L'Usine Energie

Au Canada, l'Alberta en pleine transition énergétique

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

Entretien Depuis mai Rachel Notley (Nouveau Parti Démocratique) est Première ministre de l’Alberta, la grande province du Canada réputée pour sa puissante industrie pétrolière et gazière, en particulier dans le secteur des sables bitumineux. En quelques mois, elle a établi une taxe carbone, une limitation des émissions de CO2 et une transition du charbon vers les énergies renouvelables. Présente à la COP21, elle porte le message que la transition énergétique possible même pour les grands pays producteurs d’énergie.


CC Flickr 

L'Usine Nouvelle : Quel message portez-vous en venant à la COP21 ?
Rachel Notley : Avant tout, comme tout le monde, je veux souligner l’importance de lutter contre le réchauffement au niveau mondial. En ce qui concerne mon Etat, nous sommes venus montrer que l’Alberta change de direction et prend une position de leadership dans la lutte contre le changement climatique. Nous adoptons une politique durable qui vise à diminuer les émissions CO2 et nous faisons en sorte de convaincre la population que c’est possible d’y arriver ! Et si c’est possible de le faire en Alberta, il est possible de la faire dans d’autres états producteurs d’énergie.

Vous avez mis en place une taxe carbone et des limitations d’émissions, comment réagit l’industrie d’Alberta ?
Quand nous l’avons annoncé, nous avons été soutenus par des mouvements écologistes, par la société civile et par le monde des affaires… Mais nous sommes aussi de plus en plus soutenus par l’industrie du pétrole et du gaz, en particulier les acteurs des sables bitumineux. Ces industriels sont prêts à adopter notre plan car ils comprennent que c’est une condition indispensable pour être compétitif et aller de l’avant dans un monde qui est de plus en plus concerné par le changement climatique. Les secteurs des énergies non-renouvelables doivent prendre des actions significatives pour s’adapter. C’est bon pour la planète.

Mais cela ne sera pas bon pour leur business…
Il faut voir. Soit continuer à produire comme hier et perdre tous ses clients soucieux de l’environnement… ou changer en développant une activité extractives qui est responsable sur le plan environnemental et alors continuer à avoir un marché.

Mais vous préparez l’Alberta pour le monde l’après-pétrole, non ?
Le monde ne va se passer du jour au lendemain des énergies fossiles. A long terme, il y a un futur pour le secteur des énergies non renouvelables, à condition de s’assurer que la production est responsable. L’industrie pétrolière va continuer à jouer un rôle majeur dans l’économie de l’Alberta. Mais dans le même temps, nous devons diversifier notre industrie énergétique et nous diversifier de manière générale. Par exemple, nous promouvons aussi le développement des énergies renouvelables en Alberta pour diminuer la part du charbon dans la production d’électricité.

Quel sera le coût de la transition énergétique de l’Alberta?
Nous ne savons pas encore, c’est une question importante et un défi politique. Tout l’argent récupéré à travers la nouvelle taxe carbone, environ 3 milliards de dollars par an, sera réinvesti à 100 % dans cette transition écologique que ce soit en matière d’efficacité énergétique, de développement des renouvelables, de reconversion des industries extractives et charbonnières, pour aider les villes à être moins émettrices.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

 

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