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Automobile : les constructeurs (et leurs usines) n'ont pas encore mangé leur pain noir

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Publié le , mis à jour le 04/12/2012 À 10H28

Analyse C'est le plus mauvais score depuis 15 ans pour le marché automobile français. En novembre, les ventes ont chuté de près de 20%. Une véritable descente aux enfers est amorcée pour les constructeurs français... et leurs usines.

Automobile : les constructeurs (et leurs usines) n'ont pas encore mangé leur pain noir © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

C’est une véritable purge à laquelle nous assistons sur le marché automobile européen et notamment français. Les dernières statistiques, livrées le 3 décembre par le CCFA, font état d’un recul de 19 % des ventes lors du mois de novembre. -33,5 % pour Renault, -22,9 % pour PSA : logiquement, les constructeurs français ne sont pas à la fête sur un marché qu’il détenait pour plus de 50 % il y a encore quelques années. D’ici la fin 2012, on estime que les ventes en France devraient atteindre péniblement les 1,9 million de véhicules vendus, ce qui sera sans discussion le plus mauvais score de la décennie

Pour un groupe comme PSA, une telle décrue représente 500 000 voitures vendues et donc produites en moins depuis 2007, comme le révélait Philippe Varin lors du congrès Automobile organisé par L'Usine Nouvelle mi-novembre. 500 000 voitures, cela veut dire que 3 usines de la taille d’Aulnay n’ont tout simplement plus de marché à livrer.
Vues de cette manière, les mesures d’ajustement prises par le groupe semblent justifiées à 100 %. On devrait plutôt se demander si elles seront suffisantes… Et là, tout dépendra du comportement du marché l’an prochain. En Europe, il ne devrait pas se redresser fortement. Au mieux, il fera la même (sous-)performance qu’en 2012. Dans leur plan de route, les professionnels de l’automobile que nous avons interrogés ont même indiqué qu’ils n’espéraient pas retrouver des niveaux de vente acceptable avant la fin de la décennie. Certains estiment que nous avons encore deux années difficiles à passer en Europe. Comme le confiait ce patron, « nous pensons que nous retrouvons les niveaux de vente de 2012 en 2015. »

La crise de l’automobile européenne est donc loin d’être terminée. Elle ne fait même que de commencer, notamment en ce qui concerne l’empreinte industrielle des constructeurs sur le Vieux Continent. PSA a été le premier à oser franchir le pas des fermetures d’usines. Ford l’a suivi, avec l’arrêt de son usine de Genk en Belgique. Il faut s’attendre à voir d’autres marques leur emboîtaient le pas. Opel et son site de Bochum ou Fiat et ses sites italiens sont clairement dans le viseur. Comme le soulignait une récente note de Fitch, ces restructurations industrielles sont une des clés de la « recovery » de l’automobile européenne. « Fitch estime que d’autres mesures seront inévitables car les fabricants font face à une surcapacité importante en Europe. L’utilisation des capacités demeure bien en deçà du seuil de rentabilité pour plusieurs groupes. » Qui a dit que l’automobile avait mangé son pain noir ?

Thibaut De Jaegher
Directeur de la rédaction

 

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1 commentaire

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05/12/2012 - 21h15 -

Non seulement il y a surcapacité mais il fallait ajouter qu’il y a un manque cruel d’offre de voitures innovantes de la part des constructeurs européens. Un seul constructeur innove : Toyota. Les allemands, malgré leurs annonces tapageuses et concepts présentés dans les salons qui ne connaissent par ailleurs aucune mise en production industrielle depuis plus de trois ans, il ne leur reste que les tableaux de bord bien ajustés sur des segments toujours vendus à prix d’or ou alors sous équipés mais chers aussi.
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