Au Business & Climate Summit, les entreprises prônent un prix élevé pour le carbone

La baisse des émissions de CO2 ne sera possible que si la tonne de carbone est suffisamment coûteuse à émettre. Cela passe par la mise en place de marchés ou de taxes carbone.

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Au Business & Climate Summit, les entreprises prônent un prix élevé pour le carbone

Durant toutes les tables rondes qui ont eu lieu pendant les deux jours du Business & Climate Summit à Paris, les 20 et 21 mai, la nécessité de définir un prix du carbone est revenu comme un leitmotiv. Cette question a été même au cœur du discours du président de la République François Hollande, qui a indiqué que la réserve de stabilité, censée renforcer le marché carbone en Europe, sera mise en place en 2019. La ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Ségolène Royal, appelle à définir "des règles stables, fixes et irréversibles en donnant un prix au carbone". Les participants, principalement de grands dirigeants industriels et financiers, rappellent qu’il existe déjà un patchwork de prix du carbone en Europe, en Chine, en Amérique du Nord, etc.

La vertu du marché carbone européen


Le marché des quotas de CO2 européens, l’European Trading System (ETS), a souvent été pointé du doigt au cours des discussions sur le prix du carbone lors du Business & Climate Summit. A sept euros la tonne de carbone émis, il n’a pas d’impact significatif sur les investissements industriels. Cependant, Jean-Pierre Clamadieu, PDG de Solvay n’a pas voulu tirer sur l’ambulance : "Il y un marché carbone en Europe depuis 2005. Nous pouvons débattre de son efficacité. Mais ce qui est sûr, c’est que l’Europe va être l’une des seules régions au monde à atteindre les objectifs [de diminution d’émissions, ndlr] de Kyoto. L’ETS y a joué un rôle."

"Il est impossible d’imaginer un mécanisme plus efficace que l’établissement d’un prix du carbone [pour diminuer les émissions de CO2]", affirme Rachel Kyte, vice-présidente et envoyée spéciale pour le climat à la Banque mondiale. "La Chine teste des marchés et implique son secteur financier pour donner des signaux long terme. L’Inde s’est engagée dans des discussions techniques pour donner un prix au carbone. Il y a aujourd’hui de vraies opportunités d’avancer", affirme-t-elle.

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200 euros la tonne de CO2

Un consensus apparaît dans le monde des affaires pour établir un prix du carbone… et même un prix très élevé. A l’occasion d’un sondage auprès des dirigeants présents, la majorité envisage un prix du carbone à 40 euros la tonne pour 2020 et à 200 euros la tonne pour 2030 ! Pour rappel, la tonne de carbone sur le marché européen est aujourd’hui aux alentours de 7 euros (voir l’encadré).

Atteindre de tels objectifs est difficile car "nous avons bâti une civilisation sur un prix bas du carbone et il n’est pas évident de faire changer les états d’esprit. Aux Etats-Unis, l’accès aux carburants peu chers traduit un certain mode de vie", analyse Xavier Musca, directeur général délégué de Crédit Agricole. Simon Upton, à la tête de la direction Environnement de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), renchérit : "Il est difficile de définir une régulation car notre civilisation a été bâtie sur les énergies fossiles."

Selon Jean-Pierre Clamadieu, PDG de Solvay, "pour changer les habitudes des individus, il faut un système politique simple", comme une taxe carbone, le marché carbone étant réservé pour les grandes industries. En matière de marché carbone, le dirigeant appelle à un développement de solutions dans toutes les zones du monde pour engager leur transition. Mais ensuite doit apparaître une convergence à long terme, en particulier entre la Chine, les Etats-Unis et l’Union Européenne. "Notre but n’est pas de créer des marchés carbone pour déplacer les émissions de CO2 dans des pays où il n’y en a pas", affirme-t-il.

Ludovic Dupin

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