Augmentations de salaires: de plus en plus de disparités entre entreprises

L’enquête annuelle du cabinet Aon Hewitt prévoit de faibles progressions salariales en 2016 et de plus en plus de disparités entre les entreprises.

Partager

Plus qu’avant, les augmentations de salaire dans l’automobile seront corrélées, en 2016, aux résultats de l’entreprise. C’est une des conclusions de l’enquête annuelle du cabinet Aon Hewitt. "Entre équipementiers et constructeurs, entreprises installées uniquement en France ou dans le monde entier, les hausses de salaire prévues oscillent de 1 à 3%", détaille Vincent Cornet, conseil en rémunération au sein d’Aon Hewitt. Même disparité dans les nouvelles technologies : "Dans les SSII (devenues ESN), où la pression sur les prix est très forte, les évolutions salariales seront contenues, alors que dans certaines entreprises à la pointe des nouvelles technologies numériques, les hausses pourront être supérieures à 4 ou 5%."

Des écarts beaucoup plus forts qu'il y a quelques années

L’ensemble de l’étude, menée auprès de 390 entreprises installées en France en juillet 2015, montre un accroissement des disparités entre entreprises. "Les écarts-types entre les augmentations prévues en 2016 sont beaucoup plus forts qu’il y a trois ou quatre ans, notamment en raison de l’exposition de plus en plus fréquente à la concurrence internationale d’un côté, et de la course aux nouvelles technologies de l’autre", commente Vincent Cornet, qui voit en France "le développement d’une économie à plusieurs vitesses".

Le facteur le plus discriminant est la localisation. Les entreprises ayant leur siège en France prévoient une augmentation des salaires de 1,8% en 2016, alors que les entreprises étrangères possédant une ou plusieurs implantations en France projettent des hausses de 2,5%. A 0,1% près, aucune discrimination n’est relevée, dans cette enquête, entre catégories socio-professionnelles.

Un souci d'attractivité pour les DRH

En moyenne, l’augmentation prévue l’an prochain est de 2,4%, en baisse de 0,2 point par rapport aux prévisions faites en 2014 pour 2015. Il s’agit du taux le plus faible jamais enregistré par le cabinet en trente ans d’enquêtes. Mais vu les fortes disparités, Aon Hewitt appelle à "relativiser les chiffres moyens". C’est pourtant en fonction de ceux-ci que les DRH décideront leurs augmentations l’an prochain, leur préoccupation numéro un reposant sur l’attractivité de leur entreprise pour les talents que tous s’arrachent.

Cécile Maillard

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS