Avec Fincantieri à la barre de STX, un Airbus du naval a minima prend la mer

L'industriel italien Fincantieri prend le contrôle de justesse des chantiers navals STX de Saint-Nazaire grâce à une participation prêtée et réversible de 1% de l'Etat français dans le capital de STX. Sur le volet militaire, la coopération avec Naval Group en reste au stade de discussions. 

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Avec Fincantieri à la barre de STX, un Airbus du naval a minima prend la mer
Les négociations franco-italiennes se poursuivront jusqu'en 2018 sur le volet militaire.

L'Airbus du naval tant attendu, est enfin né ! Dans la douleur, aux forceps et...a minima. Après plusieurs mois de négociations tendues entre Paris et Rome, les deux chefs d'Etat Emmanuel Macron et Paolo Gentiloni ont présenté à Lyon le 27 septembre le nouvel accord liant leur industrie navale. Fincantieri arrive à ses fins et décroche 51% du capital de STX de justesse. En plus des 50% de participation dans STX prévus par l'accord, l'industriel transalpin va bénéficier d'un prêt de titres de 1% détenu par l'Etat français. Emmanuel Macron s'est félicité du montage trouvé. "Ce soir, c'est gagnant-gagnant", a-t-il indiqué. Selon lui, Fincantieri dispose d'un leadership industriel clair et les intérêts français en termes d'emplois, de savoir-faire technologique, et de souveraineté sont préservés.

un pret reversible

Aux termes de l'accord, le clan tricolore détient 50% du capital de STX, représenté par l'Etat (34,34%), Naval Group (10%), les salariés (2%), les acteurs locaux industriels (3,66%). Si Paris estime que l'industriel transalpin ne respectait ses engagements, il pourrait récupérer sa participation prêtée au bout de multiples échéances programmées au bout de 2 ans, 5 ans, 8 ans et 12 ans. Dans un tel scénario, la France s'engagerait à reprendre la participation de son partenaire s'il souhaitait se désengager totalement. La CFDT souscrit à cet accord mais appelle à la prudence. "C'est finalement un montage "astucieux" sur le papier mais qui nécessitera, dans la réalité, une vigilance accrue sur la gouvernance de l'entreprise".

Statu quo sur le volet militaire

Preuve que l'accord a été difficile à négocier, la France et l'Italie n'ont pas su avancer dans le volet militaire de l'Airbus du naval. Naval Group et Fincantieri, pourtant concurrents directs sur le marché des navires de surface, et leurs Etats respectifs, vont poursuivre leurs discussions en espérant aboutir à un scénario de rapprochement d'ici 2018.

Hassan Meddah Journaliste aéronautique, défense et espace

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