En avril 2019, Emmanuel Macron a chargé François-Henri Pinault de réunir et coordonner l'action des industriels du textile pour tenter de réduire l'impact de ce secteur sur le climat, la biodiversité et les océans. Cinq mois plus tard, 30 entreprises signent le "fashion pact". Le texte sera présenté ce lundi 26 août aux chefs d'Etats du G7.
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L’objectif fixé par Emmanuel Macron à François-Henri Pinault, en avril dernier, était ambitieux. Le président de Kering devait réunir au moins 20% des industriels de la mode et les mobiliser pour améliorer leur impact sur l'environnement. Cinq mois plus tard, pari réussi, du moins sur la forme, pour le président du numéro 2 mondial du luxe. Ce sont en effet 30 industriels représentant 147 marques parmi lesquelles Adidas, Nike, Puma, H&M ou encore Zara qui ont répondu présent à la demande de François-Henri Pinault. "D'autres pourraient rejoindre le mouvement dans les mois à venir", précise déjà un représentant de Kering. Tous ont signé le Fashion pact, un texte sensé illustrer leur volonté de réduire leur impact sur le climat, les océans et la biodiversité.
Deuxième secteur le plus polluant du monde
Il faut dire que l’industrie textile est, en effet, le deuxième secteur de plus polluant du monde derrière la pétrochimie. L’habillement représente 6% des émissions de CO2 mondiales et consomme 215 giga mètres cubes d’eau par an. La production de coton est responsable de 22,5% des pesticides utilisés dans le monde. La teinture et le traitement des textiles sont, quant à eux, responsables d’environ 17 à 20% de l’ensemble de la pollution de l’eau d’origine industrielle.
Des propositions vagues
Pour réduire ce poids, Emmanuel Macron et Brune Poirson, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, avaient demandé des engagements fermes et quantifiés. Face à ces exigences, le texte qui sera présenté ce lundi 26 août par François-Henri Pinault aux chefs d’état du G7, fait pâle figure. Au sommaire, on retrouve l’objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, l’engagement de "réduire de façon significative l’impact sur l’environnement marin" ainsi que le soutien à l’élaboration de "science based target" pour la protection de la biodiversité.
Des propositions très vagues que les industriels du secteur n’ont pas voulu traduire en mesures concrètes. "Chaque marque a ses propres spécificités, nous avons donc tenté de faire un management par les résultats plutôt que par les moyens" se défend un porte-parole de Kering. Le texte n’inclut, par ailleurs, pas d’objectif intermédiaire.
Contrôle via les réseaux sociaux
Quant au contrôle des engagements, aucune structure spécifique ne sera mise en place. "Le contrôle se fera via un audit décentralisé mené par les influenceurs", explique le ministère. Instagram, Facebook, Twitter, c’est donc via les réseaux sociaux que l’une des industries les plus polluantes entend répondre de ses actes. "Nous comptons sur les effets de réputation pour obliger les marques à respecter leurs engagements", abonde le représentant de Kering.
Des moyens dérisoires au vu de l’urgence de la situation. Selon la fondation Ellen MacArthur, si le secteur du textile ne modifie pas ses pratiques en profondeur, les émissions liées à la production de textiles augmenteront de plus de 60% d’ici à 2030.
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