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L'Usine Aéro

Auvergne : Une relance faite de luxe et d'avions

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Enquête À l'ombre des volcans, les usines jaillissent ou se reconvertissent en misant sur de nouveaux matériaux et débouchés.

Auvergne : Une relance faite de luxe et d'avions

Même sur fond de crise, l'Auvergne sait braver les tempêtes. Les valeurs sûres de son tissu industriel tiennent leurs promesses. C'est particulièrement vrai dans le secteur aéronautique. Fin 2011, Aubert et Duval, filiale d'Eramet, associée à 50-50 avec le kazakh UKTMP, a mis en service la nouvelle usine Ukad de produits en titane, principalement dédiée au marché de l'aéronautique. Cet investissement de 47 millions d'euros, réalisé sur le site industriel des aciéries Aubert et Duval des Ancizes, à Saint-Georges-de-Mons (Puy-de-Dôme), a reçu le soutien d'Airbus et de sa maison mère EADS, avec la signature d'un important contrat portant sur la fourniture d'un volume d'affaires de 1,4 milliard de dollars entre 2012 et 2022.

À Issoire (Puy-de-Dôme), l'usine Constellium (ex-Pechiney), dont les carnets de commandes sont déjà bien garnis, devrait profiter à plein du futur lancement de sa fonderie Airware, qui intéresse au premier plan les donneurs d'ordres, comme Airbus et Bombardier. Grâce à ce nouvel équipement, l'usine d'Issoire deviendra le seul site au monde capable de produire des pièces d'aussi grandes dimensions. Cela méritait bien un investissement de 42 millions d'euros.

Poids lourds industriels

Plus modeste, mais constant dans son oeuvre, le groupe Auvergne Aéronautique Slicom, situé à Aulnat (Puy-de-Dôme) près de Clermont-Ferrand, tient ses engagements. Douze millions d'euros ont à nouveau été injectés dans le doublement de son unité de production de pièces pour le secteur aéronautique. Une trentaine de postes supplémentaires ont été créés cette année, qui viennent s'ajouter aux 700 emplois du groupe.

Une fonderie unique au monde à Issoire

Les 1 350 salariés de Constellium à Issoire (Puy-de-Dôme) se frottent les mains. Le leader mondial de l'aluminium a annoncé la signature d'un contrat mirifique avec Airbus, estimé à 2 milliards de dollars, pour soutenir l'ensemble des programmes aéronautiques développés par l'avionneur et sa maison mère EADS. L'usine Constellium d'Issoire fournira à Airbus des produits laminés destinés aux aérostructures et, surtout, des panneaux de voilures, de fuselage et des tôles fortes pré-usinées. « Le site d'Issoire se trouve au coeur de ce dispositif, avec des capacités uniques permettant de produire les composants les plus grands jamais réalisés dans l'industrie aéronautique, tels que les panneaux de voilure de 34 mètres », précise Constellium. L'usine, qui produit déjà 83 300 tonnes de pièces alu par an, va se doter de l'unique fonderie Airware au monde, qui devrait être opérationnelle dès l'automne. Cet investissement de 42 millions d'euros sera dédié à la fabrication de pièces en aluminium pour les Airbus A350 XWB et le futur C Series de Bombardier. À cela s'ajoutent 30 millions d'euros investis aux deux tiers dans le développement et la hausse des capacités de production.

L'Auvergne compte d'autres poids lourds industriels qui ne déméritent pas. Safran vient ainsi d'investir 50 millions d'euros sur son site de Montluçon (Allier), dans un centre de production consacré aux centrales inertielles de navigation. Cette nouvelle usine, baptisée Coriolis, unique en Europe par sa capacité industrielle, constitue « l'unité de production la plus importante au monde dans le domaine du gyroscope résonnant hémisphérique », selon le groupe.

Partout sur le territoire régional, des projets se concrétisent, à l'image de la reconversion de l'usine Sediver, à Saint-Yorre (Allier), fermée en 2006 pour cause de délocalisation au Brésil. Le site, repris par un nouveau propriétaire, dispose d'une cinquantaine de salariés. Le groupe Caillot, spécialiste du transport et de la logistique, originaire de la Marne, a pris possession des 10 000 mètres carrés, projetant de se doter d'un autre bâtiment de 5 000 mètres carrés.

Le canadien IKO, spécialisé dans la production et la commercialisation d'isolants thermiques, met également 25 millions d'euros sur la table pour développer à Combronde (Puy-de-Dôme) sa deuxième unité de production en Europe, après celle de Breda aux Pays-Bas. À terme, une cinquantaine d'emplois sont promis.

Enfin, comment évoquer 2012 sans rappeler l'épisode Lejaby d'Yssingeaux (Haute-Loire) et ses 93 petites mains menacées, en février, de perdre leur emploi à la suite du rachat de l'entreprise par Alain Prost. À trois mois seulement de l'élection présidentielle, le chef de l'État, Nicolas Sarkozy, et Laurent Wauquiez, maire du Puy-en-Velay (Haute-Loire), alors ministre de l'Enseignement supérieur, annoncent la reprise des Lejaby par un sous-traitant de LVMH, Sofama qui est situé à Espinasse-Vozelle (Allier). Les ouvrières ne fabriqueront plus de la lingerie fine, mais de la maroquinerie de luxe. Qu'importe ! En remportant leur combat pour sauver leurs emplois, elles sont devenues le symbole de la résistance du « made in France ».

LA PLUS ANCIENNE ENTREPRISE DE HAUTE-LOIRE MENACÉE

Trente-quatre postes sont en sursis dans la plus ancienne entreprise de Haute-Loire, à Saint-Didier-en-Velay. La cartonnerie Biltube (ex-Abzac), qui existe depuis 1625, connaît d'importantes difficultés financières. Depuis le 20 octobre 2011, les salariés sont au chômage partiel, ne travaillant plus que deux jours par semaine. Rachetée en 2009 par un groupe indien, alors que Biltude faisait encore vivre cinquante personnes, l'entreprise va de mal en pis. Les employés pointent du doigt « le désintérêt et l'absence » des patrons indiens, invisibles depuis plusieurs mois. Les carnets de commandes restent vides et le spectre des licenciements plane sur cet ancien fleuron industriel auvergnat.

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