Avec la mise en orbite de Pléiades Neo 3, Airbus arrive sur le marché de l’imagerie spatiale haute résolution

Dans la nuit du 28 au 29 avril, le lanceur Vega a conjuré le mauvais sort qui s’acharnait sur lui en mettant en orbite plusieurs satellites. Parmi eux, le premier appareil de la constellation Pléiades Neo d’Airbus Defence and Space, qui permettra au constructeur de devenir un acteur majeur de l’imagerie spatiale haute résolution.

 

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Avec la mise en orbite de Pléiades Neo 3, Airbus arrive sur le marché de l’imagerie spatiale haute résolution
L'optique des satellites de la constellation Pléiades Neo peuvent prendre des images avec une résolution de 30 cm.

Mission accomplie ! Dans la nuit du 28 au 29 avril, le petit lanceur Vega a mis en orbite plusieurs satellites dont le très attendu Pléiades Neo 3, d’Airbus Defence & Space. « Un soulagement ! », soupirent les équipes du constructeur après les récents déboires qu’a connus la fusée développée par l’Italien Avio et commercialisée par Arianespace. Ce satellite est le premier d’une constellation de 4 appareils financée, construite et opérée par Airbus. Au total, entre 600 et 700 millions d’euros ont été investis dans ce projet.

Un duopôle dans la haute résolution

Placés en orbite héliosynchrone à 620 km d’altitude, ces satellites vont permettre à Airbus de faire son entrée sur le marché de l’imagerie satellite à très haute résolution, avec une précision de seulement 30 cm sur une fauchée - le couloir que couvre le satellite lors de son passage - d'une largeur de 14 km. De quoi acquérir les images de 500 000 km² par jour et par satellite - soit pratiquement la superficie de la France métropolitaine. L'ensemble de la constellation couvrira 2 millions de km² par jour.

« A l’heure actuelle, seul l’américain Maxar atteint ce niveau de résolution », a mis en avant François Lombard, directeur de la division business intelligence, lors d'une conférence de presse le 29 avril. Une situation de duopole qu’Airbus aime à comparer à la rivalité technologique existante avec Boeing dans le secteur aéronautique.

« La résolution de 30 cm représente un marché stratégique dans le domaine de l’imagerie satellitaire », explique Philippe Pham directeur de la division Earth Observation, Navigation and Science. « Elle permet d’avoir le meilleur compromis entre la taille du satellite - qui détermine les coûts de lancement - et les applications avancées possibles ».

Une manne d’informations pour les IA du privé

Avec cette résolution, il est en effet possible de distinguer voire d’identifier précisément de petits objets. « Nous pouvons compter le nombre de voiture sur une voie de circulation, identifier les types d’avions qui survolent une zone et retrouver par exemple des navires perdus en mer », égraine Philippe Pham.

Si les applications militaires sont a priori capable d’atteindre ce niveau de détection – même si les informations sur les performances de ceux-ci ne sont pas dévoilées – rares sont les satellites commerciaux à le proposer. La précédente génération de satellites Pléiades, dont les deux appareils ont été mis en orbite en 2011 et 2012, possède une résolution native de 70 cm.

« Les premiers clients sont des acteurs privés, ce qui est nouveau pour ce type de marché, pointe François Lombard. Auparavant, les acteurs publics se positionnaient souvent plus tôt. Des sociétés innovantes sont aujourd'hui attirées par la possibilité d’associer l’imagerie spatiale haute résolution avec l’intelligence artificielle pour offrir de nouveaux services. »

Une communication inter-satellites améliorée

D’un point de vue technique, les Pléiades Neo sont de véritables concentrés d’innovations. « Outre le nouveau instrument optique en carbure de silicium, nous avons amélioré la transmission des données vers la terre, le tout en réduisant la masse du satellite par rapport à la précédente génération », s'est félicité Philippe Pham. Les Neo pèsent en effet 920 kg au lancement (contre 980 kg pour la première génération).

Ils embarquent également un système de communication par laser, fourni par l’allemand Tesat Spacecom, une filiale d’Airbus Group. Ce système permet de raccorder les Pléiades Néo aux European Data Relay Satellite Système (ERDS), des satellites de communication géostationnaires formant une autoroute spatiale des données (SpaceDataHighway). Le débit entre les satellites et les ERDS est de 1,8 Gbit/s, ce qui permet de lancer des acquisitions d’images d’urgence, en 30 à 40 minutes. Les premières photos seront prises en début de semaine prochaine.

Pléiades Neo 4 devrait rejoindre son compagnon au mois de juillet. Toujours lancé par un lanceur Vega, il se trouve actuellement à Kourou en Guyane. Neo 1 et 2 seront lancés en même temps, en 2022, par un lanceur Vega-C.


Coiffe du lanceur Vega de la mission VV18 contenant le satellite Pléiades Neo 3

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