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Avec l'OCP, "le plus gros contrat de son histoire pour Delattre Levivier Maroc", selon son directeur général Eric Cecconello

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Entretien Le groupe de construction métallique Delattre Levivier Maroc a gagné un contrat de plus 67, 5 millions d'euros pour livrer à l'OCP une usine complète de fusion filtration de soufre sur le mega site industriel de Jorf Lasfar. Eric Cecconello, directeur général de l'entreprise détaille les enjeux pour L'Usine Nouvelle et son orientation vers les contrats clé en mains. Entretien.

Avec l'OCP, le plus gros contrat de son histoire pour Delattre Levivier Maroc, selon son directeur général Eric Cecconello
Eric Cecconello, directeur général du groupe de mécanique lourde Delattre Levivier Maroc.
© dlm

Delattre Levivier Maroc (DLM) va construire sur le site de Jorf Lasfar pour l'OCP une unité de production de 12 000 tonnes par jour de soufre liquide en deux phases de 6 000 tonnes pour une valeur de 740 millions de dirhams, environ 67,5 millions d'euros. Créé en 1951, DLM est issu d'entreprises françaises (Delattre Levivier, Schneider...) mais est un groupe à 100% de droit marocain aujourd'hui. Coté à la bourse de Casablanca avec un flottant très réduit, il est contrôlé par la famille de son président Jean-Claude Bouveur et son directeur général Eric Cecconello et divers autres actionnaires. C'est le leader de la construction métallique lourde au Maroc à côté de concurrents comme Buzzichelli Maroc et Stroc. Interrogé par L'Usine Nouvelle, Eric Cecconello, revient sur ce contrat, commente les résultats financiers du groupe en 2015 et présente ses perspectives.

L'Usine Nouvelle : Vous venez de décrocher un très gros contrat avec l'OCP. Que représente pour vous ce marché?
Eric Cecconello : Par sa taille, c'est notre plus gros contrat à ce jour avec une valeur de 67,5 millions d'euros. Commercialement, ce contrat est aussi très important pour DLM parce qu'il est conclu selon le mode clés en mains. Il est important pour nous de pouvoir passer à l'avenir à des réalisations clés en mains sur des unités industrielles. Cela fait partie de l'un de nos axes de développement. Ce contrat OCP représente en outre une chance car il provient d'un client prestigieux. Pour DLM, un marché de cette importance représente une étape majeure dans l'histoire du groupe

En termes d'investissement et de durée ?
Ce marché ne nécessite pas un investissement spécifique. Nous avons en interne de quoi réaliser ces projets. Il ne fait pas d'appels à des lignes particulières de financement. C'est un chantier qui va s'étaler sur 20 mois.

il y aura des embauches à la clé de ce projet

Y aura-t-il des embauches ?
Nous allons certainement renforcer l'équipe projet. C'est difficile de vous dire combien d'emplois supplémentaires cela peut représenter. Mais la réponse est clairement positive : il y aura des embauches à la clé de ce projet. Ce sera essentiellement des postes en middle management, fonction sur laquelle nous rencontrons d'ailleurs des difficultés de recrutement au Maroc..

Le groupe a bouclé l'année 2015 avec un chiffre d'affaires en forte croissance de 39% et un résultat net en baisse de 26%. Comment expliquez-vous ces résultats contradictoires?
Au niveau de l'activité, après un creux, nous avons retrouvé un chiffre d'affaires plus en rapport avec notre production des années précédentes. Si l'on compare la production comptable de l'année 2014 à l'année 2015, il y a en fait moins de variation que les 39% d'augmentation enregistrés. Comme notre méthode de comptabilisation est à l'achèvement, il se trouve que 2015 était une année dans laquelle on a transféré à nos clients une somme de projets plus importante que l'année précédente. En termes de volume de production, la croissance est en revanche plus faible puisqu'elle ne représente plus que 21% alors que la hausse du chiffre d'affaires est de 39%.

