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L'Usine Aéro

Au Bourget, l'innovation est (surtout) venue des start-up

Olivier James

Publié le

Au Bourget, l'innovation est (surtout) venue des start-up
Les grands groupes doivent désormais compter avec de jeunes sociétés qui décrochent déjà des marchés.
© photo pascal Guittet

Résultat du match brûlant qui a une fois de plus opposé Airbus et Boeing ? Réponse : CFM International ! Dans cette confrontation permanente entre les deux ­avionneurs, qui anime chaque nouvelle édition du Salon aéronautique du Bourget, ce sont les motoristes qui tirent leurs turbines du jeu. Avec leur société commune CFM International, l’américain General Electric et le français Safran voient avec gourmandise le tableau de chasse de cette 52e édition : 571 commandes et engagements pour Boeing, contre 326 pour Airbus. La majorité de ces contrats concerne les monocouloirs des deux avionneurs, les familles A 320 et 737, de loin le segment le plus prometteur de l’aéronautique. C’est la spécialité de CFM International, qui équipe avec le CFM 56 et son successeur, le Leap, tous les 737 et la moitié des A 320. Jackpot pour le motoriste, qui a reçu près de 1 700 commandes pour un montant avoisinant 30 milliards de dollars.

Certes le niveau de commandes décroît depuis plus d’un an. Repues après des années de gavage, les compagnies aériennes attendent désormais que les avionneurs délivrent. Mais la fièvre aéronautique n’est pas près de retomber. Airbus et Boeing ont une nouvelle fois revu à la hausse leurs prévisions de marché : 34 900 nouveaux appareils seront nécessaires dans les vingt prochaines années pour le premier, 41 030 pour le second qui comptabilise en plus les avions de moins de 100 places. Soit un marché qui oscille entre 5 300 et 6 000 milliards de dollars. Mirage de la part des avionneurs qui établissent ces prévisions à partir de plans par trop optimistes des compagnies aériennes ? Peut-être. Il n’empêche, l’explosion des classes moyennes dans le monde promet de soutenir encore longtemps l’industrie aéronautique.

Qui peut prétendre, en revanche, être en mesure d’anticiper les modèles économiques sur lesquels reposera l’aéronautique dans vingt ans ? « Chacun pourra choisir entre rouler et voler », prédit Greg Hyslop, le directeur de la technologie et de l’innovation de Boeing. Pour autant, durant ce salon, les avionneurs n’ont pas brillé par leur audace. Pour relancer l’imposant A 380, Airbus a annoncé l’A 380plus, un superjumbo muni d’ailettes et de 80 sièges supplémentaires, de quoi réduire le coût par siège de 13 %. Quant à Boeing, dont le carnet de commandes dans les monocouloirs patine, il a lancé le 737 MAX 10, censé chatouiller l’A 321neo. Deux appareils issus de l’amélioration poussive de l’existant. Courez, avionneurs, le vieux monde est derrière vous !

Une centaine de jeunes pousses

Un vent frais venu de nouveaux acteurs a permis de tirer de sa torpeur le Salon du Bourget… « Les grands groupes industriels font de l’innovation, mais dans leurs gammes de produits, alors que les start-up ouvrent de nouvelles brèches et de nouveaux marchés », assène François Chopard, le président et fondateur de l’incubateur Starburst Accelerator. Il a contribué à la mise en place du rafraîchissant Paris Air Lab au Bourget, un hall de 2 000 mètres carrés accueillant une centaine de start-up. Lors de la précédente édition, elles n’étaient qu’une vingtaine, abritées sous une tente de fortune. Là, AeroMobil, avec sa voiture volante, donne à voir la mobilité urbaine de demain. Ici, Masten Space Systems imagine une fusée réutilisable cent fois. À côté, Cevotec propose un procédé automatisé de placement de fibres de carbone et Flying Whales donne un coup de jeune au dirigeable.

Parmi les jeunes acteurs les plus avancés, Boom Supersonic. Son futur avion supersonique – 2 335 km/h –, qui a déjà engrangé 76 commandes, pourrait voler pour la première fois en 2018. Les grands groupes sont bien sûr de la partie dans la course à l’innovation et la transformation digitale. Mais ils doivent dorénavant compter avec de nouveaux joueurs revigorants. Le partenariat entre le groupe Airbus et l’ultra-puissante mais discrète start-up Palantir, spécialisée dans les big data [lire l’entretien ci-dessus], en est l’illustration. Malgré quelques manœuvres de rapprochement, grands groupes et pépites peinent encore à collaborer pleinement, comme le prouve la difficulté des jeunes pousses françaises à trouver des financements. Le délicat mariage chaud-froid doit encore trouver son équilibre. 

 

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