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L'Usine Agro

"Aujourd’hui, nos concurrents ne sont plus chinois ou brésiliens, ils sont Européens !", rappelle le patron du syndicat de l’industrie agroalimentaire

Gaëlle Fleitour , ,

Publié le

Entretien Les Etats généraux de l'alimentation pourront-ils régler la question du prix entre producteurs, industriels et la grande distribution ? Et comment répondre aux attentes parfois contradictoires du consommateur ? Jean-Philippe Girard, le président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), s'est confié à L’Usine Nouvelle.

Aujourd’hui, nos concurrents ne sont plus chinois ou brésiliens, ils sont Européens !, rappelle le patron du syndicat de l’industrie agroalimentaire © DR.

Les entreprises citées

L'Usine Nouvelle - Qu’attendez-vous des Etats généraux de l’alimentation ?

Jean-Philippe Girard - Nous voudrions que ce soit un rendez-vous stratégique. Car l’alimentation est une filière stratégique pour la France avec 2,5 millions d'emplois (soit 17 % de l’emploi total en France) et 650 milliards de chiffre d’affaires si l’on inclut l’agriculture, l’agroalimentaire et la distribution, un excédent commercial positif. L'organisation et les rapports au sein de la filière, nous le savons, ne sont pas satisfaisants et actuellement nous détruisons plus de valeur que nous n'en créons. Depuis 2007, le taux de marge des industries alimentaires a reculé de près de 4 points. L’agriculture souffre et la distribution poursuit la guerre des prix. Les Etats généraux de l’alimentation doivent permettre de recréer de la valeur tout au long de la filière, dans l’intérêt du consommateur, pour regagner la confiance de chacun.

Et les négociations tripartites, que proposait Stéphane Le Foll ?

J’ai été surpris par cette proposition : elle n’a de sens que si les trois parties s’engagent ! Cela crispe les acteurs et ne répond pas aux problèmes de la crise agricole. Une piste intéressante est la contractualisation. Il faut tenir compte d’un élément très nouveau : la hausse de la valeur des matières premières et leur grande volatilité. D’où l’intérêt de travailler ensemble pour la maîtriser.

A lire aussi : la première partie de l’interview

Comment arriver au fameux "juste" prix ?

C’est plutôt le prix juste et le prix acceptable. J’ai créé mon entreprise il y a trente ans. A l’époque la volatilité du blé était d’un euro par an. Aujourd'hui, son cours mondial peut passer de +40 % à -60% ! On doit réfléchir à des systèmes assurantiels, des contrats de filières qui doivent être plus responsables, avec une fiscalité allégée car aujourd’hui elle s'inscrit à un niveau sans précédent et fait de la France une triste exception européenne en la matière.

Il faut profiter des Etats généraux pour nous attaquer aux freins à la compétitivité de la filière. Aujourd’hui, nos concurrents ne sont plus chinois ou brésiliens, ils sont européens. Or la France réussit dans l’innovation, la montée en gamme, l’exportation : elle dispose d’un vrai savoir-faire dans la production animale et végétale, et compte des leaders en transformation des matières premières et en distribution.

Les initiatives comme "C’est qui le patron", qui court-circuitent les industriels, cela vous fait peur ?

On évoque souvent l’évolution des canaux de distribution, le développement des circuits courts… Il n’y en a pas un qui doit être privilégié par rapport aux autres. Si on met en parallèle l’intérêt des acteurs et du consommateur, on trouvera une voie de sortie. Même si ces initiatives vont se multiplier car le consommateur veut plus de transparence, de qualité, d‘offre et en même temps un prix juste. Il nous dit tout ce qu’il veut.

Quitte à être contradictoire parfois?

C’est vrai que le consommateur est sollicité en permanence autour du prix, mais à nous de trouver ce bon équilibre. Il dit qu’il est prêt à payer pour plus de qualité et à soutenir l’agriculture qui est en souffrance.A nous aussi de le rassurer en lui ouvrant nos portes : nous avons perdu une partie de sa confiance alors que nous avons un des meilleurs niveaux de sécurité sanitaire au monde ! L’étiquetage de l’origine des viandes et du lait dans les plats cuisinés, par exemple  ne résoudra pas la crise agricole, mais répond à une attente du consommateur. Et il faut sanctionner toute entreprise qui triche ou fraude. Sans transiger non plus sur la qualité malgré la guerre des prix. Nous souhaitons modifier la loi LME, qui est beaucoup trop complexe et inadaptée à notre filière alimentaire. Elle a été créée en 2008 pour éviter l’inflation, or nous sommes aujourd’hui en pleine déflation.

Propos recueillis par Gaëlle Fleitour

 

 [IS2]3e secteur en termes de solde commercial, avec un excédent autour de 6 milliards d’euros (en intégrant l’amont) en 2016.

 [IS3] 10% d’impôts sur la production et +13% de charges sociales depuis 2010

 

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