Et donc comment expliquez-vous la baisse du résultat net ?
Notez d'abord que le résultat net des comptes sociaux lui, est en hausse de 10% et en ligne avec la hausse du chiffre d'affaires des comptes sociaux. C'est le résultat net des comptes consolidés qui est en baisse de 25%. Nous avons été surtout impactés par une dégradation des résultats financiers. C'est la cause majeure de cette variation.

Comment expliquer cette dégradation ?
Elle est essentiellement due à une difficulté de recouvrement de créances en fin d'année qui s'est amoindrie depuis. Le dernier trimestre a effectivement était mauvais en termes de recouvrement. Autre effet, le lancement de nouveaux projets a été reporté dans les comptes du premier trimestre 2016. A ce sujet, notre cycle des encaissements doit être accéléré. On devrait agir vers davantage d'encaissement anticipé au niveau des projets.      

A Casablanca vous avez transferé l'activité de votre usine principale d'Ain Sebâa enclavée en ville vers Tit Mellil une quinzaine de km plus loin. Où en êtes-vous de ce projet ?
L'opération est entièrement terminée. L'usine de Tit Mellil est entièrement opérationnelle. Et l'année 2015 a été une année de pleine exploitation du site. A Ain Sebâa, nous avons gardé juste les bureaux avec environ 140 personnes. Sur Tit Mellil, l'effectif est environ de 450 personnes.

Comment se répartissent les effectifs au niveau du groupe ?
Au Maroc, nous sommes environ 1800 personnes. La totalité du groupe comprend environ 2200 personnes.

Après avoir conduit de la croissance externe en Afrique de l'ouest, comment se répartit votre activité entre le Maroc et les marchés africains ?
En Afrique, nous sommes présents au Sénégal, en Mauritanie, en Côte d'Ivoire, au Congo et en Guinée équatoriale. Notre chiffre d'affaires se réalise pour les trois quart au Maroc où le gros de la croissance de notre activité s'est réalisé sur les deux derniers exercices. Le quart restant concerne nos marchés africains. 

Nous attendons la mise en vigueur de ces marchés

Spécialiste de la mécanique lourde, votre groupe a déjà réalisé des mats d'éoliennes au Maroc. Etes vous en affaires avec le groupement Nareva -Siemens qui a emporté l'appel d'offres de 850 MW cette année?
DLM est engagé sur la construction des mats qui forment la partie métallique qui soutiennent l'éolienne. Nous sommes en discussion avec Siemens pour la fourniture des mats concernant le projet 850 MW de Nareva dont vous parlez. C'est une discussion qui existe avec nos partenaires avant même l'attribution du marché. Nous attendons la mise en vigueur de ces marchés entre l'ONEE et Nareva pour déclencher les contrats entre DLM et Siemens. Je tiens à préciser que nous ne sommes pas aujourd'hui officiellement partie prenante de ce marché mais on le sera. C'est ce qui est prévu. C'est le schéma industriel qui a été retenu. La mise en vigueur est une question de mois.

Serez-vous seul sur le marché des mats ?
Nous n'avons pas la réponse de Siemens. Tel que le projet a été imaginé au départ, nous serons au minimum le fournisseur principal des mats. Nous ne savons pas si nous serons les seuls.

Comment se présente pour vous l'année 2016 ?
Nous y avons réalisé un bon premier semestre notamment grâce à la signature du contrat avec l'OCP mais il n'est pas le seul. Nous sommes toujours en avance par rapport à nos objectifs commerciaux avec de nouvelles perspectives.

Pourrez-vous nous en dire deux mots ?
Nous envisageons de créer une structure DLM Services qui sera axé sur la maintenance, le facility management, l'expertise technique… Nous avons actuellement plusieurs contrats en cours de négociation et il est encore tôt pour en parler dans les détails. C'est en tout cas l'un de nos objectifs stratégiques sur lesquels nous travaillons d'arrache-pied. En résumé, nous serons amenés à être organisés en quatre grandes composantes : les projets, la fabrication, l'international avec les pays africains et les services.


Propos recueillis par Nasser Djama

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