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Au Medef, le chef du gouvernement tunisien tente de convaincre de la normalisation économique de son pays

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Mehdi Jomaâ, le chef du gouvernement t unisien était reçu ce 29 avril au matin au siège du Medef pour parler de l’avenir de la coopération économique f ranco- t unisienne. Malgré la bonne volonté des autorités tunisien nes , les entreprises françaises attendent plus d’engagements pour réinvestir sur le long terme en Tunisie.

Au Medef, le chef du gouvernement tunisien tente de convaincre de la normalisation économique de son pays
Mehdi Jomaâ, chef du gouvernement de Tunisie
© DR

La page est tournée“. Pour Mehdi Jomaâ, le Premier ministre tunisien, la période de vaches maigres pour l'économie de la Tunisie est un chapitre clos. C’est selon lui une toute nouvelle Tunisie, sortie de 3 ans de marasme politique et forte d’une nouvelle Constitution résolument démocratique et libérale, qui ouvre ses portes aux investisseurs et entrepreneurs français.

En présence de Pierre Gattaz et d'Ouided Bouchamaoui la présidente de l’UTICA - l’organisation patronale tunisienne - le chef du gouvernement et ses ministres ont multiplié les appels à la coopération et à l’entraide entre les deux pays.

Ils ont mis en avant le potentiel de ce qu’il surnomme la start-up démocratique“ tunisienne, mettant l’accent sur les réformes économiques à venir pour renforcer la compétitivité du pays. Mehdi Jomaâ a notamment insisté sur la nécessité de faciliter le cadre légal d’installation des entreprises européennes et la création d’emploi et d’initiatives dans le secteur privé.

Un manque de visibilité à long terme

Ces promesses n’ont pas suffi à totalement rassurer les chefs d’entreprises français qui se pressaient nombreux avenue Bosquet avec notamment des représentants de Gdf-Suez, Colas, Bolloré, Alstom, Air Liquide, Airbus ou Thalès. Malgré l’accalmie politique depuis l’adoption de la nouvelle constitution en janvier, le patronat français s’inquiète toujours du manque de visibilité à long terme sur le marché tunisien.

Le gouvernement de transition de Mehdi Jomaâ a beau s’engager à libéraliser et redresser l’économie, difficile de croire sur parole des dirigeants qui ne sont installés qu'à titre provisoire.

Ainsi, face au parterre de patrons français qui l’interrogent sur les mesures concrètes concernant les réformes pour l’agriculture, le tourisme ou les infrastructures ferroviaires, le chef du gouvernement tunisien botte systématique en touche. Il promet des améliorations et des campagnes de communication mais évite soigneusement d’entrer dans les détails, éludant sur le “réservoir de ressources et de compétences“ tunisien. Du propre aveu de l'ancien dirigeant de la filiale de Total, Hutchinson, “une vision claire est nécessaire sur tous les secteurs“.

Tout n’est pas perdu cependant, les derniers chiffres sont encourageants. Le FMI estime que la Tunisie devrait connaître une croissance de 3% cette année et de 4,5% en 2015. Pierre Gattaz lui même a lourdement insister sur le besoin “d’éliminer les entraves des entreprises sur le territoire tunisien“ et s'est dit favorable à des "accords de libre-échange complets". Les yeux du patronat français sont à présent tournés vers les prochaines élections tunisiennes, dont la date reste à déterminer.

La France est le premier partenaire commercial (devant l’Italie) de la Tunisie. En 2013, selon les douanes, les exportations françaises vers ce pays se sont élevées à 3,70 milliards d’euros et les importations françaises  à 3,74 milliards d’euros, soit un léger déficit en défaveur de Paris de 38 millions d’euros. Ce déficit était de 150 millions d’euros en 2012. Selon le Trésor français : “près de 75% des échanges bilatéraux proviennent des relations commerciales avec les succursales ou filiales françaises « off-shore » du secteur industriel, dont les flux d’approvisionnements et de réexportations en France se traduisent par une balance structurellement déficitaire“.

Vincent Souchon

 

 

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