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Avec la reconduction de son accord de pêche avec l'Europe, le Maroc va recevoir 40 millions d'euros par an de compensations

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Après des mois de tractations, les deux partenaires se sont entendus le 24 juillet à Rabat pour prolonger les droits de pêche des bateaux de l'Union européenne dans les eaux du Maroc. Ce dernier va recevoir à différents niveaux 40 millions d'euros par an de compensation de la part de l'Union européenne et des pêcheurs européens. L'Espagne, très concernée, se dit satisfaite.

Avec la reconduction de son accord de pêche avec l'Europe, le Maroc va recevoir 40 millions d'euros par an de compensations
Port de pêche de Lâayoune
© Jbdodane.com (Flickr CC)

Le ministre marocain de l’agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch et Maria Damanaki, commissaire européen chargé des affaires maritimes et de la pêche ont paraphé ce 24 juillet à Rabat le protocole à l’Accord de partenariat dans le domaine de la pêche (APP) entre l'Union et le Maroc. Celui-ci va courir sur quatre ans.

Ce protocole qui fait suite au 6ème round de négociations depuis le début de celles-ci en novembre dernier "met largement l’accent sur les avis scientifiques, la rentabilité économique, la bonne gouvernance et le respect du droit international. La durabilité est garantie par une limitation de l’activité de pêche aux ressources excédentaires pour toutes les pêcheries", selon un communiqué de l'Union européenne.

L'enveloppe financière consacrée au Maroc se chiffrera à 40 millions d'euros, dont 30 financés directement par l'Union et 10 par la contribution des propriétaires de navires européens en fonction des captures.

Sur les 30 millions versés par l'Union européenne, 16 millions seront versés en contrepartie de l'accès à la ressource. Par ailleurs, 14 millions seront directement affectés au soutien du secteur de la pêche au Maroc .

L'APP, quatrième du genre était bloquée depuis fin 2011. Le 14 décembre 2011, la majorité des députés européens s'était opposée, fait rare, à la reconduction des accords existants (2007-2010), jugeant que ceux-ci ne prenaient pas assez en compte l'intéret des populations du Sahara occidental, zone au statut disputé au plan international et administrée par le Maroc. Les eaux du Sahara occidental sont particulièrement poissonneuses, mais l'accord concerne toutes les eaux marocaines.

Au sein des 28, la politique de la pêche est une compétence exclusive de l'Union européenne. Et le nouveau texte doit encore être validé à la fois par le Parlement européen et celui du Maroc. La dénonciation du précédent accord avait entraîné une mini crise entre l'Union européenne et le Maroc, seul pays à disposer d'un "statut avancé".

Selon Maria Damanaki : le nouveau protocole "assurera la pérennité du secteur au niveau local et présente un bon rapport coûts-avantages. Il est conforme aux principes de la réforme de la politique commune de la pêche de l'Union, car il garantit une gouvernance internationale des pêches responsables».

L’APP comprend 6 catégories de pêche exploitées à la fois par les segments de la flotte industrielle et artisanale.

Les pays européens pêchant au large du Maroc sont notamment le Portugal, l'Italie, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Irlande, la Pologne ou le Royaume-Uni. Mais dans la pratique, les armateurs espagnols sont de loin les plus concernés. La suspension des accords de pêche avait affecté plusieurs dizaines de ses navires interdits d'eaux marocaines depuis 18 mois.

L'accord prévoit au total que 126 navires européens pourront pêcher au Maroc contre 137 lors du précédent. En 2010, les captures européennes au Maroc selon Reuters s'élevaient à environ 44 000 tonnes, dont surtout des maquereaux et anchois, soit 5% environ des prises marocaines.

Le gouvernement espagnol s'est dit "satisfait" de cet accord. Il en va de même pour la principale fédération espagnole des armateurs de pêche (Cepesca) bien que celle-ci regrette l'exclusion de certains navires comme les thoniers senneurs congélateurs. Elle s'inquiète surtout du délai de mise en application qu'elle estime à environ 6 mois, voire du risque de nouveau rejet par le Parlement européen.

 

 

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