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Quotidien des Usines

AutomobileMATRA SE CHERCHE UN AVENIR SANS ESPACEAlors qu'il entame la production de l'Avantime, le constructeur met en place sa stratégie pour remplacer l'Espace. Mais les projets concrets semblent encore insuffisants pour éviter baisse d'activité et licenciements.

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MATRA SE CHERCHE UN AVENIR SANS ESPACE

Alors qu'il entame la production de l'Avantime, le constructeur met en place sa stratégie pour remplacer l'Espace. Mais les projets concrets semblent encore insuffisants pour éviter baisse d'activité et licenciements.



Matra Automobile aura bientôt fini son voyage dans l'Espace, et l'atterrissage risque d'être périlleux. Avec le transfert de la production du monospace vers l'usine Renault de Sandouville, annoncé de longue date, le constructeur de Romorantin (Loir-et-Cher) savait qu'il perdait sa poule aux oeufs d'or, qui lui a rapporté plus de 4 milliards de francs de gains nets depuis 1984. Mais il se retrouve aujourd'hui au pied du mur, avec l'obligation d'inventer une nouvelle stratégie. La reconquête passe d'abord par l'Avantime. " Comme le véhicule n'a pas d'équivalent sur le marché, nous partons sur des bases prudentes. Mais le potentiel nous semble très important ", explique Jean-Louis Caussin, le directeur général. Le monospace coupé de Renault entre actuellement en production de série sur le site de Romorantin et sera commercialisé en septembre. Développées sur la même plate-forme, l'Avantime et l'Espace se côtoient sur les lignes de production. Cela va permettre d'assembler les deux véhicules en même temps, jusqu'au transfert de l'Espace vers Sandouville, qui a été repoussé à la mi-2002. Matra Automobile confirme d'autre part l'arrivée, au deuxième semestre de 2002, de la M72, sa voiture " ludique de loisirs ", présentée en octobre dernier au Mondial de l'automobile de Paris. Mais ces deux véhicules, seuls dossiers concrets à l'heure actuelle, pourraient se révéler insuffisants. Car, quand l'Espace et ses 350 unités produites quotidiennement auront quitté les ateliers de Romorantin, l'activité risque de se réduire comme peau de chagrin. L'Avantime ne sera initialement produite qu'à une centaine d'unités par jour, même si la direction espère pouvoir monter à 140 véhicules dès l'année prochaine. Et la M72 devrait atteindre péniblement les 60 unités quotidiennes. Autant dire que le vide risque d'être flagrant, à moins que l'Avantime ne rencontre vraiment un très large succès.

Des centaines d'emplois menacées

Du côté des salariés, on s'inquiète pour l'avenir. " Nous avons déclenché le droit d'alerte, à titre préventif ", explique Christophe Pessoa, le secrétaire du comité central d'entreprise. Lui se refuse à toute dramatisation. Mais certains syndicats évoquent des chiffres de 825 à 1 600 suppressions d'emploi à Romorantin, sur un site qui compte 2 250 salariés. La direction table pour sa part sur un maximum de 450 à 500 disparitions de postes, car une gestion prudente des effectifs a déjà été mise en place : l'Espace est produite par des salariés en contrats à durée déterminée, et plus de 200 départs volontaires pourraient intervenir avant la fin de 2002. Tous sont pourtant d'accord sur un point : Matra Automobile va devoir aller plus loin. " Nous avons pris la décision de développer notre activité d'ingénierie. Et, surtout, nous allons lancer un troisième véhicule ", détaille Jean-Louis Caussin. Matra est en dis- discussions avec deux constructeurs européens sur un projet qui pourrait être conclu dans les mois à venir. Commercialisé sous la marque du partenaire, ce véhicule sera produit à Romorantin, avec d'importants investissements à la clef. Car, si la M72 peut être assemblée dans l'usine existante, tout autre véhicule nécessitera la construction d'un atelier supplémentaire. " L'idée d'une nouvelle unité d'assemblage est vieille de dix ans. Mais elle est devenue une étape incontournable pour l'avenir de Matra Automobile ", estime Christophe Pessoa. Le constructeur de Romorantin est donc plus que jamais dans une période de transition. D'autant que des incertitudes pèsent aussi sur son actionnariat. Son propriétaire, le groupe Lagardère, doit préciser avant la fin de l'année comment il compte se désengager de l'automobile. Et, d'une introduction en Bourse à un accord avec un partenaire institutionnel ou industriel, toutes les solutions sont aujourd'hui envisagées.

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