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Avec le numérique, il faut d'urgence réinventer l’industrie !

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Publié le

Guy Mamou-Mani, co-président de la SSII OPEN et président de Syntec Numérique, et Henri Verdier, président de Cap Digital, en appellent tous les deux à agir urgemment pour développer une industrie de référence de l'après-numérique en France. La réponse nécessaire à une crise de la modernité.

Avec le numérique, il faut d'urgence réinventer l’industrie ! © Rrrodrigo - Flickr - C.C.

Les entreprises citées

Regardez nos adolescents partir au Lycée : pas un de leurs vêtements, pas un de leurs objets familiers n'est conçu ou produit en France. Rien d'étonnant, puisque, pour la première fois sans doute dans notre histoire, aucun des 25 produits de grande consommation les plus vendus dans notre pays n'est conçu ou produit en France.

Nous traversons une crise industrielle majeure, ayant abouti ces trois dernières années à la fermeture de 900 entreprises et à la perte de 100 000 emplois industriels. 800 000 en dix ans.

Le constat a été effleuré au cours du débat des présidentielles. Mais le diagnostic et les remèdes n'ont pas été posés. Au contraire, le débat a ouvert de fausses oppositions, qui risquent d'être extrêmement néfastes : entre l'industrie et les services; entre le numérique et la production; entre produire en France et concevoir en France...

Nouvelle illustration du paradoxe français. Voilà un grand pays d'éducation et de recherche, un grand pays industriel, un des leaders mondiaux des industries de service, le berceau des plus belles startup Internet non américaines. Et pourtant, sa production industrielle échoue à se moderniser, ses industries de service ne sont plus soutenues, et ses PME innovantes ne grandissent pas.

Il est essentiel de bien comprendre ce qui bloque cette économie qui a tout. Il n'y a pas là un simple effet de la crise financière. La reprise ne sera pas automatique. Les subventions, les relocalisations et les vieilles méthodes ne suffiront pas. Nous traversons une crise plus profonde. Une crise de la modernité, qu'illustre la crise de son modèle industriel.

Le numérique, grammaire de l'économie et de la société

La révolution numérique nous a fait changer d'ère industrielle. Les règles de la création de valeur ont changé. Nous sommes entrés dans un processus de transformation économique – toujours à l'oeuvre - au moins équivalent à celui de la révolution industrielle. Ne pas le comprendre, c'est prendre le risque, comme en 1929 de voir s'installer une "reprise sans emploi" appuyée sur les énormes gains de productivité fournis par le numérique, dont nous n'aurions pas su faire le levier d'une croissance durable.

Parce que le numérique est désormais la grammaire de l'économie et de la société, il nous faut entrer dans cette modernité, retrouver l'ambition collective, l'intelligence stratégique.

Pour ce faire, il faut comme préalable définir une nouvelle politique économique et industrielle appuyant sur tous les leviers à la fois :
- libérer l'innovation, la créativité et l'explosivité numériques. Car même si ces secteurs créent pour le moment peu d'emplois, ils seront source de croissance économique et génèreront une emprise culturelle et symbolique sur les autres activités
- accompagner la mutation des industries de production et des industries de services, qui doivent réussir à incorporer en temps réel les flux d'innovations issus du numérique pour regagner positions et capacités d'expansion.
- investir massivement sur les nouveaux secteurs : santé, réseaux intelligents d'énergie, Internet des objets, tous ces secteurs qui hybrident indistinctement le logiciel, le matériel et le service, et portent aujourd'hui les principaux espoirs économiques de l'Europe, donc de la France.

Mais surtout, il nous faut retrouver le projet d'inspirer le monde, l'ambition de délivrer les meilleurs produits et services, la qualité qui suscite une adhésion universelle instinctive.

Faire confiance à nos créateurs, les soutenir et vouloir porter de nouvelles propositions, voilà l'ambition d'une société qui se projette et envisage l'avenir. Au lieu d'une stratégie de relocalisation, ou d'une stratégie de réindustrialisation, c'est bien à une stratégie de "néo-industrialisation" qu'il est urgent de s'atteler, pour faire naître, en France, l'industrie d'après la révolution numérique. Voici un enjeu majeur du quinquennat qui vient.

Les auteurs de cette tribune :



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