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Austérité sauce anglaise

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Austérité sauce anglaise © LaertesCTB - Flickr - C.C.

Les entreprises citées

S’il n’en reste qu’un, ce sera lui. Ou plutôt eux deux. Dans le débat stérile opposant croissance et austérité en Europe, le numéro un britannique, David Cameron, et le chancelier de l’Échiquier, George Osborne, ont choisi leur camp. Depuis leur arrivée au pouvoir en mai 2010, ces duettistes conservateurs n’ont pas plus dévié de leur ligne d’extrême rigueur que Churchill ne faiblît sous les bombes. À la différence de tant d’autres en Europe, ils assument !

Pour ceux qui en douteraient, David Cameron a remis les choses au clair à quelques jours de la présentation du budget par George Osborne, le 20 mars. Vincent Cable, secrétaire d’État à l’Économie et figure du Parti libéral démocrate (le "junior partner" au sein de la coalition), a souhaité que le gouvernement desserre l’étau budgétaire et, pourquoi pas, relance l’investissement public ou les dépenses d’éducation. Mais il a été rabroué. Cette idée est pourtant partagée par les travaillistes, bien sûr, mais aussi l’aile droite du Parti conservateur. Le respecté Lord Heseltine, 79 ans, le tombeur de Maggie Thatcher, disait à peu près la même chose dans son rapport de novembre (une sorte de rapport Gallois), qui prônait un soutien accru aux initiatives locales et plus de dépenses d’infrastructures, dont les aéroports. Mais le Premier ministre n’en démord pas : "L’arbre à argent" n’existe pas.

Keynes, tout Britannique qu’il ait été, ne figure pas au panthéon de David Cameron. Pour ce néothatchérien, il n’y a pas d’autres d’option que celle, rigoriste, du "Plan A", et l’austérité pourrait durer une décennie. Objectif : réduire de 6 points de PIB les dépenses publiques de 2010 à 2017 pour atteindre 39%. C’est, il en est persuadé, le seul moyen de redonner de sa grandeur à Albion. À quoi s’ajoute le projet chimérique de renégocier la place du royaume dans l’Europe, ce qui, pour l’heure, lui fait perdre à Bruxelles, arbitrage après arbitrage.

Certes, l’économie britannique vaut mieux que la caricature qu’on en fait souvent sur le continent. Le chômage reste étonnamment bas, à 7,8%, et la production automobile (1,46 million de véhicules) a bondi de 9% l’an passé ! Sans parler de la City qui, en dépit des scandales, retrouve son lustre. Pourtant à Londres, on craint un "triple dip" après les mauvaises performances de 2012 : l’économie a stagné, affichant un déficit budgétaire de 6,3% et une dette de 95%, digne d’un pays périphérique. En fait, comme aux États-Unis et au Japon, la politique monétaire, avec son cortège de "quantitative easing" et de livre faiblarde, est vue par le pouvoir comme l’arme de dernier recours. À Londres, le futur gouverneur de la Banque centrale, le Canadien Mark Carney, qui arrivera en juin, est attendu comme le messie.

Pierre-Olivier Rouaud

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1 commentaire

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17/03/2013 - 18h11 -

Chomage 7.8% ? Selon la respectée Rowntree Foundation, 50% des enfants britanniques vivront dans des foyers au dessous du seuil de pauvreté d'ici 2020.
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