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Avec la cession de Benvic par Solvay, la consolidation s’accélère dans la filière PVC

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

En annonçant la cession à Open Gate Capital de son activité granulés de PVC, qui comptait une usine en Bourgogne, le chimiste Solvay accélère son désengagement dans le PVC. Et la concentration de la filière…

Avec la cession de Benvic par Solvay, la consolidation s’accélère dans la filière PVC © D.R. - Solvay

La consolidation s’accélère dans la filière PVC européenne. Jeudi 10 avril, le chimiste belge Solvay a annoncé qu’il cédait sa branche "compounds" de PVC, appelée Benvic Europe, au fonds d’investissement américain Open Gate Capital. Cette activité de transformation de PVC, qui consiste à fabriquer des granulés en ajoutant au PVC différents types d’additifs, représentait 160 millions d’euros de chiffre d'affaires en 2013 pour Solvay

Cette transaction n’est pas une surprise. Il y a un an, le chimiste belge avait déjà annoncé qu’il allait se désengager des PVC, un secteur de "commodités" jugé peu rentable par rapport à la chimie de spécialités dans laquelle il entend se renforcer. En Europe, la demande en PVC a beaucoup pâti de la crise des secteurs de la construction et de l’automobile. Le continent souffre aussi d’un désavantage énergétique qui renchérit le coût de sa production. Par rapport aux Etats-Unis, qui bénéficient de l’explosion du gaz de schiste, et par rapport au Moyen-Orient, qui s’est doté de fortes capacités de production de gaz. En mai 2013, Solvay a annoncé la création d’une joint-venture à 50/50 avec le chimiste suisse Ineos. Une alliance incluant leurs activités de PVC (hors compounds), de soude caustique et de dérivés du chlore en Europe, afin de créer l’un des trois premiers producteurs mondiaux de PVC dans le monde. Avec l’ambition, pour Solvay, de s’en extraire ensuite...

Former un pôle de transformation de PVC avec Kem One

Quant au choix de l’acquéreur de Benvic, il fait tout aussi sens. Open Gate Capital est, depuis décembre dernier, le co-repreneur de Kem One, l’ancien pôle PVC d’Arkema qui avait été cédé à l'été 2012 au financier américain Gary Klesch, avant d’être placé en redressement judiciaire en 2013. Le fonds d’investissement s’était alors allié à l’industriel Alain de Krassny pour reprendre l'activité amont de Kem One.

Mais il était surtout intéressé par les activités aval (production de profilés, de compounds, et de tubes en PVC) de Kem One, exclues du redressement judiciaire, reconnaît Frédéric Chalmin, directeur général de Kem One : "Il s’agit de métiers intégrés mais très différents : la chimie d’une part, et la transformation du plastique de l’autre. Alain de Krassny est clairement orienté sur la partie chimie, dans laquelle il a remarquablement réussi avec Donau Chemie Group. Tandis qu’Open Gate est déjà présent dans les profilés, depuis l'acquisition de Profialis en janvier 2013."

Les activités aval de Kem One devraient être prochainement cédées par Gary Klesch au fonds américain pour 1 euro symbolique. En reprenant également Benvic, Open Gate Capital pourra alors constituer un véritable pôle de transformation du PVC. Si en outre Solvay allait jusqu’au bout de sa démarche avec Ineos, la filière PVC deviendrait dominée par deux acteurs : Ineos et Open Gate.

Tavaux, autre site de Solvay, victime collatérale ?

Sur le plan social, Open Gate Capital s’est engagé auprès de Solvay à maintenir les 220 emplois de Benvic, dont les 110 postes de l’usine de Chevigny-Saint-Sauveur, en Bourgogne, un des trois sites de production de la division. Mais l’opération pourrait faire une victime collatérale, s’inquiète Gilles Lecuelle, représentant national de la branche chimie pour la CFE-CGC. Que va devenir le site jurassien de Solvay, à Tavaux, qui produit des polymères, dont le PVC ? "En 2013, plus du quart de la production de PVC de Tavaux avait servi à fournir Benvic, confie-t-il. Avec le rachat par Open Gate, on a un gros doute sur le futur. Or c’est une double trahison de la part de Solvay, après avoir décidé de se débarrasser de l’activité PVC de Tavaux en la plaçant dans la coentrerprise avec Ineos." Un joint-venutre qui, pour sa part, doit encore être autorisé par la Commission européenne. La réponse est attendue pour la mi-mai.

Gaëlle Fleitour

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