Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Quotidien des Usines

AutomobileDELPHI JOUE SON ATOUT EN POLOGNEL'équipementier intensifie sa présence dans le deuxième pays de production d'automobiles en Europe centrale.

, ,

Publié le

Automobile

DELPHI JOUE SON ATOUT EN POLOGNE

L'équipementier intensifie sa présence dans le deuxième pays de production d'automobiles en Europe centrale.



Dans la longue plaine qui s'étend au pied des Carpates, au sud de Cracovie, le centre technique de Delphi semble tout droit sorti du Michigan. " Pourtant, ici, nous sommes dans le véritable "Jurassic Park", s'amuse Andrzej Orlowski, son directeur. Cette petite touche d'authenticité n'aurait pas laissé insensible le groupe américain à l'heure du choix de la nouvelle implantation de son centre. Mais, en décidant de renforcer sa présence en Pologne, le numéro 1 mondial des équipements de l'automobile est venu chasser un autre type de dinosaure : l'éternelle réduction de coûts. C'est cette logique qui l'a conduit, la semaine dernière encore, à confirmer le transfert de la production d'embrayages jusqu'ici effectuée aux Pays-Bas. Cette délocalisation, réalisée dans le cadre du plan de restructuration mondiale annoncé en début d'année, va s'accélérer. Les aides fiscales et le niveau des rémunérations rendent le pays attrayant : le salaire minimal est de 170 dollars, et celui d'un ingénieur plafonne à 500 dollars par mois. " Mais ce n'est pas la qualité essentielle du pays ", s'insurge Andrzej Orlowski, qui préfère mettre en avant la tradition séculaire de la culture scientifique. " Cracovie possède la première école informatique du pays ", insiste-t-il. Le bon niveau de formation est indéniable. Un an à peine après son ouverture, le centre de recherche compte 90 % d'ingénieurs locaux. Cette équipe de 80 personnes sera bientôt enrichie d'une cinquantaine d'ingénieurs de la division Delco Electric Systems, qui ouvre progressivement ses activités d'ingénierie software pour l'" injection essence ". Mais Cracovie restera d'abord le centre européen de recherche sur les amortisseurs, même si ses travaux portent aussi sur le développement de prototypes et les essais de moteurs ou d'intérieurs. D'ici à la fin de l'année, ses effectifs totaux passeront ainsi à 350 personnes. Maillon indispensable du dispositif des trente et un centres mondiaux de Delphi, qui travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre, " le centre de Cracovie est un appui technique primordial pour nos unités de production locales ", précise Tomasz Misniakiewicz, directeur financier de Delphi Poland.

150 millions de dollars d'investissement en cinq ans

Le maillage industriel polonais mis en place par l'équipementier s'est densifié au fil des contrats. Aujourd'hui, il repose sur six usines, dont celle de Gdansk, récupérée lors de l'achat de l'américain Eaton, en mars dernier. Pour la fabrication de radiateurs, de systèmes de ventilation, de suspensions, de câblages, d'éléments de châssis et de motorisation, Delphi a investi plus de 150 millions de dollars en cinq ans de présence.

L'équipementier a débarqué sur ces rivages slaves en 1995, pour suivre sa maison mère de l'époque, GM, qui y avait installé Opel. Sa première usine, établie à Jelesnia et spécialisée dans le câblage, est rapidement devenue fournisseur de Fiat, Volvo, Isuzu et DaimlerChrysler. L'implantation de Daewoo a assuré de nouveaux débouchés à l'américain. Les deux entreprises se connaissent bien. Elles ont créé un joint-venture en Corée, Daewoo Automotive Components. En Pologne, Delphi approvisionne son partenaire en amortisseurs, arbres de transmission, commutateurs. Pour lui, il a introduit dans son site d'Ostrow une unité de condenseurs pour les systèmes de conditionnement d'air, référencés sur les Renault VelSatis et Laguna II. Mais la maison mère de Daewoo est au bord de la faillite, et le dynamisme de sa filiale européenne s'en ressent. Deuxième constructeur polonais, Daewoo-FSO est contraint de réduire ses coûts de 30 %. L'onde de choc atteint Delphi. A Tychy, son site le plus récent, la production de demi-arbres de direction pour Daewoo est tombée à cinquante-sept unités par jour. Les autres clients de Delphi Poland traversent également une mauvaise passe. Fiat, numéro 1 en Pologne, a dû se résoudre à licencier 10 % de ses effectifs depuis le mois de février. Et Opel, avec une production de 99 200 voitures, ne tourne qu'aux deux tiers de sa capacité. L'usine de Tychy, un atelier vide destiné à l'origine au coréen, attend un nouveau client. La fermeture d'un site du groupe en Europe occidentale devrait prochainement lui apporter ce contrat tant attendu.

Des exportations en forte progression

L'atonie du marché polonais est due à la chute des ventes, qui se sont effondrées de plus de 40 % sur un an. Et, si la production est restée étale en 2000, à 653 000 voitures et 726 000 véhicules utilitaires, c'est grâce aux exportations. Pour autant, Delphi reste optimiste. Son chiffre d'affaires a augmenté de 38 % en 2000, confirmant la courbe ascendante depuis le démarrage de ses activités. " Il a été multiplié par dix en cinq ans, passant de 20 à 200 millions de dollars ", souligne Tomasz Misniakiewicz. Une progression due en partie aux exportations, dont la part a grimpé de 30 à 50 %. " L'objectif est d'atteindre 70 % ", précise le directeur financier. Ainsi, à Tychy, le portefeuille client a été modifié en ce sens. Les systèmes de transmission sont désormais vendus aussi à Toyota, pour être montés sur la Yaris, assemblée à Valenciennes. Les colonnes de direction, destinées au départ à Daewoo, pour la Lanos, et à Opel pour l'Astra, ont trouvé un nouveau client, Saab, pour la 9.3. L'usine exporte également à destination des autres sites de Delphi. Enfin, l'avenir même du groupe dans le pays ne semble pas en danger. Les investissements des constructeurs ne devraient pas fléchir. GM Powertrain, le joint-venture de Fiat et de GM, prévoit l'ouverture d'une usine de moteurs en septembre 2002. Et Toyota lancera son site de fabrication de boîtes de vitesses en avril. Ce qui pourrait le convaincre de localiser en Pologne la fabrication de sa voiture commune avec PSA, à l'instar de Fiat, qui a retenu ce pays comme unique centre de production de la Seicento, ou d'Opel pour l'Agila. Florence de Goldfiem







Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle