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Au cœur du plus puissant supercalculateur européen

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Diaporama Le Tera 100, construit par Bull pour le CEA, est le supercalculateur le plus puissant d’Europe avec une puissance de calcul de 1,05 petaflops, soit 1,05 million de milliards d’opérations par seconde. Installé sur le site du CEA Bruyères-le-Châtel (Essonne), il à dédié à la recherche nucléaire militaire, en particulier pour la simulation d’explosions. Visite Commentée.

Au cœur du plus puissant supercalculateur européen

Le Tera 100, c’est d’abord un monstre : 4 370 serveurs bullx à seize processeurs Xeon d’Intel installés dans 220 armoires et connectés entre eux, soit un total de 17 480 processeurs à huit cœurs chacun. Une mémoire vive de 300 téraoctets, une capacité de stockage de 20 pétaoctets et un débit d’entrées-sorties (entre la mémoire et les disques) de 500 gigaoctets par seconde. Le tout sur 650 mètres carrés seulement, mais au sein desquels on compte 25 kilomètres de câbles !

 

Le CEA, qui a défini la configuration de la machine en étroite collaboration avec Bull, n’a pas opté pour des processeurs de calcul utilisant des cœurs de processeurs graphiques (les « GPU »), en complément des Xeon. Pour les responsables du CEA, il s’agissait de réaliser une machine « tout terrain », capable des meilleures performances sur leurs applications, et au meilleur coût. L’utilisation de GPU est considérée comme prématuré, les applications actuelles étant trop peu nombreuses à tirer partie de ce type de processeurs, qui exigent une parallélisation très fine. 

 

« Nous avons voulu un ordinateur réellement efficace sur un large panel d’applications, insiste Jean Gonnord, chef du projet simulation numérique et informatique au CEA - DAM. Notre objectif n’était pas d’arriver en tête du Top500. Les Chinois, eux, ont fabriqué une Formule 1. Nous préférons une voiture de rallye, capable de s’adapter à tout type de route. » Un exemple ? Le test Linpack, utilisé pour le Top500, ne fait pas d’entrées-sorties, alors que c’est un élément important pour la performance globale. La fiabilité est également mise en avant : « Pour le test, le Tera 100 a calculé pendant 22 heures sans discontinuer, cela représente un MTBF de 45 ans au niveau d’une lame, explique Pascal Barbolosi, vice-président extrême computing chez Bull. La machine chinoise, elle, n’a calculé que pendant 4 heures environ, selon nos estimations. »

 

Mais un supercalculateur, c’est plus qu’une interconnexion de serveurs. C’est une infrastructure complexe, avec une densité beaucoup importante que dans un datacenter traditionnel. Le programme s’est étalé sur quatre ans et monopolisé plus de 250 ingénieurs chez Bull. Il a fallu également concevoir la salle très amont, en installant d’abord un circuit d’eau long d’un kilomètre, chaque armoire étant dotée d’une porte refroidie par une eau à 7 degrés. L’installation physique du supercalculateur a demandée, elle, quatre bons mois de travail, avec un flux tendu entre l’usine d’Angers et le CEA de Bruyères-le-Châtel.

Quant à la sécurité du système, elle est assurée de manière assez simple : le Tera 100 n’est relié à aucun réseau. Pour lancer des calculs, il faut entrer dans les bâtiments du CEA. Qui ne ressemblent pas particulièrement à un moulin !

 

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