Auchan se lance, Carrefour lève le pied

Carrefour investira 30 à 40 % de moins que prévu dans l'e-business, tandis qu'Auchan met ses chariots en ligne.

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Auchan se lance, Carrefour lève le pied

Le numéro 2 mondial Carrefour, qui avait prévu d'investir 1 milliard d'euros dans l'e-business sur trois ans, a revu ses ambitions à la baisse, de 30 à 40 %. Une annonce faite à l'issue d'un été marqué par de nombreuses désillusions dans l'e-commerce. Tout cela n'empêche pas Auchan de poursuivre sa mue électronique. L'enseigne nordiste s'est ainsi alliée au fournisseur d'accès AOL, pour drainer le maximum de trafic sur son site marchand Auchandirect.fr. Ce cybermarché, opérationnel d'ici à la fin de 2000, sera sous la responsabilité de Claude Palmieri, directeur général d'Auchan Interactive, nouvelle entité dédiée de l'e-business. Une rentabilité qui reste à démontrer On reprochait à Auchan sa frilosité à revêtir les habits des dot.com. Les Carrefour, Casino ou Cora... avaient tiré les premiers. Ooshop, le supermarché en ligne du groupe Carrefour, devrait réaliser un chiffre d'affaires de 200 millions de francs un an après sa création. Mais Cédric Ducrocq, P-DG du cabinet-conseil en marketing Dia-Mart, pondère les avantages des " first movers ". Selon lui, " dans un marché émergent, où seulement 1 % des Français achètent en ligne, être le premier n'a pas beaucoup d'importance ". Auchan a préféré valider son modèle en Espagne et à Clermont-Ferrand. L'enseigne déploiera ses services dans la banlieue sud de Paris, dans le Puy-de-Dôme, à Madrid et à Barcelone, puis partout en Europe. Produits frais, surgelés, épicerie ou produits d'entretien..., près de 8 000 références de biens de consommation courante seront livrées à domicile, à partir des centres de préparation, par une flotte dédiée de camions tri températures pour respecter la chaîne du froid. " La qualité du service fera la différence pour fidéliser à vie ", insiste Claude Palmieri. Selon cet ancien associé d'Andersen Consulting, il faudra deux ans pour parvenir à une couverture totale de la France, avec près d'une cinquantaine d'entrepôts générant chacun " de 30 à 40 millions de francs de chiffre d'affaires ". Pour installer ses cybermarchés en Europe, le groupe investira plus de 1,5 milliard de francs sur cinq ans. Reste à résoudre le problème de l'élargissement de l'offre et à démontrer la rentabilité de la vente en ligne de produits alimentaires. Les pionniers américains de l'épicerie en ligne Peopod ou Webvan n'ont toujours pas réussi ce tour de force. Les distributeurs achètent en ligne Les enchères ont commencé sur les plates-formes d'échanges électroniques entre distributeurs et fournisseurs. Ainsi, à l'issue d'un appel d'offres sur la plate-forme WorldWide Retail Exchange (WWRE), le distributeur britannique Tesco vient de changer de fournisseur de corned-beef. Le 31 août, ce fut le tour des fournitures de bureau. Depuis son lancement, en février, GlobalNetXchange (GNX) a accueilli une quarantaine d'appels d'offres. Huile d'olive, réfrigérateurs ou ordinateurs ont ainsi trouvé preneur. " La plate-forme est un outil technologique et non une centrale d'achats ", martèle pourtant Daniel Bernard, président de Carrefour, qui fait ses achats en ligne sur la place de marché GNX. Pour Claude Palmieri, directeur général d'Auchan Interactive, " en tirant parti du sourcing mondial, on remplacera le facteur "taille" par le facteur "agilité" ".

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