Automobile : Renault pourrait vendre son usine de setubal

Pour la construction de la remplaçante de la Clio, Renault aurait déjà arbitré en faveur de son usine de Revoz, en Slovénie, au détriment de l'unité portugaise.

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L'usine Renault de Setubal (Portugal) va-t-elle fermer? Depuis de longs mois, la question couvait. La rumeur d'une "cession programmée" de cette unité produisant des Clio s'amplifiait. L'hypothèse, aujourd'hui, n'est plus niée. Au siège du groupe, à Paris, on confirme que "cette éventualité est à l'étude". Officiellement, "aucune décision n'est encore prise". Cependant, les différents scénarios étudiés par Renault et communiqués aux autorités portugaises (qui sont actionnaires de Renault Portugesa à hauteur de 30% environ) ne laissent pratiquement plus aucun doute: tous conduisent à la fermeture, au plus tard en 1997. Tous, sauf un: celui qui prévoit une mise en production, à Setubal, de la X65, la future remplaçante de la Clio. L'ennui, c'est que cette possibilité ne serait même pas envisagée par le groupe au losange. A cela, une raison essentielle: Renault, comme la plupart de ses concurrents, cherche à développer ses implantations sur les marchés les plus porteurs à l'avenir, notamment l'Amérique latine, l'Asie et l'Europe de l'Est. Jusqu'à il y a deux ans, la Clio était produite dans quatre usines principales: Flins (France), Valladolid (Espagne), Haren (Belgique) et Setubal (Portugal). Depuis lors, celle de Revoz, en Slovénie, leur a été ajoutée. Or cette dernière (qui produit aussi des Supercinq) monte au détriment de Setubal. Ainsi, dans les prochains jours, l'unité va encore réduire sa production. Elle ne sortira plus que 110 à 120véhicules par jour, contre 160 à la fin de l'année passée, et 350 en 1992. De même, les effectifs sont passés, en deux ans, de 1500 à 760 personnes. Et des mesures de chômage technique sont annoncées. Une situation que l'Etat portugais n'admet pas. "Depuis 1980, si l'on compte la dotation initiale en capital, les investissements, les aides et avantages divers, nous avons financé Renault Setubal à 60%", calcule un porte-parole gouvernemental. Un chiffre que Renault conteste. Mais le gouvernement portugais menace de lui réclamer plus de 2milliards de francs d'indemnité. Logique politique contre logique industrielle. Il faudra bien trouver un compromis. La vente de l'usine à un autre constructeur désireux de s'implanter en Europe a déjà été envisagée. Une solution qui a l'avantage de maintenir une activité sur le site. Plusieurs coréens (sans doute Hyundai et Kia) sont ainsi en lice. Daniel Coué

USINE NOUVELLE N°2492

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