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« Avec Facebook Places, la géolocalisation va devenir grand public »

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Inspiré par Foursquare et Gowalla, le réseau social Facebook permet désormais à ses utilisateurs américains de partager avec leurs amis des informations sur leur localisation géographique. Avec en ligne de mire, l'augmentation de ses recettes publicitaires.

« Avec Facebook Places, la géolocalisation va devenir grand public »

Facebookers, souriez, vous êtes (ou vous risquez d'être très prochainement) suivis dans vos déplacements... Le réseau social Facebook vient de lancer aux Etats-Unis une nouvelle fonctionnalité « Places » (« lieux », en français) permettant à ses utilisateurs de signaler aux membres de leurs réseaux, en un clic seulement, le lieu où ils se trouvent. D'un point de vue technologique, ce n'est pas une innovation : le partage d'informations géolocalisées est déjà proposé par des « jeunes pousses » comme Foursquare, Gowalla ou le français Plyce. « Mais il est évident que l'impact sociétal du lancement d'un service de ce type par Facebook, qui revendique 500 millions de membres, ne sera pas du tout le même », prévient Julien Theys, analyste de l'institut britannique Screen Digest (iSuppli). Pour lui, l'entrée de Facebook sur ce segment de marché signifie avant tout que « la technologie et la culture de partage de l'information de localisation va devenir très grand public ».

La géolocalisation est une évolution logique pour Facebook

Pourquoi Facebook se lance-t-il sur ce créneau ? "C'est une évolution logique pour le réseau  », explique l'analyste, qui estime que Facebook souhaite " renforcer l'intelligence de votre graph social " en répondant aux questions essentielles " : " qui ? " (« les membres partagent leurs identités réelles et pas des pseudonymes »), "quoi ?" (« ils indiquent leurs activités »), « quand ? » (« ils donnent des indications temporelles via des applications événementielles et des calendriers ») ; et désormais « où? » (en fournissant des données géolocalisées sur leurs déplacements). Qu'en sera-t-il du « comment » ? « Il existe déjà un service Facebook Question en bêta », précise Julien Theys : « Vous posez une question via un formulaire dédié et quelqu'un dans votre entourage direct ou indirect essaie de vous apporter une question ».

L'intérêt publicitaire de la géolocalisation pour Facebook ne laisse guère de doute : « Tout le temps que vous passez à poser des questions via Facebook, vous ne le passez pas à poser des questions via Google. Les contenus publicitaires vont donc transiter par Facebook et non par Google », ajoute Julien Theys. Comme Foursquare, Facebook pourrait aussi « diffuser des publicités ou signaler des promotions aux membres qui feront un « check-in » dans une zone définie », poursuit-il, en signalant que ce réseau part avec un avantage de taille sur ses concurrents de taille beaucoup plus modeste : « Facebook a déjà constitué des équipes de vente sur de nombreux marchés ».

Les puces GPS joue en faveur de la géolocalisation

La démocratisation des technologies GPS devraient aussi aider Facebook à s'imposer. En effet, « des puces GPS sont de plus souvent intégrées aux terminaux, qu'il s'agisse des smartphones ou même maintenant de certains appareils photos numériques », affirme Julien Theys. Résultat, les services qui ont déjà été développés par les opérateurs et les équipementiers - et qui s'appuie sur la triangulation cellulaire - « devraient perdre de leur intérêt pour le grand public ».

Reste maintenant à voir comment Facebook va réussir le déploiement de son service à l'international. « Le réseau utilise un déploiement gradué pour éviter les soucis mais il rencontre déjà quelques problèmes d'échelle aux Etats-Unis », indique l'analyste. Mais il ne reste pas les bras croisés. Le récent rachat de Hot Potato, une start-up spécialisée dans la géolocalisation sur mobiles, devrait ainsi l'aider à consolider ses équipes et à accélérer « la cadence de ses développements ».

Quant à la protection des données privées, tous les yeux sont rivés sur le mode d'adhésion au service. Et le réseau est on ne peut plus prudent : « On peut voir que Facebook, qui a compris que c'est un sujet extrêmement sensible, avance par paliers et fait en sorte qu'aucune information ne puisse être publiée sans votre accord ».

Christophe Dutheil

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