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Quotidien des Usines

Automatisation, flexibilité et valeur ajoutée, trois atouts gagnants

Publié le

Du groupe structuré à la PMI, la nécessité de choisir ses marchés, ses technologies et de réorganiser sa production en conséquence s'impose de plus en plus.

Les sous-traitants de l'électronique se spécialisent à marche forcée. Et ils s'industrialisent, s'automatisent, se robotisent. La rapidité de l'évolution des technologies, tant dans les composants eux-mêmes que dans les procédés de montage et de test, a entraîné des fractionnements et des reclassements. Le secteur est en constante effervescence. Cofidur restructure son outil de production, Solectron, comme Alsace Dempa, délocalise une partie de ses fabrications, Erim se développe dans les hautes technologies. Du groupe structuré à la PMI, la nécessité de choisir ses marchés et ses technologies s'impose de plus en plus. Et les stratégies de spécialisation se définissent selon trois axes principaux : les cartes et appareils à forte valeur ajoutée, les produits à courte durée de vie et les hautes technologies.

Le sous-traitant devient acteur

" Les clients nous demandent de plus en plus des propositions industrielles concrètes ", remarque Daniel Thauvin, directeur commercial du groupe Cofidur, l'un des leaders français, avec 760 millions de francs de chiffre d'affaires réalisés dans la sous-traitance (90 % du chiffre d'affaires total). Le sous-traitant devient presque un " équipementier ", comme le note Daniel Thauvin. Ce qui l'amène à participer aux projets dès l'élaboration du cahier des charges. D'où la restructuration en cours chez Cofidur. Une réorganisation destinée à mieux mobiliser les potentiels répartis dans les différentes filiales, de " trouver des synergies ", au lieu de l'approche en ordre dispersé, comme c'était le cas auparavant. Chaque filiale a été clairement repositionnée sur un " métier " précis : petites, moyennes et grandes séries, assemblage, ou encore intégration de systèmes. Chez Solectron France, un autre poids lourd du secteur, avec 1,4 milliard de francs de chiffre d'affaires, la démarche est semblable. La fi- liale du groupe américain Solectron, coleader mondial (avec SCI) de la sous-traitance en électronique, a créé un bureau d'études dès son implantation dans l'Hexagone. Outre la conception de nouveaux produits, il s'intéresse de très près aux nouvelles technologies, comme les boîtiers à microbilles (BGA) ou les composants montés tête-bêche (" flip-chip "). " Nous travaillons le plus en amont possible avec les donneurs d'ordres ", expose Jean-Pierre Mollet, son P-DG. L'entreprise intervient à tous les stades du développement d'un produit : préétudes, prototypes, essais, préséries " Nous arrivons ainsi à optimiser nos processus de fabrication, avec des gains de 30 à 50 % ", révèle Jean-Pierre Mollet. Et cela peut aller jusqu'au suivi du produit en clientèle, selon différentes formules, après-vente ou maintenance. Même principe chez Erim, un ensemble de quatre PME qui réalisent un chiffre d'affaires de 35 millions de francs, dont un tiers en sous-traitance. Erim travaille notamment avec de grands groupes de l'électronique et des télécommunications, pour lesquels il réalise prototypes et préséries. " Ensuite, la production est reprise chez eux ", explique Yves Bourdon, le P-DG. Erim a dû en outre se structurer pour intervenir en tant que conseil. " Car nos clients ne sont pas tous électroniciens, loin s'en faut ! " Mais recherche-développement et bureaux d'études ne se rentabilisent, au final, que dans la valeur ajoutée des produits fabriqués. Or les affaires décrochées ne comptent pas que des cartes complexes. Les sous-traitants eux-mêmes tendent donc à prendre l'initiative de la délocalisation des productions les plus simples. " En France, nous assurons le lancement des nouveaux produits, assure Jean-Pierre Mollet. Ensuite, quand il y a opportunité à le faire, la production est dirigée vers l'une des autres unités de fabrication du groupe, dans un pays (Malaisie, Chine) où la main-d'oeuvre est moins chère. "

