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Au Maroc, seuls Bombardier, Eaton et quatre autres PME occupent 28% du Midparc

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Deux ans après son inauguration, seuls 28,5% du parc industriel Midparc, zone franche située à côté de l’aéroport de Casablanca, sont aujourd’hui commercialisés au bénéfice d’entreprises du secteur aéronautique, spatial, défense, électronique embarqué, mécatronique et électromécanique.

Au Maroc, seuls Bombardier, Eaton et quatre autres PME occupent 28% du Midparc
Inauguré le 30 septembre 2013 en grande pompe par le roi lui-même, le parc de 63 ha dont 28 ha constructibles de terrains industriels viabilisés n’est réellement commercialisé que depuis le début de l’année dernière.
© midparc

Inauguré le 30 septembre 2013 en grande pompe par le roi lui-même, le parc de 63 ha dont 28 ha constructibles de terrains industriels viabilisés n’est réellement commercialisé que depuis le début de l’année dernière.

Aujourd’hui, deux ans plus tard, six entreprises en tout et pour tout occupent le site. Bombardier, entré dans ses locaux début septembre 2014  et Eaton, dont l’usine est en construction, ont acheté un terrain. Quatre PME (NSE, Innovelec, les Ateliers de Haut Garonne et Goam)  louent un terrain sur lequel le Midparc va bientôt construire leur usine.

"Le Midparc dispose de deux business modèles en parallèle : le premier adressé aux PME, le second aux grandes multinationales", commente Aref Hassani, directeur général du Midparc. Il offre aux PME qui souhaitent s’installer des usines pré-équipées, customisées, prêtes à l’emploi et flexibles sous forme de module de 2000 m² dont 1000 m² d’atelier et 300 m² de bureau. "Nous leur construisons un module en leur offrant la possibilité de prendre des options sur d’autres terrains pour doubler ou quadrupler leur usine", ajoute le directeur.

9 000 euros de loyers par module

Le Midparc peut ainsi construire un, deux ou quatre modules identiques sur quatre terrains mitoyens, selon la demande de la PME. Terrains et usines sont alors loués pour 9 ans, moyennant 9 000 euros par mois et par module.

"Nous avons souhaité que les PME s’engagent sur du long terme, pour éviter d’avoir à gérer la rotation d’entreprises différentes sur un même site", explique Aref Hassani. Les avantages offerts par la zone franche sont à ce prix. Par contre, les entreprises qui s’engagent sur du locatif ont accès à l’une des quatre usines relais du Midparc pour un an à un an et demi.

Les Ateliers de Haute Garonne par exemple opèrent au Maroc depuis déjà 2 mois au sein de l’un de ces ateliers relais. Ils réalisent des fixations pour le secteur aéronautique. "Ils ont d’ores et déjà réservé deux modules. La construction du premier devrait commencer rapidement pour deux mois de travaux", précise le directeur du Midparc. Au total, ils devraient investir près de 4 millions d’euros.

Les deux autres sociétés présentes dans le Midparc, Innovelec et NSE, qui opèrent toutes les deux dans l’électronique embarquée, ont également intégré deux ateliers relais en attendant la construction de leurs usines. Goam, pour sa part, devrait démarrer rapidement.  Spécialisée dans la construction de turbines pour les moteurs Snecma, cette société n’est pas passée par les ateliers relais mais va pouvoir entrer dans son usine-module dont la construction s’achève.

L’usine Eaton livrée fin mai

Pour les grandes multinationales, "les usines correspondant à leurs besoins sont tellement grandes et tellement spécifiques que nous n’avons pas voulu faire du locatif. Qu’aurions nous fait des usines lorsque les entreprises seraient parties ?", s'interroge le directeur du Midparc. Par contre, la construction des usines elles-mêmes est confiée au Midparc.

Dans le cas de Bombardier, l'usine marocaine de l'avionneur canadien opère sur son nouveau site depuis octobre 2014. Le géant canadien a acheté pas moins de 55 000 m² de terrain dans la perspective d’extensions rapides.

L’usine de Eaton est en cours de construction. Le groupe américain spécialiste de la gestion des systèmes d’alimentation électriques et onduleurs va transférer comme prévu l’activité de son site de Berrechid sur la zone Midparc près de Casablanca. Un transfert qui s’accompagne d’un net accroissement de capacité. À terme, le site devrait employer 500 salariés après 12 millions de dollars d’investissements.

"La première partie de l’usine sera livrable fin avril et la totalité fin mai. Pour la première phase Eaton a acheté 15 000 m² mais d’autres phases sont prévues. Elles prévoient de faire tout un campus industriel en établissant plusieurs divisions du groupe ici", détaille Aref Hassani.

Rempli à 50% d’ici fin 2015

Le Midparc devrait continuer à se remplir rapidement cette année. "Nous sommes à 28% aujourd’hui, mais vu le nombre d’entreprises avec lesquelles nous sommes actuellement en contact, nous devrions être à 50% à la fin 2015, 60%, fin 2016 et 70% fin 2017", estime le directeur général.

La société Midparc dispose également d’une réserve foncière de 62 ha en cas de besoin. Si Aref Hassani est si optimiste, c’est que sont déjà confirmées Aerolia et Alcoa Fastening System. Elles amèneront le parc à un taux d’occupation de 43,2% à la fin de l’année.

Alcoa Fastening System, qui dispose déjà d’une filiale à Bouskoura, a acheté 10 000 m² au sein du Midparc. Annoncée en juillet 2014, l’usine d’assemblage de composants aéronautiques de Aerolia - devenue Stelia le 1er janvier 2015 avec la fusion Aerolia-Sogerma – n’est toujours pas commencée. Ses équipes travaillent donc dans une usine provisoire à Nouaceur, non loin du Midparc. Les travaux, qui doivent durer un an, devraient commencer en avril ou mai. Stelia prévoit d’investir au total 40 millions d’euros et de créer immédiatement 400 emplois. Elle a acheté 31 000 m² au Midparc.

Tous ces chantiers vont créer une activité nouvelle au Midparc tandis que les locaux administratifs de la société Midparc elle-même sont toujours vides. Les douanes, mais aussi d’un guichet unique pour l’ANAPEC, l’eau, l’électricité, les banques, les impôts et d’autres services aux entreprises … devraient rapidement intégrer leurs locaux. A l’avant de la zone industrielle une bande de terrain aujourd’hui toujours en friche accueillera à terme restaurants, banques, supérettes … Des services certainement bienvenus pour les centaines de personnes qui travaillent dans les usines de l’Aéropole de Nouaceur et les étudiants de l’IMA.

"Nous sommes encore en discussion avec 10 à 15 entreprises intéressées par l’achat d’un terrain industriel et 3 ou 4 PME. Toutes ne signeront pas, c’est sûr, mais certaines vont nécessairement confirmer leur intérêt pour le Midparc", conclut Aref Hassani.

Julie Chaudier à Casablanca

Midparc, une entreprise privée
Midparc est une entreprise privée, sous forme de SA. Son capital se partage entre MedZ pour 35% environ, le groupe français Alcen, contrôlé par l'homme d'affaires Pierre Prieux (présent au Maroc via sa filiale d'électronique Tronico Atlas) pour 35%, et Jean-Paul Béchat, ex-patron de Safran, groupe très présent au Maroc qui détient à titre personnel 16%.

 

 

Localisation géographique du Midparc près de Casablanca

 

 

 

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