Economie

Au salon du Made In France, l’heure est aux labels et à l’union

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Made in France La première édition du salon France Production Expo se tient jusqu'au 26 mai à Paris, Porte de Versailles. Les entrepreneurs mettent en avant la qualité de la production tricolore. Ils attendent en retour un véritable engagement des pouvoirs publics.

Au salon du Made In France, l’heure est aux labels et à l’union © Timothée L'Angevin - L'Usine Nouvelle

PME, start-ups et ETI… Ils sont fiers de produire français et le font savoir. Mais ceux qui tiennent le pari du Made In France déplorent trop de contraintes. Dans les allées de France Production Expo, le salon dédié au savoir-faire français qui se tient jusqu’au 26 mai à Paris, Porte de Versailles, les exposants critiquent des charges trop élevées, une législation complexe, des pouvoirs publics peu engagés. Mais déterminés à produire tricolore et convaincus de la qualité de leur industrie, ils se fédèrent et s'unissent sous des labels.

"Une réputation merveilleuse à l'étranger"

"Avec ce salon, qui se tient pour la première fois, nous voulons encourager la production française, qu'elle soit reconnue pour sa qualité, explique Philippe Peltier, directeur du salon (120 exposants, 15 000 visiteurs attendus). La France jouit d'une réputation merveilleuse à l'étranger, il faut réussir à faire savoir ses atouts. Les entreprises manquent de flexibilité."

L'embauche, première difficulté des entreprises

Créateur du Slip Français, start-up née à Paris en septembre 2011, Guillaume Gibault regrette le coût trop élevé de la main d’œuvre. “C’est un vrai risque pour nous d’embaucher”, assure-t-il. L’entreprise de sous-vêtements, qui compte cinq salariés, sous-traite la totalité de ses produits sur une quinzaine de sites en France. Elle fait travailler entre 15 et 20 personnes à temps plein. “Mais il est difficile de s’adapter aux volumes des commandes”, assure le jeune dirigeant.

L’entreprise met le paquet sur le marketing et prévoit cette année entre 600 000 et 700 000 euros de chiffre d’affaires, contre 300 000 en 2012.

Vers des AOC industrielles

D’autres entrepreneurs déplorent le manque de soutien public. “Il y a un décalage entre le discours et les actes des politiques”,  tranche François Curé, Directeur général du groupe Tricotage des Vosges, fabriquant de chaussettes basé à Vagney (Vosges). Rescapé de la délocalisation en 2008, le propriétaire de Bleu Forêt a repris 30% de la production d’Olympia en 2011.

Avec 220 salariés et 28 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisés l’année dernière, Tricotage des Vosges est affiliée au label Vosges Terre Textile. "La première AOC industrielle, précise François Curé. Ce label, qui respecte des règles éthiques de qualité afin de maintenir notre production, nous permet d'avoir plus de poids.” Cette idée d’appellation industrielle gagne d’autres régions, comme l’Alsace et son industrie d'impression textile.

Des planchas rapatriées de Chine

La société Collet Industrie, sous-traitant dans la transformation des métaux, a décidé en 2008 de rapatrier de Chine sa production de planchas à gaz. “Il y a eu une grève à Fos-sur-Mer en 2008 et l’un de nos containers est resté trois mois bloqué au port, se souvient Pierre Petit, gérant de cette société de 30 salariés née en 1990 à Feillens (Ain). Nous avons perdu des clients. Ici c'est beaucoup plus souple : pas d’intermédiaire. On gère nos commandes nous-mêmes et on est sûrs de la qualité.”

Les planchas représentent 10% du chiffre d’affaires de Collet Industrie, qui s’élève à 4 millions d’euros pour 2012. Fabriquées avec un acier acheté à ArcelorMittal, elles sont de “95 à 98% d’origine française” assure Pierre Petit. 

Une carte d’identité pour les produits français

Fédérer les entreprises avec des labels, c’est cette idée que défend Philippe Peltier. “En labellisant les produits, nous endiguons la contrefaçon qui vient de Chine et assurons aux consommateurs des produits de qualité.” Protectionnisme ? "Ce n'est pas la solution." Le directeur de France Production Expo pense qu'il faut ériger de petites barrières aux importations massives.

Pour Yves Jégo, député (UDI) et président de l’association Pro France – qui a labellisé près de 700 produits sous l'appellation Origine France Garantie – les produits doivent avoir une carte d’identité. “Pour qu’il soit prêt à changer son mode de consommation, le grand public a besoin de transparence et de traçabilité”, selon lui.

Les trois quarts des français sont convaincus du gage de qualité que représente le Made In France. Ils se disent prêts à acheter tricolore. Il leur reste à passer à l’acte.

Timothée L'Angevin

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