Avoir une parfaite réactivité

La politique de la PME française Alsace Dempa (voir encadré ci-contre) n'est pas différente. " Vous ne pouvez pas délocaliser la production de cartes que vous ne connaissez pas, souligne Frédéric Brunner, son P-DG. Nous n'envisageons cette solution que lorsque le produit est stabilisé chez nous, lorsqu'il a été entièrement mis au point. Et seulement pour de grosses quantités, de l'ordre de 5 000 à 10 000 pièces. " Plutôt, donc, pour des fabrications à relativement long terme. Pas facile, en effet, de délocaliser la production de cartes à faible durée de vie ! Et pas seulement pour des problèmes de logistique. L'évolution des technologies est telle, notamment dans les marchés émergents, comme la radiotéléphonie, qu'elle exige souvent une parfaite réactivité, et une absolue proximité entre concepteur et producteur. Du coup, certains sous-traitants s'en sont fait une spécialité. Et doivent être capables de réactualiser très rapidemment les produits. Cette " osmose industrielle " permet de réagir au plus vite sur le marché. Pour donner un exemple, la durée de " vie " d'un terminal GSM est aujourd'hui inférieure à un an. Solectron a donc construit son outil industriel dans cette optique. L'organisation par lignes de production permet notamment de réduire les dé- lais de " mutation " entre deux cartes. Mais, pour ce faire, les services achats sont soumis à rude épreuve. Trouver certains composants dans des délais réduits relève parfois de la magie. Et attention aux prix ! Certaines pénuries n'étant pas toujours naturelles , beaucoup de sous-traitants cherchent à court-circuiter les réseaux de distribution afin de " remonter à la source ". Quitte à se grouper pour être plus " lourds ". Initiative originale, une Bourse d'échange de composants, baptisée Net-Tronic, vient de voir le jour sur Internet, sous la coupe du Snese (Syndicat national des entreprises de sous-traitance en électronique). Les technologies de pointe constituent le troisième axe de spécialisation suivi par les sous-traitants. " Dans le haut de gamme, le temps de production n'est pas aussi fondamental que pour les grandes séries ", estime Yves Bourdon. Des ateliers d'Erim Production (voir encadré ci-dessus) sortent quelque 1 000 à 1 500 cartes électroniques complexes par mois. Depuis sa spécialisation dans le très haut de gamme, son outil de travail a évolué, tout comme la manière de s'en servir. Sur les machines de report, de soudage et de test, ce n'est plus la cadence qui est privilégiée, mais la qualité. En particulier pour le positionnement des puces. " Chez nous, les contrôles représentent plus de 20 % du coût de production, calcule Yves Bourdon. Nous sommes très attentifs à l'exactitude de placement des composants. " La recette des high-tech est donc toujours aussi prisée. D'autant que, dans l'électronique, elle n'est pas forcément synonyme d'investissements lourds et de " taille critique ". Et, comme le fait remarquer Frédéric Brunner, " pour les produits de haute technologie, les clients ne cherchent pas à faire des économies à tout prix ".



Alsace Dempa

Spécialité Cartes électroniques pour l'électroménager et la bureautique.

Chiffre d'affaires 20 millions de francs.

Implantation Burnhaupt-le-Haut (Haut-Rhin).

Spécialisation et délocalisation

Sa spécialisation, Alsace Dempa (filiale du groupe japonais Dempa) ne l'a pas tout à fait choisie. " Nous nous sommes tout simplement conformés à la demande locale ", confie Frédéric Brunner, le P-DG. De fait, Alsace Dempa s'est presque naturellement retrouvée fournisseur des constructeurs de photocopieurs Ricoh et Sharp, implantés dans la région. Et, progressivement, elle s'est fait une spécialité des cartes électroniques pour la bureautique et l'électroménager. Ce qui va l'amener à investir en 1998 dans la pose de composants CMS, " pour suivre l'évolution technique ". La firme vient en outre de prendre la moitié des parts dans un sous-traitant hongrois, Orion. Si les cartes les plus complexes et les plus riches en valeur seront toujours réalisées en Alsace, les plus traditionnelles seront délocalisées.

Erim Production

Spécialité Cartes électroniques complexes en séries courtes.

Chiffre d'affaires 12 millions de francs.

Implantation Béligneux (Ain).

Privilégier la qualité

Erim Production a préféré la qualité plutôt que le débit. Elle n'en produit pas moins 15 000 cartes électroniques par an, qui sont le coeur de PC industriels de haut de gamme. Mais toujours en petites séries (vingt-cinq à cinquante pièces) ou en moyennes séries (jusqu'à cinq cents unités). Implantée dans l'Ain, cette filiale d'Erim, créée en 1975, faisait de la sous-traitance classique en électronique. " Depuis son intégration dans le groupe, il y a cinq ans, nous l'avons réorientée vers la fabrication de produits complexes ", relate Yves Bourdon, le P-DG. La machine de report de composants est munie de systèmes de contrôle permettant de réduire au minimum les défauts. Elle n'est pourtant pas plus complexe qu'une machine traditionnelle à haute vitesse. Son prix est même d'un tiers plus faible. Ce qui permet d'investir malin. Dès l'année prochaine, de nouveaux équipements du même type vont être installés chez Erim.

USINE NOUVELLE N°2618

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