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L'Usine Maroc

Au Maroc comme dans le monde arabe, le numérique souffre d'un déficit de contenu local

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Publié le

Réunis à Paris pour une table ronde sur " Le monde arabe dans l'économie numérique et le rôle des télécoms  dans la croissance à venir " des experts et chefs d'entreprise ont mis en exergue l'adhésion croissante au numérique par de nombreux pays arabes comme le Maroc malgré le déficit de contenus propres.

Au Maroc comme dans le monde arabe, le numérique souffre d'un déficit de contenu local © Infocux Technologies - Flickr - C.C.

Sommaire du dossier

Belle journée ensoleillée en bord de Seine à l'Institut du monde arabe (IMA), le mardi 11 mars à Paris. Au neuvième étage, étaient invités sous l'autorité de l'ancien ministre Jack Lang et actuel président de l'IMA, une brochette d'experts du Maroc, des Emirats arabes Unis et de France. Sujet du jour "Le monde arabe dans l'économie numérique et le rôle des télécoms  dans la croissance à venir".

Avec un message d'emblée positif. "Si le monde arabe a raté la révolution industrielle, il a toutes les chances d'embarquer à bord de la révolution numérique", estime Osman Sultan, PDG depuis 2010 d'Emirates Integrated Telecommunications, le deuxième opérateur des Emirats arabes unis derrière le médiatique Etisalat.

impact croissant du numérique

Les experts présents à Paris soulignent l'impact croissant du numérique dans de nombreux pays arabes comme le Maroc, la Jordanie, les Etats du Golfe ou l'Egypte. Malgré leur diversité, tous les pays de la zone MENA ont pris le train d'une technologie que la baisse des prix au niveau de la téléphonie et de l'internet mobile rend de plus en plus accessible.

Le changement est donc d'abord quantitatif. Jusqu'à l'excès. Ainsi dans les riches pays du Golfe, il est d'usage de posséder plusieurs abonnements. Ce qu'illustre Osman Sultan, "nous sommes le deuxième opérateur mais à nous tous seuls, nous avons 7 millions de clients pour un pays qui compte 8 millions d'habitants."

Citant l'exemple de la filiale de France Telecom en Egypte qu'il dirigeait en 1998, Osman Sultan relate avoir été le témoin et l'acteur d’une transformation qui depuis a conduit à "mettre un mobile dans les mains de chaque égyptien". Une gageure dans le pays le plus peuplé du monde arabe qui dispose d'un PIB per capita plus modeste que celui des pays du Golfe. L'Egypte affiche aujourd'hui un taux d'équipement mobile proche de 100%.

LEVIER DE CROISSANCE

Pour Azdine El Mountassir Billah, directeur général de l'Agence nationale marocaine des règlementations des télécommunications (ANRT), le numérique est un formidable levier de croissance irrigant d'autres secteurs comme les centres d'appel qui ont contribué au développement de l'offshoring dans son pays.

Les opérateurs occidentaux notamment ne s'y trompent pas. C'est le cas d'Orange (ex France Telecom) qui s'est implanté dans plusieurs pays de la région MENA. Michel Monzani directeur des opérations au Moyen-Orient et en Afrique du Nord de l'opérateur français cite plusieurs exemples.

"Nous avons  aujourd'hui 2 millions de clients en Tunisie en rachetant en 2010 une licence en greenfield. Au Maroc, nous avons acquis 40% de Méditel, le deuxième opérateur du royaume. En Irak, nous servons 5 millions de clients à Baghdad. Il y a aujourd'hui plus de clients Orange en Egypte qu'en France!" Quant au Maroc, pour mémoire, le taux de pénétration du mobile est de 130% de la population !

faiblesse des contenus

Mais à Paris les intervenants ont mis en lumière les obstacles guettant les pays arabes face à ce bouleversement économique. numérique.

La table ronde sur les télécoms du 11 mars démarre une série de rendez-vous thématiques trimestriels organisés par l'IMA en partenariat avec l'école ESCP-Europe. Ces rencontres ont pour objectif de faire connaître les caractéristiques des économies du monde arabe.

L'un des principaux défis, selon eux, est celui de la faiblesse des contenus et de plate-formes "domestiques" ou locales. Ainsi, selon Azdine El Mountassir Billah, il faut garder un œil sur "la partie du verre à moitié vide" de l'économie numérique dans le monde arabe :  "98% des contenus et plate-formes sont externes. Au Maroc, comme dans la plupart du monde arabe, les nouvelles technologies viennent encore principalement des Etats-Unis."

Pour l'exemple, uae.souq.com se présente comme "le plus grand site de e-commerce dans le monde arabe". De son côté, mektoube.fr, (destin en arabe) est un site de rencontres par affinité culturelle destiné à la communauté maghrébine et musulmane en France.  Il a été créé par Laouari Medjebeur et Thomas Nomaksteinsky en avril 2006.

Pour Frédéric Debord, le directeur général d'Inwi, troisième opérateur mobile marocain, le danger est de voir les opérateurs devenir de simples fournisseurs de tuyaux lancés de plus en plus dans une course effrénée aux capacités. Pour lui, "ils se doivent effectivement de fournir du contenu original, c'est ce que nous avons entrepris".

Pour un autre intervenant, "il y a des initiatives réussies dans certains pays mais à quelques exception près, la zone MENA souffre encore d'un déficit d'offre en matière d'entreprises numériques, de start-ups ou même de business angels prêts à parier sur ce secteur". Bref, conclusion de cette table ronde le Facebook ou le Twitter panarabe reste à inventer.

Nasser Djama
 

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