Au CFIA, les grandes tendances de l’agroalimentaire se retrouvent dans les process

Des produits plus sains, mieux conservés, plus faciles à manger, moins impactant pour l’environnement… et mieux connus des consommateurs : ce sont les enjeux auxquels tentent de répondre les fournisseurs de l’agroalimentaire, réunis au salon CFIA à Rennes (Ille et Vilaine).

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Au CFIA, les grandes tendances de l’agroalimentaire se retrouvent dans les process

Le Carrefour des Fournisseurs de l’Industrie Agroalimentaire (CFIA), qui se tient à Rennes du 7 au 9 mars, est aussi le carrefour des tendances. Dans les ingrédients et PAI, les équipements et procédés, ou encore les emballages et conditionnements, les 1 450 exposants doivent innover pour répondre aux enjeux du premier secteur industriel français.

Du sain et snacking

Ce sont les incontournables de la consommation d’aujourd’hui… et de demain. Comment proposer des produits plus sains, mais aussi prêts à consommer ? C’est la question que se sont posés deux lauréats des Trophées de l’Innovation 2017 du CFIA, décernés le 7 mars. Côté ingrédients, la PME du Vaucluse Le Coq Noir, spécialiste des bases aromatiques sans conservateur pour les industriels, est parvenue à développer un procédé de production pour proposer des légumes crus et croquants disposant d’une longue conservation – de douze à dix-huit mois, contre cinq à six traditionnellement – sans utiliser ni jus ni additif. Avec sa dizaine de légumes disponibles (carottes, radis, choux, haricots…), elle ambitionne de les faire détrôner les classiques cornichons ou oignons dans les sandwiches.

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C’est aussi le créneau du snacking que vise le breton Plastobreiz. Ce fabricant de solutions d’emballages thermoformés pour l’agroalimentaire a développé le concept U Can : clipser ses coupelles plastiques (en PET recyclable) sur des canettes de boisson, pour inciter ses clients industriels à enrichir leur offre et investir de nouveaux terrains de consommation en combinant soda et bonbons, bière et cacahuètes…

Du développement durable

L’industrie agroalimentaire ne peut désormais plus faire l’impasse sur l’enjeu de la fin de vie de ses produits, dont les emballages sont encore trop souvent non recyclables. Alors que les géants mondiaux de la chimie comme BASF et Dow Chemical planchent sur le sujet, la start-up israélienne Tipa a elle aussi mis au point sa technologie pour proposer des emballages alimentaires 100% compostables. Son film, issu de matériaux pour partie biosourcés, est aussi résistant, transparent, imperméable que les plastiques conventionnels et adapté aux mêmes lignes de production, assure sa PDG Daphna Nissenbaum. Mais lui peut se décomposer sous 180 jours et se transformer en engrais pour le sol. Une solution qu’on peut déjà retrouver outre-Atlantique et outre-Manche dans des films de conservation alimentaire, des sachets de légumes frais, et demain en France, espère-t-elle.

De l’expertise technique

Pour éviter tout risque de scandale sanitaire, les industriels de l’agroalimentaire cherchent à mieux conserver leurs produits, tout en évitant les additifs. Pour le spécialiste allemand des gaz industriels Messer, il s’agit donc d’un secteur stratégique offrant de multiples applications. D’où de multiples solutions de surgélation ou encore le refroidissement en surface : une opération de croûtage –pour créer une couche dure à la surface, et superposer notamment des couches sur un dessert – en répandant de la neige de CO2 au-dessus d’une ligne de production, qui sort du domaine de la seule pâtisserie.

Spécialiste de la décontamination de l’air, le groupe français Delta Neu a quant à lui développé avec le CNRS une nouvelle approche, combinant filtration traditionnelle et technologie de catalyse hétérogène, pour garantir une zone de production exempte de micro-organisme. Permettant à ses clients de se passer de certains additifs pour conserver leurs produits, notamment dans la boulangerie ou la fromagerie.

De la transparence

Le scandale de la viande de cheval paraît loin, mais l’enjeu de la traçabilité alimentaire est toujours bien d’actualité, reconnaît Sébastien Gillet, le directeur du CFIA : "Il faut rassurer le consommateur sur ce qu’il mange"… Une opportunité pour des industriels comme Schneider Electric. Le spécialiste allemand de l’industrie connectée entend proposer dès cette année à ses clients de l’agroalimentaire une application dédiée à la sérialisation. Objectif, faciliter les rappels de produits, répondre à de futurs enjeux réglementaires, mieux détecter la contrefaçon… mais aussi améliorer l’expérience consommateur. Qui pourra, demain, obtenir des informations supplémentaires en scannant l’étiquette de son produit.


Gaëlle Fleitour Rédactrice en chef, en charge du Web
Gaëlle Fleitour

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