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"Avec la réforme, la SNCF sera réunifiée", assure Patrick Jeantet, numéro 2 de la SNCF

Olivier Cognasse ,

Publié le

Exclusif Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau et président délégué du directoire de SNCF, a accordé une interview à l’Usine Nouvelle. Il défend bec et ongles la réforme du ferroviaire qui donnera à son entreprise les moyens de répondre à l’ouverture de la concurrence.

Avec la réforme, la SNCF sera réunifiée, assure Patrick Jeantet, numéro 2 de la SNCF
Patrick Jeantet, numéro deux de la SNCF.
© ©PERENOM www.perenom.pro

L'Usine Nouvelle - Guillaume Pepy a parlé d’échec pour la journée de grève du 14 mai. N’est-ce pas un peu exagéré quand on voit que la mobilisation a doublé par rapport à la dernière journée de  grève, et que plus de 74 % des conducteurs et contrôleurs ont suivi le mouvement ?

Patrick Jeantet - Avant hier, lundi 14 mai, c’était en principe une journée sans cheminot. Or les trois quarts d’entre eux ont travaillé. Avec SNCF Réseau, nous avions beaucoup de chantiers durant la journée de lundi et aucun n’a été annulé. Mais il est vrai que cette grève perturbe fortement l’économie française.

Pensez-vous que cette grève puisse perdurer jusqu’à l’été ?

Les négociations continuent. Hier, la ministre des transports Elisabeth Borne a discuté avec certains syndicats des amendements qui vont être présentés devant le Sénat. SNCF réunit aujourd’hui les organisations syndicales pour parler du futur contrat de travail. Et il y a une convention collective à négocier au niveau de la branche des entreprises ferroviaires  avant le 1er janvier 2020. Il reste à finaliser trois accords sur la rémunération et la classification, la prévoyance et la représentation syndicale.

Et sur l’ouverture à la concurrence ?

Le gouvernement est prêt à considérer les mesures proposées notamment par la CFDT et l’UNSA sur tout ce qui touche à l’ouverture et notamment le transfert du personnel. Il pourra porter ces amendements.

Sur le futur statut de la SNCF, un échange entre la direction de la SNCF et le cabinet de la ministre des Transports Elisabeth Borne laisse entendre que l’incessibilité ne pourrait concerner que la holding de tête. Maladresse ou réelle volonté ?

Actuellement, la SNCF est divisée en trois EPIC indépendants les uns des autres. Avec la réforme, la SNCF sera réunifiée. On aura un grand groupe avec une société nationale à capitaux publics et deux filiales, SNCF Mobilités et SNCF Réseau, dont le caractère incessible a été réaffirmé hier par le Premier ministre et la ministre des Transports.

Qu’est-ce que vous attendez du futur plan stratégique ?

Pour SNCF Réseau, c’est pouvoir accélérer sur la modernisation du réseau, mais cela dépend du volet financier et de la reprise de la dette. Le Premier ministre - et c’est une très bonne nouvelle - a dit être prêt à investir davantage dans la modernisation du réseau, preuve que le gouvernement est très impliqué dans l’avenir du ferroviaire. Il doit faire des annonces fin mai.

Je souhaite pour ma part avoir les moyens financiers pour renouveler le réseau, notamment la signalisation, cause principale des incidents (environ les deux tiers) qui concernent SNCF Réseau et cela augmente. La modernisation de la signalisation permet de faire passer 10 à 20 % de trains supplémentaires. Le renouvellement  du réseau passe également par la digitalisation de nos outils et la mise en place de capteurs connectés qui nous permettront de développer la maintenance prédictive. Le plan stratégique doit aussi clarifier l’externalisation pour la rendre plus efficace en permettant notamment de profiter du tissu industriel privé.

L’abandon du statut à l’embauche, qui cristallise l’opposition des cheminots était-il impératif pour moderniser la SNCF ? Les chiffres les plus farfelus sont publiés sur les gains que cet abandon engendrera. La ministre a parlé de 100 millions d’euros par an. N’est-ce pas exagéré ?

Le plein bénéfice de l’abandon du statut à l’embauche ne se verra réellement que dans une vingtaine d’années. Quant aux gains, ils seront inférieurs aux sommes annoncés dans les premières années, mais bien supérieurs dans 20 ans. Mais cette mesure est indispensable pour garantir l’équité avec l’ouverture à la concurrence. Derrière le statut, c’est beaucoup de rigidité avec une grille d’augmentation des salaires quasiment automatique, sans que le management n’ait réellement son mot à dire. Derrière le statut, ce sont donc les sujets de l’équité et de la rigidité qui handicapent la SNCF. On nous a demandé de développer la formation pour que les cheminots et la SNCF puissent profiter des nouvelles technologies.

La SNCF est-elle armée pour affronter la concurrence ?

La concurrence, pour moi, c’est plus de clients. Pour SNCF Réseau, c’est davantage de trains. Pour SNCF Mobilités, cela veut dire montrer son expertise, se confronter aux autres. Dans tous les pays où la concurrence a été mise en œuvre, la société historique a gardé la très grande majorité des parts de marchés et son professionnalisme est beaucoup moins remis en question.

Une branche de la SNCF est particulièrement malade. C’est Fret SNCF. Un nouveau plan de relance doit être annoncé avant la fin du mois. Peut-on encore y croire ?

Il y a trois sujets essentiels à mon avis. Développer les grands axes entre le nord et le sud, l’est et le sud. Désenclaver les ports pour assurer une complémentarité entre le fret ferroviaire et le fret maritime, comme avec la voie entre Serqueux et Gisors qui sera terminée en 2020 et assurera une meilleure desserte entre le port du Havre et l’Ile-de-France. Enfin, il faut s’occuper du capillaire. Des petites lignes pour désenclaver des usines et des carrières en les raccordant au réseau principal.

Les travaux importants de modernisation du réseau désavantagent encore plus le fret actuellement ?

La rénovation des lignes les plus circulées handicape actuellement le fret, mais  nous y travaillons et allons ouvrir des sillons dédiés aux heures les plus demandées. Le service va ainsi à terme s’améliorer.

Propos recueillis par Olivier Cognasse

 

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