Avec Back in the race, les usines françaises de PSA sont plus compétitives et plus flexibles

Le plan de redressement Back in The Race avait été lancé le 14 avril 2014. Un an plus tard, il a contribué à la hausse de compétitivité des usines françaises, en complément de mesures lancées sous la direction de Philippe Varin. Mais la flexibilité imposée dans les usines pèse de plus en plus sur les salariés. 

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Avec Back in the race, les usines françaises de PSA sont plus compétitives et plus flexibles

PSA va mieux. Un an jour pour jour après le lancement du plan de redressement de Carlos Tavares, intitulé "Back in the race" (de retour dans la course), le groupe semble bel et bien sorti de l’ornière. "Nous sommes en avance sur sa reconstruction", s’est félicité le directeur général de PSA Carlos Tavares lors de la présentation des résultats annuels 2014 le 18 février.

Des usines plus compactes

L’un des quatre chantiers du plan, la compétitivité des usines françaises, est en bonne voie. L’impact du plan et de l’accord de compétitivité Nouveau Contrat Social (NCS) a permis à PSA de baisser le coût de production par véhicule de 730 euros entre 2012 et 2014. "Le plan s’est ajouté à des politiques déjà mises en place, sur le compactage des usines par exemple", explique Yann Vincent, directeur industriel du groupe. Un gros travail a été entrepris pour raccourcir les flux logistiques. "Plus l’usine est compacte, moins elle coûte cher, résume le directeur industriel de PSA. C’est aussi plus efficace en termes de management."

Les chefs des différentes équipes ne doivent pas avoir plus de cent mètres à parcourir pour évoquer des problèmes de production dans le nouveau schéma des usines PSA. Cette démarche est complémentaire du passage au monoflux de deux sites. L’usine de Poissy (Yvelines) l’a déjà mis en place, et Mulhouse (Haut-Rhin) en bénéficiera pleinement courant juin.

Du full kitting

A cette politique de compactage, lancée sous l’ère Varin, Yann Vincent ajoute une seconde priorité : le "full kitting". Cette organisation logistique amène dans des boîtes en bord de ligne les bonnes pièces pour le véhicule qui arrive devant les opérateurs. "Ca évite l’erreur, tout en permettant un meilleur engagement des opérateurs", résume Yann Vincent. L’usine d’utilitaires de Sevelnord (Nord) applique déjà cette méthode à 100%, et Mulhouse, Sochaux (Doubs) ainsi que Poissy la mettent actuellement en place. Ancien de chez Renault, le directeur industriel de PSA avoue avoir été surpris de ce retard en terme de logistique.

Baisse de 500 euros par véhicule

Si un premier jalon a été franchi en 2014, le travail sur la compétitivité des usines n’est pas fini. D’ici 2016, PSA compte encore baisser le coût de revient de fabrication de 500 euros par véhicule, notamment en travaillant sur le sourcing. "Le plan Back in the Race apporte un changement de culture, avec un centrage beaucoup plus business, explique Yann Vincent. Renault fait beaucoup plus de sourcing low-cost, PSA doit aussi aller vers ce type de sourcing."

Les directeurs d’usine sont désormais responsables de l’ensemble des moyens de production, et peuvent donc travailler directement sur le sourcing de leurs véhicules pour abaisser le coût de fabrication. Ils seront aussi impliqués beaucoup plus tôt dans la conception des véhicules pour mieux intégrer les process de production à la conception. Le directeur du site de Poissy, Jean-Pierre Briançon, travaille déjà sur la conception du petit SUV DS qui ne sera pourtant produit qu’en 2017.

Flexibilité des salariés

Dans les usines, la compétitivité fait grincer quelques dents. Le Nouveau contrat social a mis en place un système de flexibilité sur cinq jours. Les salariés peuvent travailler jusqu’à cinq jours en plus sans recevoir d’heures supplémentaires ou chômer cinq jours en conservant leur rémunération. Avec la hausse des ventes en Europe, donc de la production, ce système de modulation horaire pèse sur les salariés. Et inquiète les représentants syndicaux. "Le moral des troupes n’est pas extraordinaire, souligne Pierrette Burgkalter, représentant syndicale CFDT à Sochaux. Les charges de travail augmentent, les départs via les congés senior ou de reclassement ont été gelés jusque septembre. Des salariés qui devaient quitter l’entreprise ne peuvent plus partir, car on a besoin d’eux. Et la direction n’embauche que des intérimaires."

La CFTC alerte elle aussi sur cette situation. "Avec le système de modulation horaire à +5 jours/-5 jours, en période d’activité soutenue, un salarié peut travailler jusqu’à dix samedis en ne touchant que 25% de valorisation, précise Franck Don, délégué syndical central CFTC. Ce système issu du NCS est adapté en vitesse de croisière, mais lors de pics de production, il faut des contre-parties." En comité d’entreprise, la direction de l’usine de Mulhouse a annoncé que plusieurs jours fériés (8 mai, jeudi de l’Ascension, 14 juillet entre autres) seraient ainsi travaillés, ainsi que dix samedis et sept dimanche soir d’ici à fin-juillet.

"On ne peut pas accepter d'un côté des suppressions d'emplois permanents - 900 depuis octobre 2013 - et de l'autre un surcroît de travail pour les salariés qui restent", a réagi le porte-parole de la CGT à Mulhouse Julien Wostyn, cité par l’AFP. En fin d’année dernière, PSA estimait que l’objectif du million de véhicules produits en France, inscrit comme contrepartie de l’accord de compétitivité, serait bien atteint en 2017. Dans les faits, il pourrait l’être bien avant.

Pauline Ducamp

2 Commentaires

Avec Back in the race, les usines françaises de PSA sont plus compétitives et plus flexibles

zebanx
13/04/2015 18h:19

Merci pour cet article.

Il est important pour PSA :
1. que le sourcing low-cost ne se fasse pas au détriment de la qualité percue. Impossible pour une 2008 de revenir au niveau des plastiques de Cactus ou de Captur alors que la montée en gamme de la 308 II a été bien mis en scène par Peugeot.
2. de rendre compte des véhicules qui fonctionnent bien en terme de volumes. Le 2008 et la 308 II, tout comme le programme c-elysée /301 sont les principaux facteurs du retournement de tendance. Il y a donc, sur les options clivantes (airbumps) une nécessité à les rendre OPTIONNELS

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nol09
14/04/2015 16h:06

beaucoup de baratin et de fumée sur les explications techniques..le full kiting c'est vieux de 20 ans...plus d'autonomie des usines....pipeau c'est l'inverse qui se passe....ces nouveaux managers sont surtout de beaux causeurs

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