Avant la réforme de la PAC, les Chambres d'agriculture avancent leurs pions

Les élections aux Chambres d’agriculture n’empêchent pas le bureau de celles-ci de formuler des propositions en vue de la prochaine Politique agricole commune, dont le démarrage pourrait être retardé. La redéfinition des rôles entre Bruxelles et les Etats membres est au cœur des inquiétudes.

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Avant la réforme de la PAC, les Chambres d'agriculture avancent leurs pions
Le successeur de Phil Hogan devra gérer un des plus lourds budgets européens.

L’accalmie apparente des négociations autour de la future Politique agricole commune (PAC) 2021-2027 et le contexte d’élections dans les Chambres d’agriculture n’empêchent pas ces dernières de faire part de leurs propositions. Les difficultés traversées par les éleveurs laitiers et la faiblesse des cours du sucre, suite à la fin des quotas sur ces deux marchés, ont marqué la PAC en cours, regrette Luc Servant, président de la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime, membre du bureau de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture (APCA) et de sa commission Economie.

La baisse du budget de la PAC (-5% annoncés) grimperait, en euros constants, à 15% sur le premier pilier (accompagnement économique de l’agriculture et des marchés) et de 30,7% sur le second pilier (développement rural) entre 2018 et 2027, selon des estimations formulées après la présentation du Cadre financier pluriannuel de la Commission européenne."Il s’agit de la principale inquiétude. Bon nombre de pays veulent revenir sur un budget plus stable, mais ce n’est pas gagné", indique Luc Servant. L’APCA suggère, comme la plupart des organisations agricoles, de ramener le budget de la future PAC à son niveau actuel.

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Un nouveau principe de subsidiarité contesté

A l’approche des élections européennes, "espérons que l’on garde une volonté d’une politique européenne forte", lance Luc Servant. Pour l’heure, la refonte du principe de subsidiarité souhaitée par la Commission européenne, qui assignera des objectifs aux Etats membres avant de les laisser définir leurs moyens d’action, reste de mise. Elle est accueillie de manière mitigée : "non seulement il existera de la concurrence entre pays européens et pays tiers, mais on accentuera aussi la concurrence au sein des pays européens", met en garde le responsable.

L’APCA propose d’encadrer à l’échelle européenne les mécanismes de gestion de marché, les aides de soutien ainsi que l’indemnité compensatoire de handicaps naturels. Elle suggère de laisser la main aux Etats membres sur la gestion des risques au niveau des filières et des exploitations, les fonds de mutualisation ou d’aides à l’assurance et les aides sectorielles. Le développement rural pourrait, lui, revenir aux régions ou, par exemple, aux Länder allemands.

Un démarrage retardé pour la prochaine PAC ?

La question de l’exposition des agriculteurs à la volatilité des prix est aussi posée. La fin des quotas sucriers et laitiers a laissé des traces. "Il existe une fluctuation exacerbée des prix que l’on subit de plein fouet. Nous sommes en prise directe avec des marchés mondiaux et des productions lointaines. Nous allons importer de plus en plus", estime Luc Servant. Les Chambres d’agriculture se satisfont en revanche de la mise en place d’un eco-scheme, un ensemble de mesures pour accompagner les exploitations sur leurs apports pour l’environnement. "La politique actuelle de verdissement n’a pas porté ses fruits", constate le responsable.

Les élections européennes, en mai, puis l’installation de la nouvelle Commission européenne pourraient retarder la mise en place de la future PAC. D’après plusieurs organisations, son démarrage effectif ne pourrait intervenir qu’en 2023.

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