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L'Usine Maroc

Au Maroc, la promesse d’augmentation de capital de la raffinerie Samir n’apaise pas les craintes sur sa survie

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Publié le

L’assemblée générale extraordinaire de la Samir vendredi 16 octobre a approuvé  l’injection par augmentation de capital de 920 millions d'euros d’argent frais dans le raffineur en grande difficulté financière. L’homme d’affaires saoudien Mohammed Al Amoudi et sa holding Corral, actionnaires à 67% du groupe ont promis d’apporter leur quote-part en numéraire.

Au Maroc, la promesse d’augmentation de capital de la raffinerie Samir n’apaise pas les craintes sur sa survie
Basée à Mohammedia près de Casablanca, la Samir est en grande difficulté financière depuis plusieurs mois.
© samir.ma

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Sans surprise, l’assemblée générale extraordinaire du groupe Samir, unique raffineur du Maroc s’est soldée par la décision d’une importante augmentation de capital, votée à une large majorité.

Ce groupe est contrôlé à hauteur de 67,27% par l’homme d’affaires saoudien Sheikh Mohammed Al Amoudi et Corral Petroleum Holdings AB, sa holding basée en Suède.

L’augmentation de capital devrait atteindre jusqu’à 10 milliards de dirhams soit 920 millions d’euros (1000 dirhams =92 euros). Réalisée "dans les meilleurs délais", elle sera suivie à hauteur de ses participations par Corral et Mohamed Al Amoudi (photo ci dessous), soit 670 millions de dollars indique le communiqué de la Samir. Celui-ci évoque la date du 15 novembre "au plus tard".

Il indique aussi que Corral "a confirmé sa volonté de faire ses meilleurs efforts pour souscrire au solde de l’augmentation de capital, dans l’hypothèse où les actionnaires minoritaires ne souscriraient pas à l’augmentation de capital".

Concernant l'opération proprement dite, Samir inqiue que "le Conseil d’Administration entamera les démarches auprès des autorités publiques et boursières marocaines pour objectif de lancer l’opération d’appel public à l’épargne dans les meilleurs délais".

Mais au cours de l'AGE du 16 octobre de nombreuses questions comme le prix d'émission ou encore la capacité de la Samir a rembourser ses dettes obligataires à venir sont restées sans réponse comme le rapporte le compte rendu d'assemblée du site Medias24.

Selon la presse économique marocaine et plusieurs analystes financiers, bien qu’important, l'apport de cash ne permettra pas au raffineur de se remettre sur pieds. Certains évoquent même la possibilité d’une faillite pure et simple ou même d'une renationalisation pour cet ancien groupe public privatisé en 1997.

Implanté en bord de mer à Mohammedia près de Casablanca, la Samir, dirigée par le saoudien Ba-Amer Jamal est en grandes difficultés financières depuis plus d'un an en raison de son manque de performance, d’arrêts techniques et de dévaluation de ses stocks suite à la baisse du prix des produits pétroliers. Pour rappel, dans le même temps les marges de raffinage du secteur, notamment en Europe ont fortement progressé cette année.

La capacité de raffinage de Samir est de 150 000 barils de pétrole par jour à comparer au 300 000 barils que le royaume consomme quotidiennement.

En 2014, la Samir a réalisé un chiffre d’affaires de 44 milliards de dirhams et une perte de 3,4 milliards de dirhams. En 2013, son chiffre d’affaires atteignait 49.1 milliards de dirhams pour un résultat net positif de 3,2 milliards d’euros.

 

Elle dispose par ailleurs de 2 millions de m3 de stockage.

La crise de la Samir a atteint son paroxysme cet été. En effet, depuis début août, la raffinerie est à l’arrêt et sa cotation en bourse suspendue (elle affichait alors 1,5 milliard de dirhams de capitalisation boursière).

Depuis, la fourniture du marché des carburants au Maroc est assurée pour l'essentiel par les importations des principaux distributeurs du pays comme Afriquia, OilLybia, Total Maroc ou Winxo qui vient de publier un étonnant communiqué s'en prenant expressement à la Samir.

Au delà de son aspect stratégique pour le royaume, les implications de ce dossier pour le monde des affaires marocains sont multiples.

Outre Corral le capital du groupe est détenu à 5,7% par le groupe marocain Holmarcom, détenu par la famille de Meryem Bensalah Chaqroun, la patronne des patrons.

Quant au flottant il atteint 26,9% pour l'essentiel détenu par de grandes institutions financières qui se retrouvent ainsi plombées... mais aussi des petits porteurs.

Le raffineur cumule d’importantes dettes auprès de ses fournisseurs, de ses banques et de l’administration fiscale et sociale. Les seules dettes auprès de l’Etat représentent au moins 13 milliards de dirhams. Même Abdelatif Jouahri le wali (gouverneur) de la banque centrale Bank al-Maghrib a dit suivre l'affaire avec attention.

En août, les douanes ont procédé à un saisie conservatoire portant sur ce montant, supérieur à lui seul à l'augmentation de capital décidé le 16 octobre.

La Samir devrait par ailleurs 20 milliards de dirhams à ses créanciers. Et une filiale d'Attijariwafa, première banque du Maroc est chargée de la restructuration financière du goupe.

Indispensable à toute relance d'activité, l'augmentation de capital ne pourra donc suffire à elle seule suffirer à redresser la barre. Un concordat sur l'ensemble des engagements financiers de la Samir semble nécessaire. Reste à voir dans quelles conditions, notamment sur l'actionnariat de ce groupe emblématique de l'industrie au Maroc..

Pierre-Olivier Rouaud

Au premier semestre Samir a affiché une perte 2,172 milliards de dirhams (200 millions d’euros) "en raison de l’arrêt de maintenance quinquennal de la raffinerie durant les mois de janvier et février, suivi d’une baisse d’activité durant le restant du semestre", selon un communiqué du groupe début septembre. Sur la même période le chiffre d’affaires de l’entreprise avait plongé de 50%.

 

Localisation de la Samir, à Mohammedia

 

 

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