Auplata voudrait miner les Bitcoin pour mieux miner l’or

Le producteur d’or français Auplata a annoncé en janvier l’étude d’un projet d’Initial Coin Offering (ICO). Cette méthode de levée de fonds consiste à émettre des actifs numériques, appelés tokens (en français jetons), échangeables contre des crypto-monnaies. Alors que la volatilité de ces monnaies virtuelles s’envole, Didier Tamagno, président directeur général d’Auplata, revient sur ce projet d’ICO.

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Auplata voudrait miner les Bitcoin pour mieux miner l’or
Une levée de fonds en Bitcoin permettrait à Auplata de finaliser le financement de ses usines de cyanuration de l'or en Guyane (ici l'unité-pilote) et de financer sa croissance externe.

Auplata est déjà coté en Bourse. Qu’est-ce qui vous a amené à étudier une levée de fonds en crypto-monnaies ?
Ce projet a deux objectifs. Le premier est d’établir un lien entre les crypto-monnaies, virtuelles, et la valeur standard et refuge depuis des siècles qu’est l’or. Le deuxième, c’est de répondre à nos besoins financiers actuels. D’une part pour finaliser nos projets d’usines de cyanuration en Guyane, bien qu’ils soient quasiment bouclés, d’autre part pour financer notre développement par croissance externe et œuvrer à la valorisation de nos titres miniers, qui sont largement sous-évalués dans notre bilan. Nous avons mis en place fin octobre un système d’Odirnane (Obligation à durée indéterminée à option de remboursement en numéraire et/ou en actions nouvelles et/ou existantes, Ndlr) qui nous permet de lever des fonds, mais qui a pour conséquence une dilution de nos actionnaires. La valorisation d’un actif minier coûte cher, il faut faire des études de faisabilité, il faut déclarer des réserves… Au vu de ces besoins de financements importants et dans l’attente du démarrage de nos unités de cyanuration qui vont générer de la trésorerie, nous avons donc cherché un levier financier qui éviterait justement cette dilution, d’où l’idée de cette ICO basée sur les bitcoin et les token.

Quels sites pourraient bénéficier de cette ICO ?
Nous avons des activités en Côte d’Ivoire et au Maroc, mais ce projet est essentiellement centré sur la Guyane, où nos intérêts participatifs sont soit à 100 %, soit majoritaires. Surtout, nous avons là-bas une base de données géologiques incroyablement fournie, puisque notre société y exploite l’or depuis quinze ans. Nous avons également racheté des bases de données de sites qui étaient exploités précédemment par d’autres sociétés, ce qui représente une trentaine d’années de données. C’est l’ensemble de ces données qui fait la richesse de notre entreprise. Nous avons missionné le cabinet Sofreco pour réaliser d’ici fin mars un audit de toutes ces données géologiques, qui sont l’une des richesses de notre entreprise. Désormais, nous cherchons des leviers financiers pour mettre tout ça en musique.

Les monnaies virtuelles ont beaucoup fait parler d’elles ces deux derniers mois : vol de 430 millions d’euros sur la plate-forme d’échange japonaise Coincheck, fortes chutes de la valeur du Bitcoin et des autres crypto-monnaies, durcissements réglementaires… L’éclatement d’une bulle est évoqué. Envisagez-vous de changer de stratégie ?
Nous sommes dans une phase préliminaire concernant ce projet d’ICO, dont nous étudions tous les paramètres avant de prendre une décision finale. L’idée nous séduit fortement, mais évidemment nous étudions tous les freins qui pourraient apparaître, y compris réglementaires au niveau de l’Autorité des marchés financiers. Peu de sociétés cotées en Bourse s’intéressent aux ICO. En cas de validation de ce projet, nous serons en contact avec l’AMF pour valider notre opération.

La bourse israélienne du diamant, Ramat Gan, a annoncé le 7 février le lancement en mai prochain de sa propre crypto-monnaie, le Carat, qui sera indexée sur la valeur du diamant. Est-ce qu’on peut imaginer une crypto-monnaie spécifique, dédiée à l’or ?
Ce serait idéal pour nous. Est-ce que ça pourrait partir de notre initiative ? Difficile de répondre aujourd’hui. C’est l’idée de départ, même si nous nous sommes basés pour cette étude d’ICO sur les crypto-monnaies déjà existantes.

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