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L'Usine Auto

Automobile : Alliance PSA-GM, le flou artistique

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Enquête Six mois après l'annonce de leur rapprochement, le climat s'est tendu entre les deux partenaires. Des doutes subsistent à propos de la production en commun de nouveaux véhicules. Seuls les volets logistique et achat sont quasiment finalisés.

L'alliance entre PSA Peugeot Citroën et General Motors (GM) devait apporter une bouffée d'air au français. Six mois après sa conclusion, ce partenariat stratégique provoque surtout des sueurs froides aux équipes de PSA. Deux des trois volets, la logistique et les achats, sont bien avancés. En juillet, Gefco, la filiale de PSA, a annoncé la reprise de l'activité logistique de GM en Europe, Russie et Turquie comprises. Dans les prochaines semaines, les deux partenaires vont mutualiser leurs achats à travers un joint-venture dont la création est imminente.

Mais sur le coeur de l'alliance, la conception commune de véhicules pour un début de production courant 2016, le périmètre définitif et les compétences de chacun restent extrêmement flous. Dès le printemps, la presse allemande annonçait une production commune entre Opel et PSA. Depuis, l'allemand a indiqué ne pas faire partie de l'alliance. Des sources proches des négociations indiquent que c'est la marque Chevrolet qui pourrait travailler avec le français. Une information cependant démentie par PSA.

L'accord signé le 29 février prévoit que des groupes de travail étudieront la conception commune de véhicules de petite et moyenne taille, de monospaces, de crossovers et d'une plate-forme pour des véhicules propres. Différents organes (moteurs, boîtes de vitesses...) sont aussi concernés par l'accord. Depuis, les deux groupes sont muets. Impossible de connaître le nombre exact de groupes de travail, mais il semblerait que les sujets étudiés débordent le cadre initial. L'ambiance entre les deux constructeurs se serait dégradée et les négociations seraient tendues depuis quelques semaines.

 

Isolement

Le rapprochement avec GM peut-il sortir PSA de l'ornière ? Certains en doute, au vu des premières conséquences concrètes. Cette alliance est en train de balayer les autres coopérations que PSA avait nouées. BMW a repris à son compte BMW Peugeot Citroën Electrification (BPCE), le joint-venture monté pour travailler sur les composants électriques et hybrides. Trois cents postes de production devaient être créés sur le site PSA de Mulhouse (Haut-Rhin) pour BPCE. Ils sont abandonnés.

Les ingénieurs de PSA impliqués dans la coentreprise ont aussi dû s'adapter à cette nouvelle situation. « Les équipes qui étaient parties en Allemagne ont deux solutions dans leurs contrats : rentrer ou rester travailler en Allemagne. Beaucoup choisissent de rester, se désole un ingénieur de PSA. Quant aux équipes de soutien au projet, installées à Vélizy dans les Yvelines, elles sont sans travail depuis des semaines. »

S'il n'a pas été officiellement arrêté, le partenariat avec Mitsubishi a lui aussi du plomb dans l'aile. Il porte sur la fourniture de véhicules électriques et la production commune de SUV et de petits modèles citadins. Cet été, le constructeur japonais a stoppé la fourniture de véhicules électriques, soi-disant pour des raisons commerciales. En fait, les compétences de GM sur les technologies hybrides et électriques, mais aussi son savoir-faire en matière de SUV sont en concurrence frontale avec celles de Mitsubishi.

Enfin l'ombre de l'américain aurait aussi largement plané sur l'arrêt des ventes en Iran. Depuis le début de l'année, PSA n'écoule plus aucune voiture sur place, se privant ainsi de 400 000 ventes par an ! Isolé, PSA se rend de plus en plus dépendant de GM. Dans les rangs du constructeur français, notamment dans sa branche R et D, on se demande ce que l'américain a réellement à offrir, aussi bien dans les technologies que sur le volet industriel.

« PSA va devenir un sous-traitant de GM pour des véhicules non rentables, en R et D comme en production, et GM va imposer ses standards », craint un ingénieur du site de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine). Certains cadres remettent en cause les gains sur le développement commun de plates-formes et d'organes. « Sur le projet de boîte automatique, nous avions six à huit mois de retard par rapport à GM. Notre travail a donc été abandonné, explique un ingénieur de Vélizy. Mais pour intégrer la boîte de GM dans nos voitures, il faudra casser l'architecture du capot. Les économies réalisées sur la phase d'études seront perdues !

 

Rumeurs

L'inquiétude gagne aussi les usines, après les rumeurs de transfert de production de modèles Peugeot et Citroën vers des sites Opel en Allemagne. Le sort des sites d'assemblage français dépend grandement des conclusions rendues par les groupes de travail. PSA possède des compétences importantes sur les plates-formes de segments B et C (petite et moyenne taille), ce qui pourrait assurer l'avenir des usines de Sochaux (Doubs), de Mulhouse comme de Poissy (Yvelines).

Mais c'est sur l'usine de Rennes-La-Janais (Ille-et-Vilaine) que pèsent les plus grandes interrogations. Les Citroën C5 et C6 et la Peugeot 508 sortent des chaînes bretonnes. Or, le savoir-faire de GM en matière de grandes plates-formes est indéniable. Les usines d'organes sont, elles, moins directement menacées, les compétences de PSA sur les motorisations diesel, par exemple, n'étant plus à démontrer. Ce qui provoque quelques grincements de dents du côté de la R et D. « PSA apporte beaucoup techniquement, par rapport à ce qu'il en retire », résume un ingénieur de Vélizy.

C'est peu dire si les conclusions des groupes de travail, prévues pour la fin octobre, sont attendues par les salariés. Mais il n'est pas certain qu'à cette date ils auront une vision claire du Meccano industriel que veulent mettre en place Dan Akerson, le PDG de GM, et Philippe Varin, le président du directoire de PSA.

CHEVROLET PLUTÔT QU'OPEL ?

Qui sera le partenaire privilégié de PSA en Europe ? Les regards se tournaient naturellement vers Opel. Mais sa présence dans le périmètre de l'alliance PSA-GM vient d'être écartée par les deux partenaires. Une nouvelle voie pourrait conduire à Chevrolet. Selon des sources proches du dossier, le français pourrait utiliser des plates-formes de la marque globale du constructeur américain. Ce rapprochement serait bénéfique pour PSA. Chevrolet bénéficie d'une bonne implantation dans les pays à forte croissance et réalise d'importantes marges grâce à des plates-formes rentabilisées. Il dispose d'usines en Corée du Sud et en Russie. Il pourrait se reposer sur PSA pour l'Europe de l'Ouest, le groupe français lui offrant une complémentarité géographique en termes commerciaux et industriels. Encore faudrait-il que le groupe français obtienne la production sur ses sites hexagonaux d'un modèle commun.

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