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L'Usine Aéro

Auvergne : Issoire se sent pousser des ailes

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Enquête Dans sa nouvelle fonderie, Constellium produit de l'Airware pour les grands constructeurs aéronautiques. C'est une garantie pour l'avenir de ce site du Puy-de-Dôme en pleine expansion.

Sur 96 hectares, dont 24 couverts, 1 372 salariés s'affairent... Bienvenue dans le plus grand laminoir au monde ! L'usine Constellium (ex-Alcan Rio Tinto) d'Issoire est une ville dans la ville. À 30 kilomètres au sud de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), au pied des volcans d'Auvergne, demeure ce géant où les salariés se déplacent en voiture et où il faut montrer pâte blanche : le site est sensible. Quelque 85 000 tonnes de produits laminés, de tôles fortes et autres alliages brevetés sortent chaque année des fours. Constellium Issoire destine les trois quarts de sa production à l'aéronautique, au spatial et à la défense. Le quart restant est dédié à la marine, au transport et à l'industrie. Les principaux donneurs d'ordres se nomment Airbus, Boeing, Dassault Aviation, Embraer et Bombardier.

C'est ici que sont fabriquées les ailes du géant A380, mesurant la bagatelle de 36 mètres de longueur chacune... La crise qui frappe l'industrie n'a pas touché Issoire, et 2012 restera même dans les annales de Constellium comme un cru exceptionnel : 42 millions d'euros ont été investis sur le site, dont 30 millions pour développer et augmenter les capacités de production afin de suivre la demande croissante du marché.

Le groupe a également consacré plus de 12 millions d'euros à sa nouvelle fonderie Airware, ouverte au printemps dernier, la seule au monde de ce type. Elle est dédiée à la fabrication de pièces en aluminium pour l'A350 XWB et pour le futur CSeries de Bombardier. Constellium a par ailleurs signé avec Airbus un contrat de 2 milliards d'euros sur dix ans, l'engageant à produire de l'Airware en très grande quantité.

« Cette technologie est la mieux adaptée pour produire les pièces de la structure primaire des avions, telles que la pointe avant, les ailes, le fuselage ou l'empennage, précise Olivier Leducq, le directeur du site d'Issoire. Cette technologie exclusive permet d'alléger la structure des avions de 25% environ. Le gain est énorme pour les grandes compagnies aériennes. » Constellium assure que l'Airware améliore la résistance des fuselages, accroît celle à la corrosion et à la fatigue et augmente jusqu'à douze ans la durabilité des aérostructures. « De plus, Airware est 100 % recyclable, sans perte de propriété », précise Olivier Leducq. L'appétit d'Airbus devrait saturer rapidement la fonderie, qui tourne déjà sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

« Nous allons démarrer une phase 2 qui sera opérationnelle en 2015, poursuit le directeur. Il s'agira d'un copier-coller de la première fonderie, qui sera construite à côté et aura la même capacité de production. C'est énorme pour Issoire ! Une augmentation significative de l'effectif est prévue. » Elle pourrait représenter 10% de l'effectif actuel, soit plus d'une centaine de personnes.

 

Bonne réputation

Issoire a toujours été un bassin très dynamique. Dès la première moitié du XXe siècle, cette sous-préfecture de 15 000 habitants développe une double vocation : être une ville de garnison et un centre industriel. Aujourd'hui, environ 4 800 personnes travaillent dans l'industrie, soit 46% des emplois, et 38% de l'activité économique est tournée vers ce secteur.

Au fil des décennies, Issoire est devenu un site réputé dans l'aluminium et pour ses équipementiers aéronautiques et automobiles. Les Établissements Ducellier se sont installés dans les années 1930. La production ne concerne alors que les besoins de la défense nationale. Fermés en 1985, ils ont laissé place en 1987 à Valeo, qui produit des systèmes d'essuyage.

En 1974, des techniciens soviétiques entreprennent le montage d'une presse géante pour Interforge. D'une puissance de 65 000 tonnes, elle est longtemps restée la plus puissante du monde occidental ! L'an dernier, une presse de 3 000 tonnes est venue compléter la gamme du site d'Aubert et Duval. La PS 27 représente un investissement de 16 millions d'euros, le plus important depuis les années 1990.

Non loin de là, Fortech, passé sous la coupe d'Aubert et Duval, dispose aussi de quatre presses. Forgeal, spécialisé dans le forgeage et l'estampage des alliages légers, et la Société centrale des alliages légers (Scal) sont installés dans la périphérie de la ville. Issoire s'est ainsi imposé progressivement comme le leader européen et le numéro deux mondial pour la production de tôles de forte épaisseur.

En 1978, Issoire Aviation succède à Wassmer Aviation fondée en 1905. L'entreprise réalise des pièces en sous-traitance pour l'industrie aéronautique et militaire et développe des matériaux de haute performance élaborés à partir de fibre de carbone. En 1995, il devient une filiale de Rex Composites. En 2011, celui-ci change de nom et devient Rexiaa, qui compte huit entreprises et 500 salariés. Issoire n'en a pas fini avec l'aéronautique !

Le balai d'essuie-glace de demain

Un balai d'essuie-glace avec arrosage et chauffage intégrés ! C'est l'Aquablade, la dernière trouvaille des équipes de recherche de Valeo à Issoire. Visibilité jamais altérée, nettoyage efficace du pare-brise quelle que soit la vitesse du véhicule, et gain de poids grâce à une diminution de la réserve d'eau... L'usine de l'équipementier, qui emploie 660 personnes, en est sûre : elle tient là le balai d'essuie-glace de demain ! « Nos ingénieurs ont élaboré un système de perçage de trou au laser », précise Pierre Sevellec, le directeur de la recherche. « Pour qu'une auto fonctionne, il faut des idées nouvelles tous les jours, insiste Thierry Lagarde, le directeur de l'usine. L'innovation est notre seul vrai moteur. » Ce système révolutionnaire équipe en exclusivité jusqu'en 2013 la Mercedes-Benz SL. En attendant que l'Aquablade ne vienne essuyer les pare-brise d'autres constructeurs.

 

« Notre premier objectif : développer l'innovation »

OLIVIER LEDUCQ, directeur du site Constellium d'Issoire

  • Vous dirigez l'usine d'Issoire depuis cette année. Quelle est votre feuille de route ?

Objectif numéro un : développer l'innovation ! Airware, les panneaux de grande voilure, ce sont des atouts considérables pour l'usine. Nous savons que notre concurrent principal [Alcoa, ndlr] a deux ans de retard sur nous. Il faut conserver cette avance. Deuxièmement, je veux accroître les capacités de développement d'Issoire, notamment à travers notre collaboration avec Airbus. Les volumes peuvent augmenter de 20 % dans les deux ou trois ans. Enfin, je veux améliorer notre compétitivité et les services aux clients.

  • Pourquoi la direction du groupe a-t-elle choisi ce site pour développer le projet Airware ?

Au sein du groupe, seul deux sites étaient susceptibles de recevoir cette fonderie. Issoire s'est imposé par son savoir-faire, ses infrastructures et sa proximité géographique avec Airbus. Ce projet a été mené en collaboration avec notre centre de recherche de Voreppe, près de Grenoble (Isère). La proximité des sites a pesé dans la décision.

  • L'avenir est-il assuré ?

Les derniers gros investissements ici remontaient au début des années 2000. Il y a des projets qui boostent l'usine, des ingénieurs qui multiplient les essais, des emplois à la clé. C'est maintenant que tout se joue !

 

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