AutomobileNégociation CEE-Japon sur fond de statu quoLa Commission européenne et le Miti reprennent leurs discussions à la mi-mars. La pénétration des voitures japonaises dans la CEE devrait se stabiliser en 1994.

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Négociation CEE-Japon sur fond de statu quo

La Commission européenne et le Miti reprennent leurs discussions à la mi-mars. La pénétration des voitures japonaises dans la CEE devrait se stabiliser en 1994.

Les constructeurs d'automobiles européens n'ont pas apprécié la dernière foucade de Martin Bangemann. Les exhortations du commissaire européen à l'Industrie à investir hors du Vieux Continent étaient plutôt malvenues, quelques jours avant le nouveau round de négociations entre Bruxelles et Tokyo, prévu à la mi-mars pour fixer le contingent de voitures japonaises qui entreront dans la Communauté en 1994. L'Acea (Association des constructeurs européens d'automobiles) réclame un gel des ventes de voitures nippones, transplants compris, au niveau de l'an passé (1387000 unités). Soit une légère baisse de pénétration à 11,7% du gâteau communautaire (au lieu de 11,8% en 1993), si le marché européen augmente de 1,1% comme le pronostique l'Acea. Les Japonais ne sont évidemment pas d'accord. Mais, après l'an dernier, où les Toyota, Nissan ou autres Honda avaient réussi à accroître leur pénétration d'un demi-point sur un marché en plein effondrement, la Commission, échaudée, défend aujourd'hui des positions voisines de celles de l'Acea. Les ventes de véhicules japonais n'augmenteront sans doute pas cette année, et leur pénétration devrait rester stable. Sauf improbable envolée du marché. Gérard Longuet, ministre de l'Industrie, va plus loin encore. En juillet 1991, en effet, la Commission s'était engagée auprès des Etats membres à faire supporter par les constructeurs japonais les trois quarts de la baisse du marché européen en cas de récession.

En attendant les mesures de soutien

Un engagement sans conséquence à l'époque, car nul ne prévoyait la crise. Or, malgré la dégringolade des marchés en 1993, cette règle des trois quarts n'a pas été appliquée. Pour le plus grand bénéfice des Japonais. Gérard Longuet en tire une conclusion logique: ces derniers ont vendu trop de voitures en 1993. Ils doivent donc rembourser le crédit qu'on leur a accordé, et ce à partir de 1994. En conséquence, le ministre demande implicitement une baisse des ventes de 100000 voitures nippones dans la Communauté cette année. Il a peu de chances d'être suivi par ses partenaires. Mais l'Acea partage d'ores et déjà son idée d'un crédit que les Japonais devraient rembourser. En attendant, les fameuses mesures de soutien à la restructuration de l'industrie de l'automobile européenne demeurent, à peu de chose près, lettre morte. Des aides à la formation seront certes débloquées, mais il s'agira d'une goutte d'eau.

Alain-Gabriel Verdevoye







USINE NOUVELLE - N°2447 -

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