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"Avec ce premier vol, c’est 20 ans de l’avenir d’Airbus qui est en train de se jouer", selon Fabrice Brégier

Hassan Meddah , , , ,

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Entretien Le PDG d’Airbus Fabrice Brégier estime que la famille A350 permettra à son groupe de rattraper son rival Boeing sur le segment des long-courriers.

Avec ce premier vol, c’est 20 ans de l’avenir d’Airbus qui est en train de se jouer, selon Fabrice Brégier © Airbus S.A.S

L'Usine Nouvelle - Quel a été votre sentiment quand l’A350 a décollé pour la première fois ?

Fabrice Brégier - D’abord il était très beau et j’ai ressenti un sentiment de fierté pour le travail de mes équipes et de nos partenaires. On a lancé ce programme à la fin 2006 et j’ai rejoint la société à ce moment-là. On a intégré Airbus, on l’a transformé. Et c’est grâce à l’ensemble des efforts des salariés, qu’on en est là aujourd’hui. On va tenir notre rang : celui de leader mondial de l’aéronautique. Avec ce premier vol, c’est 20 ans de l’avenir d’Airbus qui est en train de se jouer.

Vos salariés étaient présents pour ce premier vol… C’était important qu’ils participent à cet événement?

C’est la moindre des choses de partager avec eux leurs émotions, leur passion et le fruit de leur travail. Il y a eu 12 000 employés d’Airbus qui ont contribué à ce que ce premier vol se déroule avant le salon du Bourget. Je leur avais fixé cet objectif il y a neuf mois et ils l’ont tenu. Au-delà de Toulouse, il y a aussi l’ensemble de nos sites en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni qui sont connectés en visioconférence et qui ont le même sentiment de fierté. Bravo à eux.

Que représente pour vous cette étape. Ce premier vol est-il une étape symbolique ou un passage difficile ?

Ce  n’est pas qu’une étape symbolique que de mettre en vol cet appareil avec un véritable programme d’essai. Ce n’est pas un vol de démonstration commerciale ou marketing. C’est quelque chose de très difficile. Ce qui reste à faire reste toujours plus dur que ce qui a été fait. Les risques sont cependant moindres. Nous avons toutefois le défi du calendrier et celui de faire un avion qui a un niveau de maturité exemplaire quand il rentrera en service. C’est ce que nous n’avons pas très bien fait sur le A380. On va essayer de relever ce défi afin de livrer les premiers avions avant la fin 2014.

Sur quels aspects allez-vous être particulièrement vigilants désormais ?

On doit être vigilant sur tout. Pour cela on doit faire confiance aux équipes qui apportent la transparence sur l’état d’avancement du programme y compris les partenaires extérieurs à Airbus qui travaillent avec nous. On a beaucoup investi dans cette relation. Il faut savoir écouter les équipes quand il y a des problèmes. J'accorde beaucoup d'importance à cette transparence. Les équipes ont le talent, le niveau technologique et l’expérience pour résoudre les problèmes qui se présenteront. C’est la clef du succès. Il ne faut pas non plus franchir les étapes trop vite. Il faut aller très vite mais sans se précipiter, ni se mettre dans le rouge.

Quand pensez-vous récupérer votre retard sur le segment des long-courriers ?

On a récupéré le leadership. Boeing était en avance parce qu’il avait lancé le 787 cinq ans avant nous mais il a pris trois ans et demi de retard. Le retard de Boeing nous aide. A nous de faire le bon travail. Et nous avons une famille. L’A350-900 vient de décoller. L’A350-1000 (sa version allongée, ndlr) décollera d’ici trois ans. Cet appareil est bien positionné et concurrence aussi le 777 de Boeing. Le leader du long, ce sera à l’avenir Airbus et non Boeing. J’en suis persuadé. On en a les moyens.

Propos recueillis par Hassan Meddah

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