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Quotidien des Usines

Au sein du laboratoire Servier, la grogne sociale émerge pour la première fois

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Exclusif Une réorganisation est en cours au sein de l’usine principale du groupe pharmaceutique français Servier, à Gidy. Et le dialogue se grippe avec les syndicats concernant la mise en oeuvre du plan social national annoncé en novembre. Enquête.

 

Le "Village" se réorganise. Le cœur historique du laboratoire Servier situé à Gidy, dans le Loiret, subit une transformation d'envergure. Il ne s’agit pas d’un plan social, à l’instar de celui annoncé fin novembre pour 610 des 690 visiteurs médicaux du groupe en France, ce que craignait initialement la CFDT, interrogée par La République du Centre. Mais le 15 janvier, le comité d’entreprise a entériné l’évolution de la principale usine de médicaments du groupe pharmaceutique français, a appris L'Usine Nouvelle.

Une des quatre unités de formes sèches du site - appelée UP3, qui fabrique notamment le Diamicron et le Vastarel de Servier et des génériques de sa marque Biogaran - devrait fermer d’ici dix-huit mois. "La production et les machines seront transférées sur les unités UP1 et UP4, il n’y a pas de délocalisation et aucun poste n’est supprimé", assure Patrice Martin, le directeur de Servier dans le Loiret.

réduire les coûts de production de 25% d’ici à 2018

Depuis 2013, le site est engagé dans le projet Safran. Objectif, pour les usines de Gidy, d’Irlande et de Pologne : réduire les coûts de production de 25% d’ici à 2018. A Gidy, on travaille donc sur deux volets : d'abord trouver de nouveaux leviers pour augmenter la productivité, qui a ainsi crû de 6% et en 2015 avec des coûts de production en baisse de 2%. Ensuite, il s'agit d'ouvrir l’usine à de la fabrication pour des tiers. Patrice Martin ambitionne ainsi de mettre à disposition 15% des capacités du site pour servir d’autres clients. Pour les machines de l’unité UP3, les taux d'utilisation des capacités ne dépassaient pas 40 à 60%. Une fois libre, cette unité pourrait potentiellement accueillir des technologies de production de traitements contre le cancer (voir encadré).

La CFDT, qui n’est plus représentée au comité d’entreprise mais dispose encore d’adhérents à Gidy, alerte : "La direction a dit aux salariés de ne pas s’inquiéter, qu’ils se verraient confier plus tard de nouvelles activités en biotech et en oncologie ou des possibilités de reclassement, mais elles sont dans les faits très peu nombreuses", estime Bruno Carraro, le responsable régional de la section Chimie Energie. La France ne représentant déjà plus que 8% des ventes de Servier, il s'inquiète pour l'avenir du site, où une suspension de l’intérim et des aménagements d’horaires seraient en cours, selon lui. "Je ne vais pas arrêter tous les intérimaires, cela n’aurait pas de sens, réplique Patrice Martin. Nous travaillerons avec le syndicat Unsa et les élus du CE pour optimiser les horaires de travail, mais pour l’instant je n’ai pas besoin d’aller chercher ce levier-là."

Une manifestation organisée le 2 février

Reste que la grogne enfle au sein de la maison Servier. Car le plan annoncé en novembre à l’échelle nationale pour l'activité visite médicale ne passe pas. "Nous sommes en pleine bataille syndicale et juridique avec la direction, qui ne cesse de faire des propositions indécentes et provocatrices par rapport à ce qui se pratique dans l’industrie pharmaceutique, alors que la conjoncture est catastrophique", confie un salarié syndiqué à L’Usine Nouvelle.

Dans ce groupe où l'attachement à l’entreprise est très fort et l’ancienneté élevée, les premières dissensions se font entendre. Jeudi 28 janvier, le syndicat majoritaire Unsa Chimie Pharmacie s’est exprimé dans un communiqué intitulé : "18 mois après la disparition de Jacques Servier, la liquidation de la Maison a commencé""Les membres de la direction ont utilisé les visiteurs médicaux comme boucliers dans l’affaire Médiator, en leur demandant notamment en octobre dernier de remettre en main propre à chaque médecin un courrier dédouanant le laboratoire, dénonce l'Unsa. Aujourd’hui, nous nous sentons trahis." Une grande manifestation est prévue devant le siège du groupe, mardi 2 février à Suresnes (Hauts de Seine).

Gaëlle Fleitour

REINVESTIR A GIDY DANS LA LUTTE CONTRE LE CANCER
Que deviendra l’espace laissé libre par l’unité UP3 ? Il pourrait accueillir de nouvelles technologies pour répondre à l’ambition du nouveau président de Servier,Olivier Laureau, de se renforcer en oncologie. En mai, un cahier des charges devrait être présenté au comité exécutif du groupe avec des propositions pour adapter Gidy. Plusieurs dizaines de millions d’euros pourraient être nécessaires si des investissements en biotechnologies et en production "high potent" étaient décidés. Certains salariés pourraient être formés via la plate-forme Biocube de bioproduction à Tours, dont un plateau technique sera inauguré le 26 février.

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