Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Aéro

Avec Cytec, le chimiste Solvay devient un géant de l’allègement des matériaux

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Le chimiste belge casse sa tirelire pour s’emparer de Cytec, spécialiste américain des composites, des matériaux légers et solides, prisés par l’aéronautique. L’opération de 4,7 milliards d’euros a été validée par la Commission Européenne, sous condition.

 

Jeudi 3 décembre, Solvay a lancé une augmentation de capital de 1,5 milliard d’euros, qui court jusqu’au 9 décembre. Un montant significatif dont l’usage est déjà connu : quatre ans après s’être emparé du français Rhodia, le chimiste belge (10,21 milliards d’euros de chiffre d'affaires en 2014) casse sa tirelire pour croquer l’américain Cytec pour 4,7 milliards d’euros.

L’augmentation de capital est déjà sécurisée à un tiers par des actionnaires de Solvay. Elle lui permettra de diversifier son financement pour ce rachat, et de ne pas plomber un niveau d’endettement déjà élevé (la dette du groupe s’élèvera à 5 milliards d’euros) qui lui aurait fait perdre la notation « investment grade » sur les marchés financiers.

Solvay contraint de céder une petite activité

Mercredi 2 décembre, la Commission Européenne avait donné son feu vert à l’acquisition de Cytec annoncée cet été. A une condition : que Solvay cède ses activités dans l’extraction par solvant à base de phosphate.

Un procédé utilisé dans l’industrie pour séparer le cobalt du nickel, pour lequel Solvay et Cytec étaient les principaux acteurs, estime la Commission. « Cytec en est le leader mondial et nous un acteur de toute petite taille », relativise Jean-Pierre Clamadieu, le PDG de Solvay interrogé par L’Usine Nouvelle, étonné que la Commission se soit autant penché sur ce "sujet complètement secondaire". "Nous allons vendre cette activité qui ne représente que quelques millions d’euros de notre chiffre d’affaires. Notre intention n’est pas de céder un site, mais juste le portefeuille client."

Innover dans les matériaux thermoplastiques

La priorité du chimiste est désormais de s’atteler à l’intégration de Cytec. A lui de démontrer qu’elle sera génératrice rapidement de valeur, et de convaincre ceux qui craignent qu’il n’ait payé trop cher le numéro deux mondial des composites pour l’aéronautique (aux deux milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2014).

"C’est une étape majeure dans la transformation de notre groupe", estime le PDG de Solvay, dont le mot d’ordre est de devenir un champion dans la chimie de spécialités. "Elle signe notre entrée dans le monde des composites, alors que nous étions déjà dans les polymères. On devient ainsi le leader de l’allègement des matériaux !"

Cytec, qui est essentiellement présent aux Etats-Unis et en Europe, réalise la moitié de ses ventes dans l’aéronautique, un marché aux commandes portant sur du long terme sur lequel Solvay ne pesait que quelques dizaines de millions d’euros.

Avec les composites, il pourra réaliser des pièces de structures primaires et secondaires pour les nouveaux avions d’Airbus ou de Boeing, ce que ne permettaient pas les polymères, pas assez solides… Avant de s’attaquer à l’automobile, en co-développant avec Cytec des matériaux thermoplastiques, prisés pour leur recyclabilité, leur mise en œuvre rapide et leur empreinte carbone plus légère. Des considérations stratégiques à l’heure de la Cop 21.

Gaëlle Fleitour

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle