Automobile : l'emploi touché de plein fouet par la crise

Entre restructurations et ajustements des capacités de production, les licenciements et les mesures de chômage partiel s'emballent chez les constructeurs, qui se préparent à une année 2009 catastrophique. Les derniers plans en date chez Renault, PSA, Volk

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Automobile : l'emploi touché de plein fouet par la crise
Les ajustements des constructeurs automobiles à la crise économique s'emballent. En deux jours, Renault, General Motors, Chrysler, Volkswagen et Volvo ont annoncé des mesures de licenciements ou de chômage technique.

Les problèmes étant différents des deux côtés de l'Atlantique, l'adaptation des constructeurs ne prend pas les mêmes formes en Europe et aux Etats-Unis. Là bas, GM et Chrysler sont en grande difficulté financière. Pour faire face, les constructeurs procèdent à des restructurations, des cessions d'actifs, des licenciements secs et des plans de départs volontaires.

Restructurations aux Etats-Unis

Ainsi General Motors a annoncé jeudi 23 octobre qu'il prévoyait des licenciements secs à partir de fin 2008 et début 2009, sans donner de chiffres, car son programme de départs volontaires ne suffit plus à endiguer ses pertes (66 milliards de dollars depuis 2005). Le PDG affirme qu'il va avoir besoin de réduire la force de travail « bien plus que prévu ». En outre, GM a l'intention de suspendre son plan d'épargne salariale. En l'absence d'un système de sécurité sociale aux Etats-Unis, les Big Three dépensent une somme non négligeable en prestations sociales, même si les accords récents négociés avec les syndicats ont réduit les avantages accordés aux salariés. Les engagements de GM en matière de retraites dépasseraient aujourd'hui la valorisation boursière de la société.

GM envisage par ailleurs de céder sa division de pièces de rechange présente dans 100 pays, ACDelco, après s'être séparé de Hummer. La cession de l'entreprise, qui emploie 600 collaborateurs, a été confiée à Merrill Lynch. Le constructeur poursuit également ses négociations relatives à l'acquisition de Chrysler. General Motors a pour objectif d'économiser 15 milliards de dollars d'ici à la fin 2009.

Chrysler, lui, fermera plus rapidement que prévu une usine dans le Delaware aux Etats-Unis, qui emploie environ 1.000 personnes, et va supprimer d'ici à la fin de l'année une équipe dans une usine d'assemblage dans l'Ohio, ce qui touchera 825 postes sur 2.100. L'usine du Delaware fabrique des 4x4 de marques Dodge et Chrysler. Quant à un éventuel rapprochement avec Renault, Patrick Pelata, directeur général délégué de Renault, a démenti toute négociation avec quelque constructeur américain que ce soit.

Ajustements en Europe

En Europe, le secteur automobile résiste pour l'instant mieux qu'aux Etats-Unis, et les ajustements s'en tiennent surtout à des réductions de capacité pour limiter la croissance des stocks, même si les plans de licenciements ont déjà provoqué quelques épisodes douloureux. Notamment chez Renault, qui en jonglant entre départs volontaires et à la retraite va sabrer 6.000 emplois d'ici au printemps prochain. Renault, qui a décidé de mettre ses sites du Mans, de Douai, Cléon, Flins et Maubeuge à l'arrêt, partiellement ou en totalité, pour une à deux semaines. Objectif : ramener les stocks, qui ont atteint 6,5 milliards d'euros en valeur, aux niveaux de fin 2007 (5,9 milliards d'euros) d'ici à la fin décembre.

PSA mettra lui aussi en place des mesures de chômage technique au quatrième trimestre, dans le but de réduire sa production de 30 %. Les sites de Mulhouse, Sochaux, Hordain Sevelnord et Rennes en France, Madrid et Vigo en Espagne, Trnava en Slovaquie, et Kolin en République Tchèque seront mis au chômage partiel dans les prochaines semaines. Le groupe cherche, comme Renault, à revenir à ses niveaux de stocks de fin 2007. Il anticipe un recul de 17 % du marché en Europe de l'Ouest sur le quatrième trimestre.

Volkswagen, lui aussi contraint de contenir l'augmentation de ses stocks, est sur le point de licencier tout ou partie de ses effectifs intérimaires, soit 25.000 personnes au maximum. Augmentation des coûts et baisse des ventes sont les raisons invoquées par le groupe allemand pour réduire ses capacités et ses investissements. Il faut croire que Volkswagen est moins optimiste que les marchés boursiers à son égard. Ses ventes ont pourtant progressé de 3,9 % sur les neuf premiers mois de l'année et le groupe confirme ses objectifs de ventes pour 2008, mais les perspectives pour l'année prochaine « n'ont jamais été aussi mauvaises et incertaines », d'après la direction.

En 2009, le cabinet de conseil CSM Worldwide s'attend à une évolution des ventes dans le monde comprise entre un recul de 5 % et une hausse de 3 %. Pour ce qui est de la fin de l'année 2008, Renault, Fiat et Daimler ont d'ores et déjà annoncé qu'ils ne tiendraient pas leurs objectifs financiers.

Raphaële Karayan

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Chômage partiel : de quoi parle-t-on ?

Le chômage technique est le dispositif d'indemnisation des salariés en cas de réduction du temps de travail en-dessous de 35 heures, qu'il s'agisse d'une réduction partielle de l'activité (on passe de 35 à 30 heures par exemple) ou de l'arrêt complet de l'activité de l'entreprise (un site de production est fermé pour un temps donné en raison d'intempéries ou d'une contraction de la demande).

Dans ce cas, le contrat de travail n'est pas rompu entre l'employeur et l'employé, il continue. « Le système d'indemnisation du chômage partiel permet de gérer une baisse d'activité ponctuelle, limitée dans le temps », indique l'Assedic sur son site Internet.

L'employeur verse alors aux salariés une indemnité de chômage partiel dont le montant est défini par accord d'entreprise, après accord de la direction départementale du travail. L'employeur est ensuite remboursé par l'Etat. La durée de ce dispositif ne peut excéder 28 jours. Au-delà de ces 28 jours, on entre dans le régime du chômage partiel total. Pendant 6 mois, le salarié peut percevoir les allocations chômage, sans que son contrat de travail ne soit rompu. En pratique, le salarié n'est pas obligé de rechercher un emploi, ni de se soumettre aux obligations du chômeur suite à un licenciement.

Christophe Bys

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