Au-delà du buzz, défendre l’industrie

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Depuis plusieurs mois, la campagne présidentielle fait la part belle aux usines. La Semaine de l’industrie, qui s’achève le 25 mars, sera sans doute une réussite. Mais il faudra redoubler d’efforts pour retrouver, demain, une France industrielle tonique.

Au-delà du buzz, défendre l’industrie

Il n'est que d'observer la carte dressée par le ministère pour savoir que cette deuxième Semaine de l'industrie, qui s'achève le 25 mars, sera une réussite : une carte de France couverte de mille événements repérés par des points. Des Hauts-de-Seine à la Corrèze, de Flamanville à Florange, du Perche à la Drôme provençale, les usines ouvrent leurs portes, les fédérations tiennent colloque et les centres de formation prêchent la bonne parole. Pour le coup, l'Hexagone ressemblerait à une vaste zone industrielle en ébullition. Cauchemar d'écologiste, rêve d’entrepreneur.

Que les usines se dévoilent avec fierté, cela ne peut que servir l'économie, donc l'emploi. Que les candidats à la présidentielle et leurs soutiens se bousculent, dans le même temps, sur les sites de production, cela ne peut que faire du bien. Mais attention, l’image restaurée de l'industrie et de ses ouvriers ne doit pas cacher une réalité toujours préoccupante. Nos usines connaissent ces derniers mois un succès d'estime supérieur à leur succès réel… Pour quelques secteurs triomphants, comme l'aéronautique, combien de business tendus, en surcapacité, trop peu rentables pour investir ? Pour quelques champions du CAC et une élite entrepreneuriale faite de poids moyens admirables, combien de PME sur le fil du rasoir ? Le déficit du commerce extérieur mesure implacablement, chaque mois, les pertes de parts de marché mondial de nos entreprises industrielles. Et leur taux de marge, plus bas que celui du commerce et des services, compte désormais parmi les plus bas d’Europe, juste devant l’industrie britannique. Dans ces conditions, difficile d’investir dans son outil de production pour profiter des technologies les plus rentables. Il faut sortir du cercle vicieux. Robotiser, automatiser, s’équiper d’imprimantes 3D (lire notre enquête, page xx), ce sont aussi des façons de résister aux délocalisations.

Quand la semaine de l’industrie sera passée, et l'élection présidentielle derrière nous, il faudra donc agir. Au-delà du buzz, c’est-à-dire du retour en grâce médiatique du made in France, il faudra dessiner un projet. Les efforts, réels mais insuffisants, réalisés par les pouvoirs publics depuis deux ans devront être accélérés pour retrouver, demain, une France industrielle tonique, dans une Europe industrielle qui ne se réduise pas à l’Allemagne et à ses dépendances.

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