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"Avec la loi sur la représentativité, nous devrions être à 40 % et le Medef à 60 %", estime le président de la CGPME

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Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Jean-François Roubaud explique pourquoi la proposition de loi sur la représentativité et le financement des organisations patronales va dans le bon sens selon lui, en assurant davantage de transparence et un financement clarifié. En pleine préparation d’un déplacement en Turquie avec le Président de la République le 27 janvier, le président de la CGPME se dit favorable à ce qu’on appelle le "tournant social-démocrate" de l’exécutif.

Avec la loi sur la représentativité, nous devrions être à 40 % et le Medef à 60 %, estime le président de la CGPME © Flickr c.c. - Ministère du Travail

L'Usine Nouvelle - Au conseil des ministres, mercredi 22 janvier, a été déposé le projet de loi qui réforme la formation professionnelle. Y êtes-vous toujours opposé ? 

Jean-François Roubaud - Comme vous le savez, nous n’étions pas d’accord avec le Medef. Nous le restons. C’est d’ailleurs pour ça que nous n’avons pas signé l’accord sur la formation. Pour nous, le problème réside dans la fin de la mutualisation des ressources qui pénalisera la formation dans les PME, notamment les toutes petites. Je peux vous dire dès aujourd’hui que ce texte, une fois mis en application, aura pour effet de diminuer l’effort de formation dans les toutes petites entreprises, celles qui emploient quinze ou vingt salariés vont souffrir.

Votre combat contre le texte n’est-il pas aussi motivé par la prévisible baisse de ressources qu’il induit pour votre organisation ?

J’en ai assez d’entendre répéter que la CGPME serait touchée au portefeuille et que c’est pour cela qu’elle est contre la réforme de la formation. J’ai toujours demandé que l’on clarifie le financement de nos organisations, et qu’en particulier le problème de la frontière entre l’argent de la formation et celui du financement des organisations soit réglé. D’ailleurs, le projet de loi sur la formation concerne aussi le financement et la représentativité des organisations patronales.

Aujourd’hui, combien d’adhérents revendiquez-vous ?

Nous avons 550 000 adhérents, en incluant ceux des fédérations qui adhèrent par le biais de leur fédération professionnelle. Pour les adhérents directs, c’est plus compliqué, puisqu’ils souscrivent sur les territoires et que jusqu’à aujourd’hui les territoires n’avaient pas d’obligations à faire remonter l’information. Mais cette année, nous allons procéder à la combinaison des comptes, telle qu’elle est prévue dans la loi du 20 août 2008. 

Justement, le gouvernement propose que la représentativité soit désormais mesurée par l’adhésion plutôt que par l’élection que vous avez un temps soutenu. Le regrettez-vous ?

Adhésion ou élection, ce qui compte, c’est que désormais pour toutes les organisations nous aurons le nombre d’adhérents des uns et des autres. A partir de 2013, les commissaires aux comptes vont certifier les comptes de chaque unité régionale, départementale, territoriale, c’est-à-dire de chacune de nos représentations sur le territoire. Nous y travaillons depuis trois ans, et je peux vous dire que c’est un travail compliqué. Ce que nous souhaitons toujours, c’est que pour la représentativité, on pondère le nombre d’entreprises par le nombre de salariés qu’elles emploient. Comme cela existe déjà aux élections aux chambres de commerce.

Vous pensez que la loi sur la représentativité va vous avantager ?

C’est un saut dans l’inconnu. Cela peut nous renforcer, tout dépendra aussi de la rédaction finale des décrets. Je peux me tromper, mais au doigt mouillé, je pense que nous devrions être à 40 % et le Medef à 60 %. La question de la représentativité est pour nous très importante, car nous voulons que les mandats soient distribués en fonction de la représentativité réelle des uns et des autres. Cela me paraît d’une grande logique. Ce que je ne peux plus accepter, par exemple, c’est que dans certaines instances, nous ayons un siège quand le Medef en a sept.

Quel regard portez-vous sur le pacte de responsabilité ?

C’est une bonne chose, que le président de la République parle de stratégie de l’offre. C’est une nouvelle orientation que je soutiens car elle va dans le bon sens. En revanche, nous ne pouvons pas nous engager sur un nombre de créations d’emplois. Deux réserves cependant :

Nous souhaitons que l’on aille jusqu’au bout de l’expérimentation du CICE. Certaines petites entreprises qui n’ont pas de conseillers fiscaux n’ont pas encore réalisé son impact. Elle s’en rendront compte en percevant leur chèque.

En outre, il faut bien regarder les niveaux de salaires qui seront concernés par les baisses de charges sociales. Selon les bornes retenues cela peut avoir un effet plutôt sur les petites ou sur les grandes entreprises. 

Propos recueillis par Anne-Sophie Bellaiche et Christophe Bys

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