne et 4.500 au Royaume-Uni.

Carlos Tavares a promis aux syndicats allemands d'honorer tous les accords syndicaux d'Opel, qui courent jusqu'aux années 2019-2020 selon les organisations syndicales. En France, où le groupe a redressé sa situation financière notamment en fermant une usine - Aulnay-sous-Bois - et en optimisant la taille de ses autres sites, la direction est désormais liée par un nouvel accord de compétitivité qui couvre 2017-2019.

"C'est une opération qui peut apporter un bénéfice aux uns et aux autres mais à certaines conditions, la condition principale, c'est celle de l'emploi", a souligné mercredi le ministre des Finances Michel Sapin, après avoir rencontré son homologue allemand Wolfgang Schäuble et avant de s'entretenir avec Carlos Tavares.

L'Etat est l'un des trois actionnaires de référence de PSA, avec le chinois Dongfeng et la famille fondatrice Peugeot, qui détiennent chacun une participation de 13,7%. Trois sources proches du dossier ont souligné que l'actionnaire chinois s'était déclaré à son tour favorable au projet mercredi.

Les sources ont souligné que deux sujets faisaient encore l'objet de discussions, le déficit des retraites d'Opel, chiffré autour de 7 milliards d'euros, et l'avenir de l'activité bancaire de la filiale européenne de GM.

Si les discussions aboutissent, le nouveau groupe issu de la fusion aurait un chiffre d'affaires cumulé de 75 milliards d'euros et une part de marché de 16% en Europe. Les chiffres de janvier ont montré qu'une combinaison permettrait à PSA de redevenir deuxième constructeur européen, toujours derrière Volkswagen mais devant le groupe Renault.

Pour Reuters, Gilles Guillaume, Pamela Barbaglia et Edward Taylor, avec Laurence Frost à Paris et Arno Schuetze à Francfort, édité par Jean-Michel Bélot

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