Au Sud de la France, la facture de gaz plombe les sites chimiques

Avec une facture de gaz 20% plus chère que celle de leurs voisins du nord de la France, les sites chimiques du Sud voient leur compétitivité mise en péril. Chez Kem One comme chez Arkema, on ne cache pas son inquiétude.

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Au Sud de la France, la facture de gaz plombe les sites chimiques

Dans le sud de la France, la facture de gaz fait tousser les groupes chimiques. Car les sites industriels y payent désormais leur gaz 20% plus cher que ceux situés dans le Nord. La raison ? Si le nord de la France dispose de gazoducs alimentés par du gaz norvégien, néerlandais ou russe, l’approvisionnement du Sud est plus limité, dépendant fortement du gaz naturel liquéfié (GNL). Or les fournisseurs de GNL préfèrent fournir en priorité le Japon, où les prix du gaz ont flambé suite à la catastrophe de Fukushima. En France, les terminaux de Montoir, à l’Ouest, et de Fos, au Sud, ont ainsi vu leur approvisionnement en GNL baisser de 50% depuis 2011. Ce qui a obligé la zone sud à se fournir via le réseau venant du Nord, qui se retrouve congestionné.

Selon les industriels, la distorsion nord-sud a même empiré très récemment. En cause, l’initiative de la Commission de régulation de l’énergie de mettre aux enchères, depuis le 3 mars, les capacités de transport nord-sud pour les quatre années à venir de façon anticipée. Philippe Prudhon, le directeur des affaires techniques de l'Union des industries chimiques (UIC), ne décolère pas. "Quand on fait des enchères alors qu’on est en pénurie, on est à peu près sûr du résultat : cela génère de la panique et les prix montent !"

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Une production menacée d’ "arrêt à court terme"

Dès lors, difficile pour les sites chimiques de maintenir une production compétitive à l’échelle mondiale,alors qu’ils subissent déjà de plein fouet un différentiel d’accès à l’énergie, le prix du gaz étant trois fois supérieur à celui des Etats-Unis. "La différence entre le prix du gaz payé par un site du Sud par rapport à un site du Nord peut varier de trois à quinze eurospar mégawattheure", dénonçait déjà le PDG d’Arkema, Thierry Le Hénaff, le 4 mars, à l’occasion de la présentation des résultats annuels du groupe. "Cette situation est intenable pour de nombreux sites chimiques, petits et grands, du Sud-Est, pour qui le gaz est absolument vital, puisqu’il est à la fois leur énergie et leur matière première". Ils sont menacés "à court terme d’arrêt de production", prévient l’UIC.

Chez Kem One, impossible d’importer du gaz de schiste américain

Une situation vécue par Pierre Fauvarque, en charge des achats énergie chez Kem One, qui dit l’entreprise "particulièrement exposée". "Nos consommations de gaz représentent une facture de l'ordre de 5% de notre chiffre d'affaires et nous sommes exposés à la concurrence européenne et internationale sur l'ensemble de nos productions (soude, chlorométhane et PVC), explique-t-il. Nous ne disposons pas de l'assise financière suffisante pour mettre en place des contrats et des stratégies d'approvisionnement sur le long terme, comme d'importer du gaz de schiste américain !"

Les concrétisations de la réunion de crise, organisée le 27 février entre les chimistes et le ministre de l’Energie, Philippe Martin, se font toujours attendre. L’UIC, elle, voit trois priorités. Faire fusionner les zones tarifaires nord et sud dès le mois d’octobre, sans attendre 2018 comme le prévoyait le régulateur. Lancer immédiatement les travaux de construction des nouveaux gazoducs "Val de Saône" et "Gascogne-Midi", qui permettraient de mieux approvisionner la zone sud. Mais ils ne seront pas achevés avant, au mieux, 2018. Enfin, l’UIC préconise d’instaurer en attendant une obligation "transitoire" de service public d'importer physiquement le GNL dans les terminaux méthaniers français, et en particulier à Fos, pour rééquilibrer le marché. Reste à trouver un moyen de prendre en charge cette nouvelle facture…

Gaëlle Fleitour

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